Vrais-faux dé­parts

L'Obs - - Politique - Ju­lien Mar­tin

— Tous ceux qui y ont goûté un jour le disent: la po­li­tique est une drogue dure, dont le se­vrage de­meure tou­jours in­cer­tain. Un triple pon­tage co­ro­na­rien et l’af­faire du fi­nan­ce­ment oc­culte du Par­ti ré­pu­bli­cain ont eu rai­son de la pro­met­teuse car­rière de François Léo­tard (pho­to) à la fin des an­nées 1990. L’ex-pré­sident de l’UDF se consacre au­jourd’hui à ses livres, mais une se­conde af­faire, Ka­ra­chi, le ra­mène à ses loin­taines fonc­tions de mi­nistre de la Dé­fense du gou­ver­ne­ment Bal­la­dur. Les af­faires ont aus­si sé­duit un autre ex, mais celles-ci se ré­vèlent bien plus fruc­tueuses pour l’in­té­res­sé: Eric Bes­son, l’ex-mi­nistre de l’Im­mi­gra­tion, s’est re­con­ver­ti dans le con­seil aux en­tre­prises, tout en conser­vant ce­pen­dant la mai­rie de la petite com­mune de Don­zère, dans la Drôme. Ce­lui qui l’avait ar­ra­ché à la gauche, Ni­co­las Sar­ko­zy, avait aus­si pro­mis de prendre sa re­traite po­li­tique en cas de dé­faite à la pré­si­den­tielle de 2012. « Vous ne me ver­rez plus », avait-il ju­ré du­rant la cam­pagne… en mi­mant le geste de l’hé­roï­no­mane qui se re­tire la se­ringue du bras! La re­chute le guette de plus en plus. Comme elle a me­na­cé Lio­nel Jos­pin. Dé­fait dès le pre­mier tour de la pré­si­den­tielle de 2002, il avait dé­cla­ré le soir même se « re­ti­rer de la vie po­li­tique » avant de ten­ter d’im­po­ser sa can­di­da­ture, en vain, cinq ans plus tard. Pas fa­cile de dé­cro­cher. Un der­nier homme peut en té­moi­gner. Après une alerte car­diaque en 1993, ce­lui-ci avait an­non­cé l’an­née sui­vante sa dé­mis­sion de l’As­sem­blée na­tio­nale pour ne pas avoir réus­si à « en­rayer la spi­rale de l’ex­clu­sion sociale » . Il ne dé­mis­sion­ne­ra, en fait, pas cette fois-là. Cet homme s’ap­pelle Jean-Louis Bor­loo.

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