Il y a en­quête et en­quête

Où l’on voit que cette se­maine, c’est la po­lice fran­çaise qui a ga­gné

L'Obs - - Notre Époque - D. D. T.

Dans le temps, tu vo­lais un vé­lo, soit tu t’en ser­vais après l’avoir plus ou moins ma­quillé, soit tu le re­ven­dais. Dans le pre­mier cas, ça te fai­sait un moyen de trans­port. Dans l’autre cas, ça te fai­sait un peu de sous. Là aus­si, avec l’in­for­ma­tique, tout est chan­gé. Les vo­leurs ont dû s’adap­ter. Les jeunes vo­leurs, qui ont tout pi­gé aux choses de l’or­di­na­teur, in­ventent. A 17 ans, ce­lui-ci avait bien com­pris que c’était plus simple de pro­po­ser un vé­lo vo­lé sur in­ter­net que d’al­ler le pro­po­ser à un re­ven­deur d’oc­ca­sions plus ou moins mé­fiant, sur­tout si tu lui en pro­poses sou­vent. Il met­tait donc en vente ses vélos vo­lés sur un site spé­cia­li­sé dans les bonnes af­faires mais, comme il n’était pas du genre à se fa­ti­guer in­uti­le­ment, comme en plus de ça il n’avait pas d’en­droit où sto­cker, il pho­to­gra­phiait un vé­lo, le met­tait en ligne sur le site et, quand quel­qu’un sou­hai­tait l’ache­ter, il al­lait le vo­ler. C’était simple comme bon­jour et ça au­rait pu du­rer long­temps si un type (un em­mer­deur) n’avait pas vu son vé­lo en vente sur in­ter­net alors qu’il était en­chaî­né à un po­teau en bas de chez lui. Ce type, pour voir, a pro­po­sé de l’ache­ter. En même temps, il en a in­for­mé la po­lice (don­neur, en plus). D’après le quo­ti­dien lo­cal « la Voix du Nord » (l’af­faire se pas­sant dans le Nord) l’ap­pren­ti tra­fi­quant de vé­lo­ci­pèdes en au­rait été à son cin­quième vol mais ce­lui- ci a échoué puisque au mo­ment de s’y li­vrer, pro­prié­taire et po­li­ciers lui sont tom­bés des­sus. In­ter­net ou pas, ce se­ra la mo­ra­li­té de notre his­toire, il vaut tou­jours mieux vo­ler avant de four­guer.

Des his­toires po­li­cières, tiens, voi­là ce qui convient pour cette chro­nique en cette sai­son quand les lec­teurs sont de plus en plus nom­breux à être en va­cances. Celle-ci s’est pas­sée en An­gle­terre, terre d’élec­tion du ro­man po­li­cier. C’est en­core un jeune gars qui va se trou­ver sur la sel­lette. La po­lice avait vou­lu le contrô­ler, le soup­çon­nant de trans­por­ter de la drogue (on connaît la jeu­nesse d’au­jourd’hui). Il lui avait échap­pé, avait sau­té une bar­rière et, pro­fi­tant de sa svel­tesse (en abu­sant, même), il s’était ca­ra­pa­té par un jar­din, avait sau­té d’autres bar­rières, tra­ver­sé d’autres jar­dins, les po­li­ciers ne pou­vant le rat­tra­per. Ce­pen­dant, grâce aux moyens de com­mu­ni­ca­tion d’au­jourd’hui, ils avaient pu en in­for­mer leurs col­lègues alen­tour, le secteur était bou­clé, ne res­tait qu’à fouiller jar­din après jar­din, les mai­sons aus­si dont ces jar­dins étaient les or­ne­ments. C’est ici qu’une vieille dame entre en scène. Pas de bon ro­man po­li­cier sans vieille An­glaise (par­fois c’est elle qui l’écrit). Celle-ci était très âgée, pas trop en bonne san­té mais en­fin ça al­lait, elle vi­vait toute seule, les po­li­ce­men (cou­leur an­glaise) lui ont de­man­dé po­li­ment, en­core qu’avec pré­ci­pi­ta­tion, s’ils pou­vaient en­trer dans sa pro­prié­té où un hoo­li­gan (cou­leur da­tée) pou­vait s’être ca­ché. Mais faites donc, messieurs (en­fin il se passe quelque chose dans ma pauvre vie). Elle re­fer­ma la porte de sa mai­son sur elle mais elle n’avait pas vu que l’avait fran­chie un ber­ger al­le­mand, le chien des po­li­ciers, au­quel ces der­niers avaient confié la tâche de re­ni­fler. Il re­ni­fla. L’odeur de la vieille dame ne dut pas lui plaire (ce n’était pas un chien qui parle, même à la po­lice il n’a rien dit), quoi qu’il en soit il fi­cha tout en l’air chez elle, lui sau­ta des­sus, la ren­ver­sa, la mor­dit. Quand les po­li­ciers vinrent le ré­cu­pé­rer, la vieille dame était bonne pour l’hô­pi­tal. A l’hô­pi­tal, elle ne tar­da pas à être bonne pour la morgue. Quant au fuyard, il en avait pro­fi­té bien sûr pour fuir dé­fi­ni­ti­ve­ment (à l’an­glaise, en quelque sorte).

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