Fran­çois Fo­res­tier

PAR FRAN­ÇOIS FO­RES­TIER. CHI­FLET & CIE, 250 P., 14 EU­ROS.

L'Obs - - Critiques - JACQUES NERSON

On trouve trois sortes d’ar­ticles dans les jour­naux : les re­pous­soirs à lec­teurs – au mieux, on les sur­vole–, ceux dont on ne saute pas une ligne, et ceux sur les­quels on se rue comme un ac­cro en manque. In­utile de vous dire que les chro­niques ci­né­ma de l’ami Fo­res­tier entrent dans la der­nière ca­té­go­rie. Ce qui les rend ad­dic­tives ? Leur brio? L’art de plan­quer l’éru­di­tion der­rière les plai­san­te­ries de gar­çon de bain et les ca­lem­bours au mau­vais goût re­cher­ché? Quoi qu’il en soit, comme pour les chro­niques où Léau­taud traite de spec­tacles au­jourd’hui tom­bés dans l’ou­bli, on se ré­gale de celles de Fo­res­tier, même si l’on n’a pas vu, et que l’on est bien dé­ci­dé à ne ja­mais voir, les na­vets as­sai­son­nés par lui. De­ve­nu ex­pert en na­nars par la force des choses, il les col­lec­tionne, comme Flau­bert, les idées re­çues. Leur conne­rie le met en joie. Im­pos­sible de dé­gus­ter ce fl ori­lège à pe­tites doses, il se dé­vore, on n’en fait qu’une bou­chée. L’éti­quette est trom­peuse : c’est pas de la daube, mais du ca­viar. Et du meilleur.

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