Man­geons les riches !

L'Obs - - Série D’été -

Sous l’in­fluence de Ro­ger Cor­man, le réa­li­sa­teur de films d’épou­vante de sé­rieB, dont ils ont dé­vo­ré le livre « How I Made a Hun­dred Mo­vies in Hol­ly­wood and Ne­ver Lost a Dime » (« Comment j’ai tour­né une cen­taine de films à Hol­ly­wood sans perdre un cen­time »), les deux frères signent « Car­ni­vore », leur pre­mier scé­na­rio pour le ci­né­ma. Ju­meaux ima­gi­naires, leur mé­thode de travail est fu­sion­nelle, comme té­lé­pa­thique, leur dia­logue presque éolien, leur com­mu­nion a l’har­mo­nieuse ful­gu­rance des mo­no­zy­gotes. Dans « Car­ni­vore », une sorte de Res­to du Coeur ré­gale les pauvres avec un ra­goût can­ni­bale et ré­vo­lu­tion­naire com­po­sé de vrais mor­ceaux de riches. No­tons que Lar­ry est vé­gé­ta­rien. Dî­ner presque par­fait,

Se­lon le phi­lo­sophe slo­vène Sla­voj Žižek, la fo­lie de « Ma­trix » n’est pas as­sez folle, parce qu’elle op­pose à notre fausse réa­li­té une « vraie réa­li­té », bref, parce qu’elle a le mau­vais goût de croire en­core à l’exis­tence d’une quel­conque réa­li­té.

Mais pour­sui­vons cette mé­di­ta­tion avec la le­çon de Mor­pheus à Neo : « La ma­trice est par­tout. Elle est par­tout au­tour de nous. Vous pou­vez la voir quand vous re­gar­dez par la fe­nêtre ou quand vous al­lu­mez la té­lé­vi­sion. Vous pou­vez­la­sen­tir­quand­vou­sal­le­zau­tra­vail, quand vous al­lez à l’église. C’est le monde qu’on a mis sous vos yeux pour vous­ren­drea­veu­gleà­la­vé­ri­té. » Comme le re­marque ma­li­cieu­se­ment la cri­tique Han­nah Kuhl­mann, sub­sti­tuez le mot « genre » au mot « ma­trix » et la des­crip­tion de Mor­pheus sonne comme un écho aux théo­ries de Ju­dith But­ler sur la fac­ti­ci­té du genre, comme illu­sion contrai­gnante et ob­jet de croyance quo­ti­dien. Ré­su­mons. Un jour, Lar­ry, cham­pion du doute hy­per­bo­lique à la Des-

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