Dans l’en­fer de Nir­va­na

PAR BRETT MOR­GEN (2H25)

L'Obs - - Critiques - GRÉ­GOIRE LE­MÉ­NA­GER JACQUES DRILLON

C’est l’his­toire d’un môme qu’on avait vou­lu cal­mer à coup de Ri­ta­line. Ça ne l’a pas cal­mé. Il est de­ve­nu Kurt Co­bain (1967-1994), l’âme dam­née du groupe Nir­va­na, le blond té­né­breux qui mas­sa­crait ses gui­tares. Pour cer­ner ce que le chan­teur de « I Hate My­self and Want to Die » avait dans la tête, avant de s’y lo­ger une balle à 27 ans, Brett Mor­gen a son­dé ses car­nets, ses films de fa­mille et ses proches. Le ré­sul­tat est moins un ro­cku­men­taire sur l’ar­change du grunge que le por­trait in­time d’un type plu­tôt sym­pa, as­sez gé­nial et com­plè­te­ment tor­tu­ré, qui a fi­ni en jun­kie bour­ré de culpa­bi­li­té, to­ta­le­ment dé­pas­sé par le suc­cès co­los­sal de « Ne­ver­mind » (1991). Un peu lon­guet, un peu voyeu­riste quand on se sou­vient de la pho­bie des mé­dias qu’éprou­vait Co­bain, mais avec beau­coup de do­cu­ments in­édits et de des­sins ani­més ins­pi­rés par « The Wall », c’est l’émou­vante tra­gé­die d’un homme qui n’a ja­mais très bien su qui il était vrai­ment. Pro­jec­tion unique ce 4 mai à 20 heures, dans une cen­taine de salles. Ré­ser­va­tions sur bit.ly/Co­bainFilm.

On ne joue ja­mais l’Au­ver­gnat Ons­low (1784-1853), parce qu’il avait des sous, qu’il n’avait pas pi­gnon de com­po­si­teur sur rue et que, contrai­re­ment à ses confrères pa­ri­siens, il écri­vait de la vraie mu­sique de chambre. Pas tou­jours gé­niale, mais d’une ex­trême qua­li­té. Rien ne vient comme on l’at­tend, c’est d’une bi­zar­re­rie to­tale, ce­la ne res­semble à rien puisque ce­la res­semble à tout. Mal­gré un cer­tain flou ryth­mique, les Rug­gie­ri jouent ce­la avec pas­sion et mé­tier : belle so­no­ri­té, af­fir­ma­tion des idées.

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