A mou­rir de rire

PAR LEO MCCA­REY. CO­MÉ­DIE AMÉ­RI­CAINE, AVEC CHARLES LAUGH­TON, MA­RY BO­LAND, CHAR­LIE RUGGLES, ZASU PITTS (1935, 1H30).

L'Obs - - Critiques - F. F.

Le dé­lice des dé­lices de la co­mé­die amé­ri­caine. Ti­ré d’un ro­man d’un au­teur ou­blié (Har­ry Leon Wil­son), pu­blié en 1915 et por­té à l’écran plu­sieurs fois, voi­ci un film qu’il faut ab­so­lu­ment avoir vu : c’est l’his­toire de Ruggles, un « gent­le­man’s gent­le­man » (un va­let, donc) ty­pi­que­ment an­glais, de­ve­nu l’en­jeu d’une par­tie de po­ker, qui change de maître. Il était le but­ler d’un lord an­glais, il se re­trouve do­mes­tique d’un Texan (Char­lie Ruggles, à droite pho­to) : chan­ge­ment de ma­nières, de ci­vi­li­sa­tion, qui­pro­quos, mé­sen­tente, nou­veau sta­tut so­cial… C’est à mou­rir de rire. Leo McCa­rey, réa­li­sa­teur for­mi­da­ble­ment doué pour la co­mé­die (il a tra­vaillé avec Lau­rel & Har­dy, a si­gné « Duck Soup » avec les Marx Bro­thers, mis en scène « Cette sa­crée vé­ri­té » et « Mon épouse fa­vo­rite » avec Ca­ry Grant), a le sens du rythme, l’oeil pour le bon gag et sait dis­til­ler les pe­tites touches d’émo­tion là où il faut. Sur le pla­teau, il im­pro­vi­sait la plu­part des scènes, s’in­ter­rom­pant pour jouer du pia­no alors que toute l’équipe at­ten­dait pa­tiem­ment. Ajou­tons que le rôle de Ruggles est joué par Charles Laugh­ton (à gauche pho­to), qui est tout sim­ple­ment gé­nial. Je ne ré­siste pas au plai­sir de ci­ter la meilleure ré­plique du film. Un homme ar­rive dans une ré­cep­tion mon­daine, aper­çoit une femme qui lui plaît, lui de­mande : « Croyez-vous au coup de foudre ? – Non. – Moi non plus. Je vais donc res­ter un mo­ment… »

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