Les adieux de Mi­zo­gu­chi

PAR KEN­JI MI­ZO­GU­CHI. DRAME JA­PO­NAIS, AVEC MACHIKO KYÔ, AI­KO MIMASU (1956, 1H27).

L'Obs - - Critiques - FRAN­ÇOIS FO­RES­TIER

Le der­nier film de Mi­zo­gu­chi, et sans doute le plus épu­ré. A tra­vers les des­tins de cinq pros­ti­tuées, le réa­li­sa­teur s’en prend à la loi an­ti­pros­ti­tu­tion sur le point d’être vo­tée, au pu­ri­ta­nisme hy­po­crite de la so­cié­té ja­po­naise, et re­garde avec com­pas­sion des per­son­nages voués à vivre un entre-deux hu­mi­liant. Ya­su­mi veut ga­gner de l’ar­gent pour faire li­bé­rer son père; Ha­nae cherche à échap­per à la mi­sère; Mi­ckey a été quit­tée par un sol­dat black ; Yo­rie a été l’es­clave d’un pay­san… Mi­zo­gu­chi brosse un ta­bleau com­pas­sion­nel de cette mai­son de to­lé­rance : pour lui, les pros­ti­tuées sont avant tout les sym­boles de la condi­tion hu­maine, fra­gile et ab­surde. Il a consa­cré plu­sieurs films à ces dames (« la Femme de joie », 1924 ; « Femme de la nuit », 1948 ; « la Vie d’O’Ha­ru, femme ga­lante », 1952), re­ve­nant sur la no­tion de « honte », si pré­gnante en Orient. Grand maître du ci­né­ma ja­po­nais, Mi­zo­gu­chi (mort en 1956, à 58 ans) a si­gné 98 films – dont 60 sont per­dus. Rai­son de plus pour voir cette ré­édi­tion rare d’une oeuvre par­ti­cu­liè­re­ment ad­mi­rée par Or­son Welles.

Les pros­ti­tuées,

su­jet de pré­di­lec­tion de

Mi­zo­gu­chi.

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