L’étoile du Ber­ger

PROPOS RECUEILLIS PAR HOLDE HEUR, TRA­DUIT DE L’AL­LE­MAND PAR LARS KEM­PER, SÉ­GUIER, 332 P., 21 EU­ROS.

L'Obs - - Critiques - VÉ­RO­NIQUE CASSARIN-GRAND

Hel­mut Ber­ger, dans les an­nées 1970, était qua­li­fié de « plus bel homme du monde ». Dans ses Mé­moires fas­ci­nants et fou­traques, Hel­mut Stein­ber­ger (son vrai nom) ba­lance tout : sa bi­sexua­li­té, sa dé­pen­dance à la co­caïne, sa car­rière en dents de scie et même ses re­cettes de cui­sine. S’il épingle avec une cer­taine com­plai­sance les tra­vers de la jet-set à la­quelle il s’est frot­té pen­dant des an­nées, il n’hé­site pas à écor­ner sa belle image. Il est même as­sez tou­chant de voir a eu­rer, sous une morgue par­fois aga­çante, la can­deur du pe­tit Au­tri­chien ti­mide et cancre me­né à la ba­guette par son père et que sa mère adu­lait. Emou­vant aus­si est son pro­fond at­ta­che­ment à Lu­chi­no Vis­con­ti, qui exau­ça, bien au-de­là de ses es­pé­rances, son voeu de de­ve­nir acteur, et qui le lais­sa « veuve à 32 ans ». « Pour ré­su­mer, je suis un homme gen­til, sym­pa­thique, fou et mé­chant s’il le faut. » Et c’est ain­si que Ber­ger est grand !

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