Cléo­pâtre, reine de Hol­ly­wood

CLÉO­PÂTRE, PAR JOSEPH L. MAN­KIE­WICZ, AVEC ELI­ZA­BETH TAY­LOR, RI­CHARD BUR­TON, REX HAR­RI­SON (1963, 4H03).

L'Obs - - Critiques -

« La chose » ou « le film dont je ne veux pas dire le nom » , c’est ain­si que, jus­qu’à la fin de ses jours, Man­kie­wicz dé­si­gna « Cléo­pâtre ». En­tre­prise in­sen­sée : tour­nage com­men­cé en sep­tembre 1960 sous la di­rec­tion de Rou­ben Ma­mou­lian, à Londres, cadre idéal pour fi­gu­rer l’Egypte en ef­fet, moins de onze mi­nutes fil­mées en dix mois… Conclu­sion plus de deux ans après : Man­kie­wicz aux ma­nettes à Rome et en Es­pagne, Za­nuck rap­pe­lé en ca­tas­trophe par la Fox… « Le meilleur de ce que j’ai fil­mé est al­lé à la pou­belle », di­ra le met­teur en scène. Le meilleur, vrai­ment ? C’est peu dire que « Cléo­pâtre » a fière al­lure. Dia­logues étin­ce­lants, hu­mour dé­ca­pant, mor­ceaux de bra­voure (l’en­trée de la reine d’Egypte dans Rome, ponc­tuée par un clin d’oeil de la Cléo à son Cé­sar) et dis­tri­bu­tion éblouis­sante : Eli­sa­be­thTay­lor ( pho­to) et Ri­chard Bur­ton, ce der­nier en pâle re­flet de Cé­sar (Rex Har­ri­son), tant en po­li­tique que dans le lit de la belle. Pour convaincre la Fox de le lais­ser tour­ner une scène qu’il ju­geait es­sen­tielle, Man­kie­wicz af­fir­ma que, sans elle, « ce se­rait le “coi­tus in­ter­rup­tus” le plus coû­teux de l’his­toire ». « Cléo­pâtre » ou la fin de la grande époque de Hol­ly­wood, dont les der­niers feux brillent obs­ti­né­ment à l’écran.

PAS­CAL MÉ­RI­GEAU

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