Une ju­melle vio­lon­cel­liste

L'Obs - - La Femme De La Semaine -

Elle avait 26 ans lors­qu’elle est de­ve­nue di­rec­trice du con­ser­va­toire de Stains. Ce­lui-ci a beau être si­tué à la li­sière de la cité sen­sible du Clos-Saint-La­zare – 10000ha­bi­tants, 2300lo­ge­ments– « au­cu­nen­fantde ce­quar­tiern’était ins­crit » . Le travail de ter­rain pour les ame­ner est fruc­tueux : en quelques mois, les ef­fec­tifs doublent. Mais jouer Bee­tho­ven en Seine-Saint-De­nis ne suf­fit pas. « Si, au­tour du lieu cultu­rel, il n’y a pas d’éclai­ra­geur­bai­na­près 18 heures ou­pasde tran­sports, les­gens­ne­vien­nent­pas. » Et comment faire ses gammes dans des lo­ge­ments exi­gus? « Al’ap­pro­ched’un­con­cert, je­croi­seu­ne­mè­re­dont­les­cin­qen­fantsn’étaient­pas­prêts, fau­te­de­tra­vail. Et­là, el­lem’ex­plique :“On­vit­dans­deux pièces : le lun­di, l’aî­né tra­vaille l’ac­cor­déon, le­mar­di, le deuxième prend la place et joue du trom­bone, etc. » Le sol­fège des conser­va­toires est une abs­trac­tion, un obs­tacle in­fran­chis­sable. Ce se­ra le pro­jet De­mos : les en­fants sont, avec l’aide de tra­vailleurs so­ciaux, di­rec­te­ment im­mer­gés dans le ré­per­toire sym­pho­nique. Le sol­fège in­ter­vient ul­té­rieu­re­ment, quand le plai­sir est là. Et que les ga­mins au­ront épa­té leurs pa­rents, jus­que­là per­sua­dés que le clas­sique, ce n’était pas pour eux.

Voi­là bien une idée qui n’a ja­mais ef­fleu­ré la fa­mille Zioua­ni. Ele­vée à Pan­tin où elle ré­side tou­jours, Za­hia a bai­gné dans la culture. Le père, chef de rang dans un res­tau­rant, avait pour­tant à peine fré­quen­té l’école, en Ka­by­lie, mais, dès le CM2, il fai­sait lire à haute voix à ses re­je­tons des ar­ticles… du « Monde ». Va­riante : le « De Gaulle » de Jean La­cou­ture! L’en­trée au con­ser­va­toire, elle, a tour­né court. Il ne res­tait qu’une place. Plu-

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