Soupe Dogg

PAR SNOOP DOGG (CO­LUM­BIA / SO­NY).

L'Obs - - Critiques - FABRICE PLISKIN

Crotte. Snoop Dogg n’est plus ras­ta­fa­rien. En 2012, le rap­peur de Long Beach, Ca­li­for­nie, s’était conver­ti au ras­ta­fa­risme le temps d’en­re­gis­trer un disque de reg­gae gâ­teux, « Rein­car­na­ted », sous le nou­veau so­bri­quet de Snoop Lion. En 2015, il est phar­rell-william­sien. « Bush », son nou­veau disque, est en­tiè­re­ment pro­duit par le co­lo­nel « Hap­py », Phar­rell Williams. Mais du diable si on y re­trouve la fan­tai­sie mi­ni­ma­liste de « Drop It Like It's Hot », le tube qui avait réuni les deux Amé­ri­cains, en 2004. Au pro­gramme, funk en gros et fun­ku­la­tion au ki­lo­mètre, de quoi ho­cher la tête comme des tou­tous sur la plage ar­rière de nos Twin­go. Ce « Bush » mé­rite un W, mal­gré la par­ti­ci­pa­tion de Ste­vie Won­der et de Ken­drick La­mar. Ou­blions ce disque chas­sieux et si­nis­tre­ment « sym­pa », disque in­dus­triel d’al­go­rithme and blues, bon pour ache­ter des cro­quettes dans sa su­pé­rette, ani­mer des ga­li­pettes sur la chaîne Dog TV ou égayer la de­mi­fi­nale de « Wouf », le jeu té­lé­vi­sé canin de NRJ 12. Signe par­ti­cu­lier : néant. A 43 ans, Snoop Dogg est en chien. Et pas la queue d’une trou­vaille. Mas­cotte en dé­cote, ce­lui qui fut na­guère le rap­peur le plus ex­qui­sé­ment too­nesque de la co­mé­die pop pour­suit sa crise de la qua­ran­taine, sur un al­bum qui semble sor­tir d’une im­pri­mante 3D, et où per­sonne ne pa­raît concer­né par ce qui se passe. Faut-il le faire pi­quer? Ce n’est plus Snoop Dogg, c’est Ran­tan­plan. C’est Soupe Dogg.

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