Au fond du déses­poir

PAR VIT­TO­RIO DE SI­CA. DRAME ITA­LIEN, AVEC CAR­LO BAT­TIS­TI, MA­RIA-PIA CASILIO (1952, 1H10).

L'Obs - - Critiques - F. F.

L’un des films les plus ac­com­plis du ci­né­ma ita­lien de la grande époque néo­réa­liste et, sans conteste, l’un des chef­sd’oeuvre per­son­nels de Vit­to­rio De Si­ca, avec « le Vo­leur de bicyclette » et « Scius­cià ». Ici, le ci­néaste, ai­dé par son scé­na­riste Ce­sare Za­vat­ti­ni, ima­gine la lente des­cente déses­pé­rée d’un vieux pro­fes­seur à la re­traite. Mu­ni d’une maigre pen­sion men­suelle, Um­ber­to Do­me­ni­co (Car­lo Bat­tis­ti, pho­to) sur­vit tant bien que mal : il em­prunte, vend ses ob­jets per­son­nels, dort à l’hô­pi­tal, son chien est pla­cé en che­nil par sa lo­geuse. Ten­té par le sui­cide, Um­ber­to D. part à la re­cherche de son ani­mal, et, de­vant un ave­nir sombre, c’est ce com­pa­gnon qui l’ai­de­ra à sou­rire à nou­veau… Trame simple, faite de pe­tits mo­ments et de gestes mi­nus­cules, où l’hu­ma­ni­té du per­son­nage forme la ma­tière même du récit. A l’époque, le film fut mal re­çu : on ac­cu­sa le mou­ve­ment néo­réa­liste de mi­sé­ra­bi­lisme, voire de tra­hi­son en­vers la classe ou­vrière (on se de­mande bien pour­quoi). Or le film est non seule­ment d’une maî­trise rare, mais il est pro­fon­dé­ment bou­le­ver­sant. C’est l’une des oeuvres fa­vo­rites de Woo­dy Al­len, qui la re­voit pé­rio­di­que­ment.

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