Dans une note écrite avec Phi­lippe Mar­tin pour le Conseil d’Ana­lyse éco­no­mique, vous pro­po­sez de ré­ta­blir l’éga­li­té des chances entre ter­ri­toires en sou­te­nant les grandes mé­tro­poles, à com­men­cer par le Grand Pa­ris. Pour tous les dé­cen­tra­li­sa­teurs, ce­la re

L'Obs - - Débats -

Ac­tuel­le­ment, l’em­ploi et la créa­tion de ri­chesses se concentrent de ma­nière crois­sante sur les mé­tro­poles pa­ri­sienne et ré­gio­nales de grande taille : Tou­louse, Bor­deaux, Nantes... La lit­té­ra­ture éco­no­mique converge pour consta­ter cette lo­gique d’ag­glo­mé­ra­tion : quand deux en­tre­prises se rap­prochent géo­gra­phi­que­ment, les deux de­viennent en moyenne plus pro­duc­tives. Et ce, d’au­tant plus quand elles s’in­sèrent dans un éco­sys­tème com­pre­nant des centres de re­cherche, des uni­ver­si­tés. A contra­rio, les mé­ca­nismes de dé­con­cen­tra­tion mis en oeuvre jus­qu’aux an­nées 1980, par exemple dans l’in­dus­trie au­to­mo­bile, ont qua­si­ment dis­pa­ru. L’éco­no­mie fran­çaise au­jourd’hui ne dé­con­centre plus ses ac­ti­vi­tés de fa­bri­ca­tion en pro­vince. Elle le fait à l’étran­ger. Il fau­drait donc ac­com­pa­gner le mou­ve­ment, quitte à vi­der un peu plus les ré­gions si­nis­trées en pro­vince ? Non. Il y a trois voies. La pre­mière consiste à lais­ser faire. Mais, sans même par­ler de res­pon­sa­bi­li­té po­li­tique, il pa­raît in­sen­sé de lais­ser en ja­chère toute une part de la po­pu­la­tion. La se­conde vise un ré­équi­li­brage à marche for­cée. C’est la vo­lon­té qui a do­mi­né de­puis un de­mi-siècle. Vous fa­vo­ri­sez la dé­lo­ca­li­sa­tion des ac­ti­vi­tés en mul­ti­pliant no­tam­ment les des­sertes de type LGV, mais sans ga­ran­tie d’e ca­ci­té. D’où notre so­lu­tion : on ac­com­pagne la mé­ca­nique d’ag­glo­mé­ra­tion, on la rend la plus fé­conde pour la col­lec­ti­vi­té et on cor­rige les in­éga­li­tés là où l’Etat est réel­le­ment en ca­pa­ci­té d’agir. Je pense no­tam­ment au do­maine de la san­té, où l’on peut lut­ter contre les dé­serts mé­di­caux en mo­du­lant la ré­mu­né­ra­tion des mé­de­cins se­lon leur lo­ca­li­sa­tion. Ou en­core à l’édu­ca­tion : sait-on qu’un centre de for­ma­tion des ap­pren­tis (CFA) en ré­gion pa­ri­sienne re­çoit quatre fois plus de sub­ven­tions par ap­pren­ti qu’à Poi­tiers ?

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.