Pour­quoi j’ai pas di­gé­ré

PAR JA­MEL DEB­BOUZE. FILM D’ANI­MA­TION FRAN­ÇAIS, AVEC LES VOIX DE JA­MEL DEB­BOUZE, MÉLISSA THEU­RIAU, ARIÉ EL­MA­LEH (1H35).

L'Obs - - Critiques - NI­CO­LAS SCHAL­LER

Mélissa Theu­riau), in­vente la marche bi­pède, le bai­ser, le dé­bat dé­mo­cra­tique. Il est le pré-homme pro­vi­den­tiel qui fait fi des Zem­mour de mau­vais au­gure et re­met la pré-hu­ma­ni­té sur le droit che­min du pro­grès. Mé­ga­lo, Ja­mel ? C’est pour rire. Seule­ment ce n’est pas drôle, ou si peu. Les pen­chants in­fan­tiles et consen­suels de l’hu­mo­riste ont eu rai­son de sa fo­lie et de son im­per­ti­nence. Man­ger son père, c’est pas bien. Le cou­rage et la to­lé­rance, c’est mieux. Com­pre­nez-le, il faut des mil­lions d’en­trées pour amor­tir un tel bud­get. Le fi lm a été tour­né en per­for­mance capture , tech­nique qui per­met de fu­sion­ner le jeu d’ac­teurs réels et des per­son­nages créés en ani­ma­tion nu­mé­rique. Tech­ni­que­ment, c’est car­ré. Ar­tis­ti­que­ment, c’est foi­ré. Au­cun charme, au­cune poé­sie. Deux, trois gags sur­nagent, on a à peine le temps de les ap­pré­cier. Ça s’agite, ça va vite, on re­con­naît en Vla­di­mir, le cham­bel­lan de Si­méon, les traits et la voix de Louis de Fu­nès (c’est un imi­ta­teur), on compte les clas­siques de Bar­ry White et de Ste­vie Won­der qui s’en­chaînent sur la bande-son. Elle fi nit quand, cette bande-an­nonce ? Sous son ver­nis tech­no­lo­gique (la 3D ne sert à rien), ses sem­blants de per­son­nages et ses épui­santes ges­ti­cu­la­tions, « Pour­quoi j’ai pas man­gé mon père » cache un piètre one-man-show.

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