L’er­reur d’Al-Mal iki

L'Obs - - Téléphones Rouges - Re­né Ba­ck­mann

Une di­zaine de jours avant la prise de Mos­soul par les dji­ha­distes de l’Etat is­la­mique en Irak et au Le­vant (EIIL), les Etats-Unis avaient dé­tec­té l’en­trée en Irak, en pro­ve­nance de Sy­rie, de cen­taines de ca­mions, trans­por­tant des com­bat­tants et leur ar­me­ment. Ils en avaient in­for­mé le Pre­mier mi­nistre ira­kien Nou­ri al-Ma­li­ki. Qui avait fait la sourde oreille. Quelques jours avant l’en­trée en ville des hommes d’Abou Ba­kr al-Bagh­da­di, un deuxième aver­tis­se­ment, plus pres­sant, avait été adres­sé à Bag­dad. Le Dé­par­te­ment d’Etat avait même sug­gé­ré à Al-Ma­li­ki de de­man­der l’aide des com­bat­tants kurdes aguer­ris, pré­sents dans les en­vi­rons. Al-Ma­li­ki avait re­fu­sé, mi­ni­mi­sant l’of­fen­sive dji­ha­diste. C’est seule­ment après la fuite des quatre bri­gades de l’ar­mée ira­kienne char­gées de pro­té­ger la ville, qu’il a af­fir­mé avoir en vain ré­cla­mé à Wa­shing­ton un sou­tien aé­rien. De­mandes, qui se­lon le Dé­par­te­ment d’Etat, n’ont ja­mais été of­fi­ciel­le­ment for­mu­lées. Ac­ca­blantes pour le Pre­mier mi­nistre ira­kien, ces in­for­ma­tions, ré­vé­lées la se­maine der­nière, lors d’une réunion de la com­mis­sion des Af­faires étran­gères de la Chambre des Re­pré­sen­tants ajoutent un nou­veau cha­pitre au ré­qui­si­toire des ré­pu­bli­cains contre la mol­lesse et l’ir­ré­so­lu­tion de Ba­rack Oba­ma.

Le Pre­mier mi­nistre Al-Ma­li­ki à Wa­shing­ton en 2013

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