So­lu­tions pour un homme pres­sé

Où l’on voit qu’il y en a tout plein

L'Obs - - Chronique - D. D. T.

Sar­ko­zy va-t-il ap­pe­ler son UMP « les Ré­pu­bli­cains » ? Ça fe­rait amé­ri­cain. Seule­ment, après qu’il a dé­jà joué son pe­tit Bush en Li­bye, ce ne se­rait pas de bon au­gure. Bap­ti­ser son par­ti « la Banque », alors ? Ou « les A ai­ristes » ? Ce se­rait voyant. Bon, qu’il se dé­merde.

Dans une pri­son chi­lienne, des dé­te­nus pas­saient le temps à té­lé­pho­ner à des Es­pa­gnols en Es­pagne, nu­mé­ros pris au ha­sard, et ils leur ra­con­taient des sa­lades comme quoi un de leurs proches avait été kid­nap­pé, qu’il fal­lait tout de suite ver­ser une ran­çon. Bien sûr, peu de gens se lais­saient prendre et plu­sieurs di­zaines ont por­té plainte. Les las­cars avaient quand même réus­si à ex­tor­quer, 1 000 eu­ros ici, 100 eu­ros là, près de 10 000 eu­ros mais tout a une fin, ils ont été dé­mas­qués. D’ailleurs, s’ils ne l’avaient pas été, on ne vous en par­le­rait pas. Oui, tout a une fin, même pour les plus ma­lins, vé­ri­té que Sar­ko­zy fe­rait bien de mé­di­ter.

Celle-ci est en­sei­gnante. « Pour faire chier les mômes », di­sait Za­zie qui am­bi­tion­nait d’exer­cer cette pro­fes­sion. La nôtre a sa­tis­fait son am­bi­tion et elle a pu contra­rier les mômes chez elle aus­si, elle en a treize. A la veille de prendre sa re­traite, à 65 ans, elle at­tend des qua­dru­plés. An­ne­gret Rau­nigk est al­le­mande. Ses treize en­fants pré­cé­dents, elle les a faits na­tu­rel­le­ment avec cinq pères di érents, les quatre em­bryons sont le fruit d’une in­sé­mi­na­tion. On lui a pro­po­sé de ré­duire leur nombre, elle ne l’a pas sou­hai­té. D’au­tant moins qu’elle ne manque pas de lits, les douze aî­nés ont de 22 à 43 ans et ont pour la plu­part quit­té la mai­son. Après ses qua­dru­plés, elle fe­rait bien de s’ar­rê­ter, di­rait sans doute Sar­ko­zy et il fe­rait bien aus­si de se dire qu’après son quin­quen­nat, s’ar­rê­ter c’est pas mal non plus.

Celle-ci est vé­té­ri­naire. Elle tra­vaillait pour une cli­nique du Texas qui vient de la mettre à la porte pour avoir pu­blié sa pho­to sur Fa­ce­book : elle te­nait par le cou un chat, tué par elle d’une flèche dans la tête. C’était un chat qu’un couple avait per­du et qu’elle avait pris pour un chat sau­vage. Imaginez la peine de ces pauvres gens, imaginez la fu­reur des amis des bêtes de­vant une telle ex­hi­bi­tion. Tiens, ça me fait pen­ser à ces gou­ver­neurs d’Etats amé­ri­cains qui ne savent plus com­ment faire exé­cu­ter leurs condam­nés à mort. Pour­quoi pas la flèche dans la tête ? Economique, si­len­cieux. Ni­co­las Sar­ko­zy pour­rait al­ler là-bas leur sou­mettre cette idée ve­nue de France. Et pas la peine de re­ve­nir, M. Sar­ko­zy.

So­le­mane, nou­veau roi d’Ara­bie, n’est pas un fei­gnant. Quand les rares sou­ve­rains qu’il nous reste font preuve de la pa­resse la plus in­so­lente, lui s’est lan­cé dans une guerre et nous pou­vions nous at­tendre que pen­dant qu’à l’ex­té­rieur il guer­roie, à l’in­té­rieur il s’accorde du ré­pit. Que nen­ni ! De­hors il guer­roie, de­dans il fou­droie. Au 15 avril, cent-cinquième jour de l’an 2015 des In­fi­dèles, le sabre de So­le­mane s’est abat­tu pour la soixante-et-unième fois sur le cou d’un condam­né à mort. Plus d’un jour sur deux, une tête tombe dans son royaume. Le sabre n’y re­froi­dit ja­mais. Même un fré­né­tique, un, au ha­sard, met­tons Sar­ko­zy, ne tien­drait pas ce rythme pour don­ner des confé­rences. Se­rait-il sage de sa part d’am­bi­tion­ner la pré­si­dence de notre Ré­pu­blique dans un monde où les rois eux-mêmes sont à la fois sur le champ de ba­taille et sur l’es­trade du bour­reau ? Pense à tes nerfs, Ni­co­las. Pense à ton bam­bin, pense à Car­la. Pense à nous !

Les aya­tol­lahs ira­niens ne sont pas des fei­gnants non plus. Eux, c’est chiites. L’autre, d’Ara­bie, c’est sun­nite. Sé­vère com­pé­ti­tion. D’abord, se dis­tin­guer. Il tranche au sabre ? Nous étou ons à la corde. La se­maine der­nière, pen­dant qu’en trois jours le roi d’Ara­bie pro­cé­dait à deux dé­ca­pi­ta­tions, en ces mêmes trois jours les aya­tol­lahs d’Iran pro­cé­daient à 43 pen­dai­sons. Né­ces­si­té vi­tale, avancent-ils, il leur faut vi­der les cel­lules des mil­liers de condam­nés à mort qui s’y en­tassent dans des condi­tions in­hu­maines. L’an­née der­nière, rapporte le cor­res­pon­dant du « Times » en Iran, 750 per­sonnes furent pen­dues. Au pre­mier tri­mestre de cette an­née, dé­jà 270. La pri­son de Ghe­zel­he­sar, la plus grande du pays, a été do­tée d’une poutre qui peut sup­por­ter 30 pen­dus à la fois. Ne si ez pas comme ça, M. Sar­ko­zy, on se re­tourne.

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