Sé­rie d’été. Ja­mais sans mon frère (4)

Ils sont nés à Ver­sailles d’un père phar­ma­cien qui tour­nait des wes­terns dans leur sa­lon. Bru­no est ci­néaste, et De­nis, so­cié­taire de la Co­mé­die-Fran­çaise. Pour­quoi sont-ils si drôles ?

L'Obs - - Sommaire - Par Didier Ja­cob

Les Po­da­ly­dès re­tournent en en­fance Bru­no est ci­néaste, De­nis, so­cié­taire de la Co­mé­die-Fran­çaise. Pour­quoi sont-ils si drôles ?

Ç a com­mence le soir de Noël, rue du Ma­ré­chal-Gal­lie­ni à Ver­sailles. Bru­no et De­nis, 6 et 4 ans (Bru­no est de 1961, De­nis de 1963) vont bien­tôt en­trer en scène. A la ca­mé­ra, pa­pa se prend pour John Ford. « Ac­tion! » Les en­fants s’ap­prochent du sa­pin, dé­couvrent les ca­deaux, sautent de joie de concert. « Cou­pez ! Non, De­nis, ça ne va pas du tout, mets-y un peu plus de convic­tion ! » Deuxième prise. Les en­fants, cette fois, sont par­faits de na­tu­rel. C’est la bonne! Mais la pel­li­cule s’est em­mê­lée dans la petite ca­mé­ra su­per-8. Il faut tout re­com­men­cer…

Avec son ma­té­riel de for­tune, le père Po­da­ly­dès fas­ci­nait les en­fants. « Ce n’était pas un hob­by, c’était bien plus que ça, se sou­vient De­nis. C’était au centre de la­vie. Cette sen­sa­tion-là, jene l’ai re­trou­vée que sur un tour­nage. Mais comme mon père hur­lait parce quel’au­to­no­mie de la ca­mé­ra était très courte, c’était ef­frayant aus­si. » En somme, chez les « Po­da »,

on jouait tous les soirs à gui­chets fer­més. « On joi­gnait nos deux lits pour faire la scène, ex­plique Bru­no. Nos pa­rents payaient 1 franc l’en­trée, et­nos deux pe­tits frères re­gar­daient aus­si. On mon­tait toutes sortes de sketchs, avec des nu­mé­ros de clowns et de ham­sters domp­tés ! On fai­sait aus­si des spec­tacles de ma­rion­nettes. On avait un énorme Gui­gnol fa­bri­qué par notre père, en bois, très beau, avec des crayons fixés au pla­fond, un sys­tème de cintres so­phis­ti­qué, une vraie machinerie de théâtre. » L’illu­sion est si com­plète que, par­fois, De­nis et Bru­no se font peur pour de bon. « Une fois, en Bre­tagne, on de­vait avoir 6 et 8 ans, on s’est

re­trou­vés dans un block­haus aban­don­né. On jouait deux sol­dats, l’un mou­rait dans les bras de l’autre. Nos voix ré­son­naient, on s’est mis à pleu­rer. On avait pous­sé si loin la si­tua­tion qu’on en est res­sor­tis trau­ma­ti­sés. »

On a com­pris que, chez les Po­da­ly­dès, si on dé­cla­rait quatre en­fants à charge aux im­pôts, il y avait bien cinq ga­mins à la mai­son. La vé­ri­té, c’est que pa­pa Po­da, phar­ma­cien de son état, avait souf­fert d’être en­fant unique. Comme il avait peur que ses en­fants nes’en­nuient, il avait dis­po­sé une table de ping-pong dans son of­fi­cine, et les clients en­ten­daient les deux frères dis­pu­ter des par­ties en­dia­blées dans la

ré­serve. Avec son pe­tit air de Cha­brol pre­mière pé­riode, Jean-Claude était le boute-en-train de ser­vice – même si, pour l’hu­mour, De­nis dit vo­lon­tiers qu’il lui vient de sa mère Fran­cine, une prof d’an­glais.

Ain­si les pe­tits Po­da­ly­dès de­viennent grands. En jouant la co­mé­die, en jouant d’un ins­tru­ment, en jouant tout court. Lorsque Bru­no se met à la gui­tare, De­nis ap­prend la flûte pour l’ac­com­pa­gner. Com­pli­ci­té. Bonne hu­meur aus­si. Et l’amour du ci­né­ma. Quand un bon film passe à la té­lé, c’est le branle-bas de com­bat gé­né­ral. « Mon père nous en van­tait les mé­rites des joursàl’avance. Du­coup, ce­la créait une at­tente, un dé­sir. On sa­vait que “Gentleman Jim”, c’était plus im­por­tant que l’école. En plus, Bru­no et moi avons long­temps par­ta­gé la­même chambre. De­là sont nés nos jeux, nos idées de spec­tacles. Lors­qu’on écrit un scé­na­rio, c’est comme si on ré­ac­ti­va it cette vie qu’on a connue en­fants et ado­les­cents. » Une vie de ga­mi­ne­ries et d’aven­tures en chambre, de rêves d’ailleurs et d’en­vies de voir au­tre­ment.

On au­rait tort, ce­pen­dant, d’ima­gi­ner les Po­da­ly­dès comme deux frap­pa­dingues, plus por­tés sur les par­ties de flip­per que sur le tra­vail du texte. Par­lez de De­nis dans le mé­tier. Tout le monde ri­gole en évo­quant ses poches éter­nel- le­ment dé­for­mées par des vo­lumes de la Pléiade dont il ar­pente le conte­nu en in­fa­ti­gable pro­me­neur lit­té­raire. Le goût de lire ? Il lui vient peut-être de sa grand-mère li­braire, au­tant que de son édu­ca­tion ver­saillaise. Au ly­cée Hoche, s’il vous plaît – fleu­ron de l’édu­ca­tion bon chic bon genre dans la ban­lieue ouest de Pa­ris. C’est là que De­nis, en pleine ado­les­cence, s’in­vente co­mé­dien. Mais pas ques­tion de pla­quer ses études pour pas­ser sa vie sous les sun­lights. Il veut être prof, s’ins­crit en hy­po­khâgne et pour­suit en khâgne, s’obs­tine à lire parce que lire, c’est en­core un peu jouer. Pen­dant que De­nis balance entre les deux car­rières, Bru­no, lui, ne doute pas de son des­tin. Con­trai­re­ment à son frère, qui se se­rait bien vu étu­diant toute sa vie, Bru­no ne s’ima­gine pas suivre le cur­sus ci­né­ma­to­gra­phique en vogue à l’époque, et moi­sir sur les bancs de l’Id­hec (l’an­cêtre de la Fe­mis). Il s’en­gage dans le Ser­vice ci­né­ma­to­gra­phique des Ar­mées, une planque où beau­coup de ci­néastes, à com­men­cer par Claude Lelouch, ont fait leurs pre­mières armes. Rien de mieux pour ap­prendre à tour­ner des scènes com­plexes exi­geant une lo­gis­tique im­por­tante : fi­gu­rants, hé­li­co­ptères, porte-avions – tout est à dis­po­si­tion. Après Ver­sailles, la Grande Muette. De cette édu­ca­tion pas fol­le­ment rock and roll, Bru­no al­lait ce­pen­dant ti­rer une tri­lo­gie dé­so­pi­lante : « Ver­sailles rive gauche », « Dieu seul me voit », et « Bancs pu­blics ».

“Mon meilleur ami”

C’est ici que les frères se retrouvent – l’un de­vant la ca­mé­ra, l’autre der­rière. C’est tou­jours le pays de leur en­fance, fous rires ga­ran­tis et pis­to­lets à bou­chon. De­nis joue, non pas les souf­fre­dou­leur, mais les souffre-fan­tai­sie du frère qui s’amuse à l’ima­gi­ner sous des cou­tures dif­fé­rentes, ja­mais trop éloi­gnées de la réa­li­té. Le ci­né­ma des Po­da­ly­dès tient de la bi­blio­thèque rose, avec ses per­son­nages ré­cur­rents fa­çon « Club des Cinq ». Club des Deux? C’est De­nis bi­no­clard et vieux garçon que la ti­mi­di­té avec les filles rend aus­si ir­ré­sis­tible que Ca­ry Grant avec les belles de na­guère. C’est De­nis pa­pa (« Li­ber­té-Olé­ron »), De­nis ven­deur dans un ma­ga­sin de bri­co­lage. Bru­no lui au­ra tout fait, ce frère far­ceur qui sait bien qu’en jouant de la sup­po­sée mal­adresse du frère il fe­ra un car­ton.

Un psy peu sub­til ne dé­cè­le­rait-il pas là, du reste, une faille dans leur sys­tème? D’un cô­té le sé­duc­teur, de l’autre le bou­let ? La pos­si­bi­li­té de leur ri­va­li­té mas­cu­line ne date pas d’hier. Quand Bru­no, ado, part en Grande-Bre­tagne et re­vient, quelques se­maines plus tard, au­réo­lé de ses faits de gloire avec les pe­tites An­glaises, De­nis tire la tronche. Fran­cine, la mère, avait en plus une pré­fé­rence mar­quée pour les noi­rauds : « Mon père était très brun. Bru­no est brun. Je­suis blond. J’avaisl’ im­pres­sion que Bru­no avait plus de suc­cès que­moi avec les femmes, et donc avec ma mère. » De­nis cherche à exis­ter, se ré­fu­gie dans la lec­ture, se fait un nom dans le théâtre. L’in­tel­lo ? Pré­ci­sé­ment. Au point qu’il en perd sa fraî­cheur, lors­qu’il est au Con­ser­va­toire. Mi­chel Bou­quet le lui re­pro­che­ra : « Tues trop cé­ré­bral. »

Son suc­cès, au théâtre comme au ci­né­ma, l’au­ra sans doute ai­dé à mieux s’ai­mer lui-même. Il en­chaîne les rôles et les mises en scène, pas­sant d’une salle à l’autre, d’un chef-d’oeuvre à l’autre. Un bou­li­mique – sans doute, mais pour com­bler quel manque ? On n’a pas ou­blié son Al­ceste dans « le Mi­san­thrope » de Jean-Pierre Miquel (au Vieux- Co­lom­bier), ni son Ivan dans « le Ré­vi­zor » de Go­gol. On dirait qu’il a tout joué, Büch­ner et Mus­set, Fey­deau et Ma­ri­vaux, Ra­cine et Sch­nitz­ler, Hu­go et Os­trovs­ki, avec tou­jours ce mé­lange de sim­pli­ci­té et de na­tu­rel, de ron­deur et de fièvre qui fait mouche à tous les coups. Pour les mises en scène, Bour­dieu (Em­ma­nuel), Mus­set, Mon­tal­bet­ti, Ros­tand, ré­cem­ment Hu­go à la Co­mé­die-Fran­çaise, sa ré­si­dence se­con­daire.

Comment Bru­no spec­ta­teur voit-il sur scène son frère co­mé­dien? « Je lui trouve une fraî­cheur in­croyable. De­nis joue l’ins­tant, tout en sa­chant son texte. Au­jourd’hui, nos mé­tiers res­pec­tifs sont un pur pro­lon­ge­ment de nos jeux d’en­fants. Je me sou­viens qu’il avait du mal, au contraire de moi, à se ser­vir de ses mains. A faire des ma­quettes d’avions. Mais quand je l’ai vu pour la pre­mière fois surs­cène, jel’ai trou­vé très pré­cis avec tout son corps. Très sty­lé. Ex­trê­me­ment élé­gant. Moi, j’étais plus sur l’image, la mu­sique. J’avais une émis­sion de ra­dio. Je pas­sais des chan­teurs après “les Jeux de 20 heures”. Au­jourd’hui, mon frère est tou­jours mon meilleur ami. Lorsque nous avons des scènes en tête à tête, lui

“J’avais l’im­pres­sion que Bru­no avait plus de suc­cès que moi avecles femmes, et donc avec ma mère.” De­nis Po­da­ly­dès

et­moi, c’est un vrai bon­heur. Lorsque nous écri­vons en­semble, les par­ties de ping-pong que nous fai­sions en­semble nous ont sans doute ap­pris à nous ren­voyer la balle dans les dia­logues. »

Ces dia­logues qu’ils pour­raient presque faire bre­ve­ter tant ils sont de­ve­nus une sorte d’ap­pel­la­tion contrô­lée de l’hu­mour à la fran­çaise.

De­nis : « En­fant, j’ado­rais ba­biller, par­ler pour ex­pé­ri­men­ter le pur plai­sir de la pa­role. Au­jourd’hui en­core, pour trou­ver mon jeu, j’ai be­soin de cette énorme dé­pense ver­bale en amont… Quand on écrit un scé­na­rio, on dit aus­si énor­mé­ment de conne­ries… C’est en par­lant que les idées prennent forme. Après, il faut bri­co­ler avec ce ma­té­riau ar­ri­vé au fil de di­gres­sions suc­ces­sives. »

Si différents…

Tra­vailleur achar­né, De­nis est en tout cas par­ve­nu à grim­per tous les éche­lons de la réus­site cultu­relle à la fran­çaise. Une ma­chine ? Dans le mé­tier, nul n’ignore que, pour « avoir » Po­da­ly­dès, il faut s’y prendre des mois, et plu­tôt des an­nées à l’avance. Mises en scène de théâtre, rôles dans des films, lec­tures à ré­pé­ti­tion sur toutes les scènes de France et de Na­varre, sans par­ler des livres qu’il écrit éga­le­ment, à com­men­cer par le très beau « Voix off », un ré­cit au­to­bio­gra­phique pa­ru il y a quelques an­nées au Mer­cure de France. Trop ? De­nis Po­da­ly­dès ne fri­se­rait-il pas la crise de nerfs ?

A moins qu’il ne cherche à rat­tra­per le temps per­du de ces an­nées ver­saillaises où, n’ayant ja­mais été plus heu­reux qu’à l’école, il a long­temps vé­cu dans un co­con qui lui per­met­tait, de son propre aveu, « de re­pous­ser les échéances, aven­tures fé­mi­nines, ma­riage, mé­tier ». Quand il ar­rive au cours Florent, après avoir at­teint, en

khâgne, la li­mite des re­dou­ble­ments au­to­ri­sés, De­nis flirte avec Ma­ri­vaux quand d’autres en pro­fitent pour dra­guer les co­mé­diennes. « Mes nou­veaux ca­ma­rades se rou­laient des pelles en se je­tant par terre. Moi, je tra­vaillais les scènes de Bos­suet et Cré­billon, un peu dé­dai­gneux. En rê­vant de me traî­ner par­terre comme eux. II a fal­lu que je tue la vieille dame ver­saillaise en moi. » Un autre ad­ver­saire qu’il fi­ni­ra par anéan­tir : le trac. Quand il monte son pre­mier spec­tacle à Chaillot, il manque se trou­ver mal. « J’aieu des apha­sies, per­du des mor­ceaux de dent. La pre­mière cri­tique est tom­bée :“Spec­tacle in­con­sis­tant.” Je me suis dit que c’était vrai, dus­pec­tacle et de­moi. Jeme fai­sais une trop haute idée de la chose. Il faut ap­prendre à n’être que soi, le plus or­di­naire pos­sible. »

Or­di­naire, mais bon en toutes circonstances. Au fond, De­nis n’a ja­mais cessé de vou­loir être un fort en thème en tout. Même au ca­té­chisme il épa­tait la ga­le­rie. D’où, peut-être, cet amour de la lec­ture, la lit­té­ra­ture étant le seul do­maine où la per­fec­tion existe. Bru­no, lui, n’a ja­mais ca­ché son goût de l’in­at­ten­du, de l’im­pré­ci­sion même. Sur les tour­nages, il fait ajou­ter des mé­gots par terre si le sol lui semble trop im­ma­cu­lé. Si différents l’un et l’autre, les deux frères par­tagent ce­pen­dant ce goût de la fan­tai­sie, dont la tra­di­tion ci­né­ma­to­gra­phique re­monte à Re­né Clair. Comme dans leur der­nier film, « Adieu Berthe », dont l’en­vie est née d’une par­tie de ri­go­lade au mo­ment des fu­né­railles de leur grand-mère. « Tout était si étrange : elle était là, dans une mi­nus­cule pièce, avec une tête qu’on ne lui avait ja­mais vue. Et puis les gens s’ac­cablent tel­le­ment dans ces mo­ments, à ra­jou­ter du pa­thos au pa­thos. Uneautre fois, on s’est re­trou­vés, avec De­nis, dans un ma­ga­sin de pompes fu­nèbres à de­voir

choi­sir entre des cer­cueils qui al­laient du style na­po­léo­nien au mo­dèle Lu­cky Luke… De­nis m’a glis­sé à l’oreille: “Tu te vois là-de­dans ?” »

S’ils ont été mar­qués par les grands films d’aven­tures amé­ri­cains dont raf­fo­lait leur père, les frères Po­da­ly­dès descendent sur­tout de la Nou­velle Vague, Truf­faut en tête. Presque un dieu pour Bru­no qui peut ci­ter de mé­moire tel ou tel plan, telle ou telle ré­plique ou mi­mique d’ac­teur dans n’im­porte le­quel de ses films. « Je me sou­viens, ra­conte-t-il, avoir re­fer­mé le livre de sa “Cor­res­pon­dance” en me di­sant : “Au bou­lot.” » Même pas­sion chez De­nis, même si ce­lui-ci semble avoir été, plus que par au­cun autre, in­fluen­cé par Bru­no. « Je croyais, ex­plique-t-il, qu’il était plus fa­cile de tra­vailler avec son frère et je me suis ren­du compte que ce n’était pas le cas. J’ai une très grande chance de re­ce­voir cette af­fec­tion de mon frère et de rire avec lui. Il y a des choses qui ne me font rire que si Bru­no est là pour en rire aus­si. Le sen­ti­ment, chez moi, du don co­mique est né à tra­vers son re­gard à lui, sur “Ver­sailles rive gauche”. J’étais coin­cé dans ces toi­lettes et lui riait… Je me sou­viens avoir été sur­pris et trans­por­té par ça. »

Re­tour au Con­ser­va­toire. De­nis tra­vaille Beau­mar­chais. A cô­té de lui, Mi­chel Bou­quet l’écoute. Pour le jeune homme, c’est plus qu’un maître. Un prof de voix, un prof de vie. Po­da­ly­dès l’a gé­nia­le­ment cro­qué, dans « Voix off » : « Humble, mor­ti­fié, désar­mé de­vant le gé­nie des au­teurs, qu’il place bien plus haut que les ac­teurs, ou que les met­teurs en scène, en­geance sus­pecte, il écoute les grandes scènes clas­siques, la tête pen­chée sur le cô­té, un doigt sous le men­ton, comme s’il consi­dé­rait un cas très épi­neux, re­qué­rant toute son attention, dé­fiant et vam­pi­ri­sant son sa­voir et son ex­pé­rience. » Et voi­ci donc que le grand Bou­quet, Mi­chel, in­ter­rompt du re­gard le jeune Po­da­ly­dès, De­nis, dans sa ré­pé­ti­tion d’un pas­sage du « Bar­bier de Séville ». Il s’ap­proche de lui. De­nis ne se mé­fie pas trop – il sait que Bou­quet a, pour lui, « dans son oeil de bête fauve, beau­coup d’af­fec­tion et de dou­ceur concen­trées » . Il est main­te­nant tout près, et il lui plante un doigt sur le front. « Tout ce que tu as là, dit le maître Bou­quet en lui ta­po­tant le crâne, il faut main­te­nant que ça des­cende dans la chair. » C’est des­cen­du, Mi­chel, c’est des­cen­du…

Bru­no (à gauche) ne doute pas de son des­tin pen­dant que De­nis ba­lan­ce­ra long­temps entre deux car­rières

Pa­trick Li­gardes entre De­nis et Bru­no

Po­da­ly­dès dans « Bancs pu­blics (Ver­sailles rive droite) » (2009)

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