Mé­di­ca­ments dan­ge­reux

L'Obs - - Téléphones Rouges - Sté­phane Des­mi­chelle

La bro­mo­crip­tine, mé­di­ca­ment uti­li­sé contre la ma­la­die de Par­kin­son, est bien connue en obs­té­trique. Elle est uti­li­sée pour in­hi­ber la lac­ta­tion après un ac­cou­che­ment ou une in­ter­rup­tion de gros­sesse en frei­nant la li­bé­ra­tion par la glande hy­po­physe de la pro­lac­tine, une hor­mone qui in­ter­vient dans la mon­tée de lait. Le Prac (co­mi­té eu­ro­péen pour l’éva­lua­tion des risques en ma­tière de phar­ma­co­vi­gi­lance), dans un rap­port qui vient de pa­raître, re­com­mande de ne l’uti­li­ser que lorsque l’al­lai­te­ment doit être ar­rê­té pour des rai­sons mé­di­cales. En France, deux spé­cia­li­tés, Par­lo­del et Bro­mo­crip­tine Zen­ti­va, sont com­mer­cia­li­sées. C’est l’Agence na­tio­nale du Mé­di­ca­ment (ANSM) qui, à la suite d’une en­quête au ni­veau na­tio­nal fai­sant état d’ef­fets in­dé­si­rables, rares mais par­fois graves, avait sou­hai­té por­ter cette ques­tion au ni­veau eu­ro­péen. Pour elle, comme pour l’Ita­lie, le rap­port bé­né­fice/ risque de ce mé­di­ca­ment est dé­fa­vo­rable dans l’ar­rêt de la lac­ta­tion, rai­son mé­di­cale ou pas. « Il n’y a pas de jus­ti­fi­ca­tion à uti­li­ser des mé­di­ca­ments dans le se­vrage de l’al­lai­te­ment au-de­là d’une du­rée d’un mois après l’ac­cou­che­ment. En ef­fet, la glande mam­maire de­vient pro­gres­si­ve­ment au­to­nome et le taux de pro­lac­tine re­tourne à son ni­veau de base. » Par ailleurs, le se­vrage du nou­veau-né se fait pro­gres­si­ve­ment, en es­pa­çant les té­tées. A noter que le mé­di­ca­ment est in­ter­dit pour cet usage aux Etats-Unis de­puis vingt ans. En at­ten­dant la po­si­tion fi­nale de la Com­mis­sion eu­ro­péenne, l’ANSM rap­pelle aux mé­de­cins d’être par­ti­cu­liè­re­ment vi­gi­lants avec les femmes ayant des fac­teurs de risque car­dio­vas­cu­laires, neu­ro­lo­giques et psy­chia­triques.

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