10 CHOSES À SA­VOIR SUR…

Ré­élue à la tête de son par­ti, la chan­ce­lière pa­raît bien par­tie pour bri­guer un qua­trième man­dat en 2017

L'Obs - - Le Sommaire - ODILE BENYAHIA-KOUIDER

An­ge­la Mer­kel

1 IN­DÉ­BOU­LON­NABLE Ré­élue pour la hui­tième fois consé­cu­tive pré­si­dente de la CDU avec 96,7% des voix, An­ge­la Mer­kel conti­nue après neuf an­nées de règne à avoir la confiance des Al­le­mands… et même celle des Fran­çais, qui sont, se­lon un son­dage Ifop-JDD, 72% à avoir une bonne opi­nion d’elle. Sa mé­thode ? Mo­des­tie. Dis­cré­tion. Et gou­ver­ne­ment au centre.

2 EST-AL­LE­MANDE Fille aî­née du pas­teur com­mu­niste Horst Kas­ner et de Her­lind Jentzsch, pro­fes­seur d’an­glais, la chan­ce­lière n’est pas spé­cia­le­ment ap­pré­ciée par les « Os­sis » (ex-Al­le­mands de l’Est), qui la trouvent trop oc­ci­den­ta­li­sée et car­rié­riste. An­ge­la a vé­cu une en­fance pri­vi­lé­giée, dans un do­maine où son père don­nait des cours de théo­lo­gie et où elle avait plus de li­ber­té que ses ca­ma­rades. Elle pou­vait lire sans se ca­cher, re­gar­der la té­lé­vi­sion et re­ce­vait des pa­quets de l’Ouest.

3 MEN­TOR Dans une ré­cente in­ter­view, Hel­mut Kohl règle ses comptes avec « das Mäd­chen » (la jeune fille) qu’il a pro­pul­sée en po­li­tique en la nom­mant mi­nistre des Femmes et de la Jeu­nesse un an après la réuni­fi­ca­tion. A l’époque, « elle ne sa­vait pas man­ger cor­rec­te­ment avec un cou­teau et une four­chette, a-t-il

dé­cla­ré. J’étais obli­gé de la rap­pe­ler à l’ordre ». Le vieux chan­ce­lier ne lui a ja­mais par­don­né « la tra­hi­son », lors­qu’elle a exi­gé son dé­part, en 1999, après la ré­vé­la­tion des caisses noires de la CDU.

4 LA­DY MAC­BETH Après le par­ri­cide de Kohl, « An­gie » a flin­gué tous ses concur­rents. L’an­cien se­cré­taire gé­né­ral de la CDU, Frie­drich Merz, ain­si que le maire de Ham­bourg (Ole von Beust) et les mi­nistres-pré­si­dents du Bade-Wur­tem­berg (Gün­ther Oet­tin­ger) et de Hesse (Ro­land Koch) en savent quelque chose… Son an­cien mi­nistre des A aires étran­gères, Gui­do Wes­ter­welle, chef du FDP, a été la­mi­né par la cam­pagne 2013 de la CDU.

5 TRI­AN­GU­LA­TION Re­dou­table tac­ti­cienne et cham­pionne de la ré­cu­pé­ra­tion, « Super-Mut­ti » (« Super-Ma­man ») ter­ro­rise tous ses par­te­naires de coa­li­tion. De­puis son ar­ri­vée au pou­voir, An­ge­la Mer­kel n’a pré­sen­té au­cune ré­forme ma­jeure. L’agenda 2010 et la construc­tion de crèches ont été mis en oeuvre par le so­cial-dé­mo­crate Ge­rhard Schrö­der. L’in­tro­duc­tion du smic, im­po­sée par son vice-chan­ce­lier Sig­mar Ga­briel. Et pour­tant le SPD reste scot­ché à 24% dans les son­dages… tan­dis que la CDU ca­ra­cole à 41%.

6 HOL­LANDE An­ge­la Mer­kel avait pa­rié sur la re­con­duc­tion de Ni­co­las Sar­ko­zy, re­fu­sant de re­ce­voir le can­di­dat so­cia­liste lors de la cam­pagne élec­to­rale. Mau­vaise pioche. « Mer­ko­zy » s’est fra­cas­sé sur les urnes le 6 mai 2012. Le couple « Mer­khol­lande » n’a ja­mais fonc­tion­né. « An­ge­la » re­proche à « Fran­çois » sa pas­si­vi­té. « Fran­çois » s’o usque du di­ri­gisme d’« An­ge­la ». Je t’aime moi non plus.

7 SCHNITZEL Très gour­mande, An­ge­la Mer­kel adore les Schnitzel (es­ca­lopes panées), ser­vies avec une sa­lade de pommes de terre. Elle ne com­pre­nait pas que Ni­co­las Sar­ko­zy se prive du somp­tueux petit dé­jeu­ner de l’hô­tel Ami­go, à Bruxelles. Et dès qu’elle peut, elle s’ap­pro­vi­sionne en fro­mages fran­çais aux Ga­le­ries La­fayette à Ber­lin.

8 CA­RI­CA­TURE In­utile de re­ve­nir sur le « Maul zu, Frau #Mer­kel ! » (« Fer­mez-la, Mme Mer­kel ») de Jean-Luc Mé­len­chon… Mieux vaut pod­cas­ter « C’est presque An­ge­la » de Ni­co­las Can­te­loup. Chaque se­maine, l’hu­mo­riste d’Eu­rope 1 in­vite la chan­ce­lière chez le Kin­der Sot­to pour évo­quer son « petit Play­mo­bil d’amour » (Ni­co­las Sar­ko­zy) ou se plaindre du « gros pa­ta­pouf » (Fran­çois Hol­lande).

An­ge­la « rit à s’en pé­ter les va­rices » .

9 BESTE FREUNDE An­ge­la Mer­kel et Wolfgang Schäuble furent long­temps en­ne­mis. La femme po­li­tique ve­nue de l’Est avait em­pê­ché l’ex-bras droit de Kohl de bri­guer la tête de la CDU, puis frei­né sa can­di­da­ture au poste de pré­sident de la Ré­pu­blique. Fi­na­le­ment, le mi­nistre des Fi­nances en fau­teuil rou­lant est de­ve­nu, de­puis cinq ans, son prin­ci­pal al­lié au sein du gou­ver­ne­ment. An­ge­la l’a même em­me­né voir « Ziem­lich beste Freunde » (« Re­la­ti­ve­ment bons amis », titre al­le­mand d’«In­tou­chables »).

10 MA­TER FA­MI­LIAS Si la chan­ce­lière n’a pas d’en­fant, elle est pour­tant une grand-mère gâ­teau. Il y a quinze ans, An­ge­la a épou­sé en se­condes noces Joa­chim Sauer. Pro­fes­seur de chi­mie à l’uni­ver­si­té Hum­boldt, ce­lui que la presse al­le­mande sur­nomme « le fan­tôme de l’opé­ra » à cause de ses rares ap­pa­ri­tions avec son épouse à Bay­reuth avait dé­jà deux fils, Da­niel et Adrian. Pho­to­graphe à Leip­zig, ce der­nier a deux en­fants. Dès qu’elle peut, la chan­ce­lière cuisine pour toute la fa­mille dans sa dat­cha de l’Ucker­mark.

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