Le Crowe et la ban­nière

PAR RUS­SEL CROWE. DRAME AUS­TRA­LIEN, AVEC RUS­SELL CROWE, OL­GA KU­RY­LEN­KO, YIL­MAZ ER­DO­GAN (1H51).

L'Obs - - Critiques - F. F.

Rus­sell Crowe (pho­to) der­rière (et de­vant) la ca­mé­ra? Il au­rait pas dû, l’acteur de « Gla­dia­tor ». Il s’at­taque à un su­jet poi­gnant : la quête d’un père aus­tra­lien pour re­trou­ver les restes de ses trois fils, dis­pa­rus dans la ba­taille de Gal­li­po­li en 1915. Le hé­ros, pui­sa­tier de son état, se heurte à la bu­reau­cra­tie mi­li­taire qui lui in­ter­dit l’ac­cès au champ de ba­taille quatre ans plus tard, et, che­min fai­sant, rencontre à Cons­tan­ti­nople une veuve mu­sul­mane (Ol­ga Ku­ry­len­ko) qui va l’ai­der… Belles images, su­jet fort, ac­teurs su­perbes : qu’est-ce qui grippe le film en per­ma­nence ? Deux choses : un rythme bri­sé par des fla­sh­back constants, frac­tu­ré par des mé­ta­phores mal­ha­biles (images d’eau ré­pé­ti­tives) ; et la sen­sa­tion d’être ma­ni­pu­lé émo­tion­nel­le­ment. Comme si le réa­li­sa­teur crai­gnait qu’on ne com­prenne pas tout, il sou­ligne chaque e et, his­toire de bien mar­te­ler le mes­sage hu­ma­niste la-guerre-c’est-moche. Quelque part entre « le Sol­dat Ryan » de Spiel­berg et « la Vie et rien d’autre » (le plus beau film de Ber­trand Ta­ver­nier), le film rame pour l’équi­libre : l’over­dose de grands sen­ti­ments, c’est comme la crème au beurre dans le pa­ris-brest, ça fa­tigue.

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