Les man­ne­quins dé­filent au mu­sée

JUS­QU’AU 12 JUILLET, MU­SÉE BOUR­DELLE, PA­RIS-15E, 01-49-54-73-73.

L'Obs - - Cri­tiques - BER­NARD GÉ­NIÈS J. N.

ago­ra­phobe (Ka­der Bou­kha­nef), et qui pro­fite sans scru­pule de sa ré­clu­sion pour l’obli­ger à don­ner asile à une mar­gi­nale mi­gnon­nette (Jus­tine Le Pot­tier) et à un lan­ceur d’alerte (Georges Agui­lar) re­cher­ché par tous les ser­vices de ren­sei­gne­ment. On n’y croit pas une se­conde mais on s’en moque. Parce qu’on est tout content de re­trou­ver Mme Mus­quin sur scène (la bour­geoise blo­quée

Les peintres ont long­temps eu un faible pour les man­ne­quins. En bois, en cire, en pa­pier mâ­ché, en tis­su rem­bour­ré de paille ou de crin de che­val, ils ont connu une riche car­rière dans les ate­liers, de­puis la Re­nais­sance jus­qu’à nos jours. Mais tous n’ont pas été uti­li­sés de la même ma­nière. L’ex­po­si­tion pré­sen­tée au Mu­sée Bour­delle (qui ouvre à nou­veau ses portes après huit mois de tra­vaux) re­trace cette pas­sion­nante épo­pée. Le man­ne­quin a d’abord été uti­li­sé (comme le fit Pous­sin avec ses fi­gu­rines) comme un simple ré­fé­rent per­met­tant d’étu­dier la lu­mière, la pers­pec­tive et les pro­por­tions des fu­turs per­son­nages de la com­po­si­tion. La fa­bri­ca­tion de mo­dèles plus so­phis­ti­qués (do­tés no­tam­ment d’ar­ti­cu­la­tions) va in­ci­ter par la suite cer­tains ar­tistes à les consi­dé­rer comme de vé­ri­tables per­son­nages, don­nant nais­sance à des com­po­si­tions lai­teuses et acro­ba­tiques, à l’image de cette « Dé­so­la­tion des Océa­nides », de Hen­ri Leh­mann. A l’époque mo­derne, le man­ne­quin (d’ate­lier ou de vi­trine) va de­ve­nir un su­jet en lui-même : pho­to­gra­phié par Eu­gène At­get puis par les sur­réa­listes (Bell­mer, Man Ray), il ac­quiert le sta­tut de « créa­ture » à part en­tière, ap­pa­rais­sant le plus sou­vent dans des mises en scène d’ins­pi­ra­tion éro­tique. Les créa­teurs contem­po­rains, tels les frères Chap­man, vont en­core plus loin, a ublant d’un bec de ca­nard le man­ne­quin en cire d’une jeune fille. Voi­là en tout cas une ex­po­si­tion vrai­ment ori­gi­nale. Réunis­sant fi­gu­rines, pou­pées, pho­tos, ta­bleaux (Gains­bo­rough, Cour­bet, de Chi­ri­co, Ko­ko­sch­ka), elle montre comment, de simple ob­jet ré­fé­rent, le man­ne­quin est de­ve­nu ob­jet d’art. A si­gna­ler aus­si, le pas­sion­nant ca­ta­logue (Pa­ris Mu­sées, 49,90 eu­ros) qui étu­die cet an­cêtre du ro­bot sous toutes ses fa­cettes et cou­tures. dans l’as­cen­seur de SOS Ami­tié dans « le Père Noël est une or­dure »). Parce que Jo­siane Ba­las­ko est une na­ture. Un vrai bull­do­zer. La digne conti­nua­trice de Jac­que­line Maillan. On re­grette que sa co­mé­die ne soit pas aus­si bien fi­ce­lée que « l’Ex­femme de ma vie » : l’hu­mour en est sou­vent épais, on ne la re­com­mande pas aux es­prits dé­li­cats, mais on ne peut lui re­fu­ser son ef­fi­ca­ci­té.

Un « Saint En­fant mar­tyr » du sculp­teur Ro­ma­no Al­ber­ti (1502-1568).

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