LA DOUBLE IN­CONS­TANCE

PAR MA­RI­VAUX

L'Obs - - Critiques - JACQUES NERSON

En al­ter­nance jus­qu’au 1er mars 2015, Co­mé­die-Fran­çaise, salle Ri­che­lieu, Pa­ris-1er, rens. : 0825-10-16-80.

C’est, mal­gré sa vi­va­ci­té, l’une des pièces les plus sombres de Ma­ri­vaux. « L’his­toire élé­gante et

gra­cieuse d’un crime », di­sait Anouilh. Où l’on voit la sui­vante Fla­mi­nia réus­sir là où le Prince, son maître, avait échoué : réduire un amour en pous­sière, dé­ta­cher Sil­via d’Ar­le­quin pour la je­ter dans les bras du Prince, tan­dis qu’elle-même cro­que­ra ce char­mant vil­la­geois. Le spec­tacle dis­pose d’ex­cel­lents in­ter­prètes, de moyens im­por­tants. Pour­quoi n’en sort-on pas content ? Parce qu’il n’y a, dans cette ver­sion de la pièce, pas un seul par­ti pris qui ne soit au mieux in­utile, au pire un contre­sens. Ne fût-ce que cet Ar­le­quin qui a l’air d’un vieil ha­bi­tué des sa­lons… On at­ten­dait plus de fi­nesse et de mo­des­tie de la part d’Anne Kess­ler, qui a si bien mon­té « Des fleurs pour Al­ger­non » il y a deux ans. Dé­ci­dé­ment, Mu­riel Mayette, l’ad­mi­nis­tra­trice sor­tante du Fran­çais, a été mal ins­pi­rée de confier la plu­part des spec­tacles de sa der­nière sai­son à des met­teurs en scène mai­son.

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