Que sait-on dé­sor­mais de l’ori­gine du mythe lui-même ?

L'Obs - - Débats -

Il est né en Mé­so­po­ta­mie, l’Irak au­jourd’hui, où le dan­ger de l’eau était om­ni­pré­sent dans les es­prits puis­qu’on y vi­vait au bord des grands fl euves ju­meaux, l’Eu­phrate et le Tigre. Il est même pro­bable qu’en des temps très an­ciens un raz de ma­rée ait pu créer le trau­ma­tisme ini­tial. La sub­mer­sion n’était en tout cas cer­tai­ne­ment pas une his­toire faite pour e rayer les en­fants, mais un récit conte­nant le sou­ve­nir loin­tain d’une ou plu­sieurs ca­tas­trophes, aux­quelles seuls les gens qui se trou­vaient à ce mo­ment-là dans un ba­teau avaient pu sur­vivre. On ra­conte alors que les dieux, ne sup­por­tant plus le va­carme que fai­sait l’hu­ma­ni­té, choi­sirent de la dé­truire. Mais un dieu re­belle, En­ki, dé­ci­da de la sau­ver… Trans­mis ora­le­ment de­puis des mil­lé­naires, le mythe com­mence à être consi­gné par écrit vers 1800 av. J.-C. (l’écri­ture cu­néi­forme, elle, naît en Mé­so­po­ta­mie en 3200 av. J.-C.) Le récit bi­blique clas­sique en hé­breu conserve les ombres fan­to­ma­tiques de ces tra­di­tions cu­néi­formes, même si les rai­sons du Dé­luge de­viennent dans la Ge­nèse les pé­chés des hommes. Com­ment l’his­toire du Dé­luge ba­by­lo­nien s’es­telle in­té­grée au coeur du livre de la Ge­nèse ? Se­lon moi, c’est l’exil des Ju­déens à Ba­by­lone qui a ren­du pos­sible cette trans­mis­sion. Après la prise de Jé­ru­sa­lem par Na­bu­cho­do­no­sor II et la red­di­tion du

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