Her­man, Ray­mond et les autres…

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Deux graves af­faires d’es­pion­nage russe ont ré­cem­ment mis en alerte les ca­pi­tales eu­ro­péennes. — L’Es­to­nien Her­man Simm (pho­to), haut fonc­tion­naire au mi­nis­tère de la Dé­fense de son pays, a été ar­rê­té, en 2008, pour avoir li­vré plus de trois mille do­cu­ments secrets de l’Otan au SVR. Son of­fi­cier trai­tant, qui se pré­sen­tait comme un homme d’af­faires por­tu­gais et qui était en réa­li­té un illé­gal russe, le ré­mu­né­rait 1000 eu­ros par mois. Simm a été condam­né à douze ans de pri­son. A la suite de cette af­faire, consi­dé­rée comme la plus grave dans l’his­toire de l’al­liance at­lan­tique de­puis la fin de la guerre froide, deux « di­plo­mates » de la mis­sion russe à l’Otan ont été ex­pul­sés de Bruxelles. — Les époux An­schlag, en réa­li­té des illé­gaux du SVR, ont été arrêtés en 2011 dans une pe­tite ville d’Al­le­magne. Ils s’étaient ins­tal­lés là vingt ans au­pa­ra­vant, sous une iden­ti­té d’em­prunt et une fausse na­tio­na­li­té. Of­fi­ciel­le­ment, lui tra­vaillait dans une usine au­to­mo­bile et elle était femme au foyer. En réa­li­té, ils trai­taient plu­sieurs sources dont un di­plo­mate néer­lan­dais, Ray­mond Poe­te­ray. Ce­lui-ci leur a li­vré un grand nombre de té­lé­grammes di­plo­ma­tiques secrets, sur les ac­ti­vi­tés de l’Otan en Af­gha­nis­tan et en Li­bye. En échange il a re­çu 72000 eu­ros. Les An­schlag ont été condam­nés en 2013 à cinq et six ans de pri­son ferme, et leur agent Poe­te­ray à douze. Cette af­faire d’es­pion­nage est consi­dé­rée comme la plus im­por­tante de l’his­toire des Pays-Bas.

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