UMP, la ruée vers l’or

Dix-huit mois avant l’échéance, les can­di­dats à la pri­maire de l’UMP ont dé­jà en­ga­gé une ba­taille cru­ciale : la quête de riches do­na­teurs pour fi­nan­cer leur cam­pagne. Ni­co­las Sar­ko­zy s’ap­puie, pour l’heure, sur le par­ti, ses ri­vaux draguent ban­quiers et

L'Obs - - La Une - DA­VID LE BAILLY ET MAËL THIER­RY AVEC CA­ROLE BAR­JON

Ha­bi­tué des cé­nacles du CAC 40, Yves (1) est ex­cé­dé. Ces der­nières se­maines, sa boîte e-mail est sa­tu­rée par les cen­taines de mes­sages des fu­turs can­di­dats à la pri­maire de l’UMP. L’autre soir en­core, le dé­bat té­lé­vi­sé entre Bru­no Le Maire et la mi­nistre de l’Edu­ca­tion nationale, Na­jat Val­laud-Bel­ka­cem, n’était pas ter­mi­né que, dé­jà, s’a chait un mes­sage sug­gé­rant de don­ner de l’ar­gent au dé­pu­té de l’Eure.

« On est sol­li­ci­té sans ar­rêt, sou­pire-t-il. Des co­pains nous ap­pellent : “Tu ne veux pas ren­con­trer Truc­muche ? Je suis sûr qu’il te plai­ra.” » Marc (1), lui, vit à Ge­nève, sur les rives du lac Lé­man, où il pos­sède son en­tre­prise. Il y a quelques se­maines, il a re­çu un étrange ap­pel de Da­niel Fasquelle, tré­so­rier de l’UMP et proche de Ni­co­las Sar­ko­zy.

« Vous fi­nan­cez qui ? » lui a de­man­dé ce­lui­ci au dé­tour de la conver­sa­tion. Ré­ponse sans hé­si­ta­tion de Marc : « Je donne à Le Maire et je ne par­tage pas mes sous. »

En­core in­vi­sible, la ba­taille de la pri­maire – qui au­ra lieu en no­vembre 2016 – a bel et bien com­men­cé. Une ba­taille sou­ter­raine, fé­roce, où il faut gla­ner sou après sou afin de consti­tuer un tré­sor de guerre. Lors d’un bu­reau po­li­tique, Ni­co­las Sar­ko­zy a fixé la règle du jeu : pas ques­tion que le par­ti, rui­né, verse un cen­time aux pos­tu­lants. « Cha­cun se dé­brouille­ra », a prô­né le pré­sident du mou­ve­ment, fai­sant mine d’ou­blier que, pour sa part, il bé­né­fi­cie­ra de la ma­chine UMP, du moins jus­qu’au dé­but de la cam­pagne o cielle. Alors, dans cette élec­tion in­édite à droite, cha­cun s’or­ga­nise, at­tri­buant à un homme de confiance la mis­sion de dénicher des do­na­teurs, mul­ti­pliant les réunions dis­crètes, à Pa­ris, en pro­vince ou à l’étran­ger, pour le­ver des fonds. Des ra­bat­teurs à l’épais car­net d’adresses sont mo­bi­li­sés. Ils sont char­gés de réunir dans le plus grand se­cret PDG, ban­quiers ou avo­cats d’a aires, prêts à si­gner de gros chèques, jus­qu’au pla­fond de 7 500 eu­ros par do­na­teur. Sans ou­blier, évi­dem­ment, la base des sym­pa­thi­sants, ap­pe­lés à ver­ser leur obole en fonc­tion de leurs moyens. Au to­tal, Jup­pé, Fillon et Le Maire es­pèrent le­ver de 2 à 3 mil­lions d’eu­ros cha­cun d’ici à l’échéance ! Trau­ma­ti­sés par Byg­ma­lion, ils pro­mettent la trans­pa­rence. En­quête sur une cam­pagne à l’amé­ri­caine qui ne dit pas son nom.

SA­ME­DI 14 FÉ­VRIER, CERCLE DE

L’UNION IN­TE­RAL­LIÉE, PA­RIS

Dans ce lieu hup­pé, mi­toyen de l’am­bas­sade de Grande-Bre­tagne, Fran­çois Fillon est in­vi­té à s’ex­pri­mer de­vant un par­terre de deux cents per­sonnes, financiers ou chefs d’en­tre­prise, réunies par une so­cié­té de ges­tion de por­te­feuilles. En cette SaintVa­len­tin, l’an­cien Pre­mier mi­nistre s’at­tire une salve d’ap­plau­dis­se­ments quand il pro­pose d’in­ter­dire la pré­sen­ta­tion d’un bud­get en dé­fi­cit. Dans cet uni­vers po­li­cé, de­man­der di­rec­te­ment de l’ar­gent ne se fait pas. Mais à la sor­tie de la salle, sur une table, sont em­pi­lées des pla­quettes es­tam­pillées « Force ré­pu­bli­caine », le mi­cro­par­ti de Fillon. Des for­mules de don y sont énu­mé­rées avec la dé­duc­tion fis­cale cor­res­pon­dante (4 950 eu­ros pour un ver­se­ment de 7 500 eu­ros). Après avoir quit­té Ma­ti­gnon, Fran­çois Fillon s’est tout de suite or­ga­ni­sé pour ré­col­ter des fonds. Bien qu’ab­sent ce soir-là, le dis­cret Pierre Da­non, 59 ans, ex-PDG de Nu­me­ri­cable-Com­ple­tel, est l’un de ses re­lais les plus pré­cieux au­près des grands pa­trons. « Je mo­bi­lise les chefs d’en­tre­prise pour par­ti­ci­per à des ate­liers pour le pro­jet de Fran­çois Fillon », ex­pli­quet-il à « l’Obs ».

VEN­DRE­DI 20 MARS, PA­VILLON

LE­DOYEN, PA­RIS

A deux jours du pre­mier tour des élec­tions dé­par­te­men­tales, Ni­co­las Sar­ko­zy rayonne. Il se sait à la veille d’une belle vic­toire, la pre­mière, es­père-t-il, d’une sé­rie qui le mè­ne­ra à l’Ely­sée en mai 2017. En at­ten­dant, il lui faut ra­fraî­chir son car­net d’adresses chez les pa­trons fran­çais, qu’il a per­dus de vue de­puis qu’il court le monde à don­ner des confé­rences à 100 000 eu­ros. Ce jour-là, il

dé­jeune dans ce haut lieu des Champs-Ely­sées de­vant un aréo­page de ma­na­gers. Une opé­ra­tion sé­duc­tion, même s’il ne s’agit pas de ré­col­ter ou­ver­te­ment de l’ar­gent. Il y a là Pierre Blayau, pa­tron de la Caisse cen­trale de Ré­as­su­rance, les PDG de Shell France et de Bouygues Te­le­com, des di­ri­geants de Ca­nal+ et d’Airbnb ain­si que des la­bo­ra­toires phar­ma­ceu­tiques As­traZe­ne­ca et Bayer. Par un étrange ha­sard, l’or­ga­ni­sa­teur de l’évé­ne­ment n’est autre que Paul Bou­ry, lob­byiste proche de… Fran­çois Hol­lande. De­bout, un mi­cro à la main, l’an­cien chef de l’Etat dé­roule un dis­cours qui rap­pelle fu­rieu­se­ment ce­lui de sa cam­pagne de 2007. « Il a beau­coup in­sis­té sur la réus­site fi­nan­cière. Il a dit qu’il fal­lait sor­tir de cette men­ta­li­té fran­çaise qui culpa­bi­lise les gens qui gagnent beau­coup d’ar­gent », ra­conte un convive, Alain Ba­zot, pré­sident de l’UFC-Que Choi­sir.

LUN­DI 20 AVRIL, UN RES­TAU­RANT DE MAY­FAIR,

LONDRES Londres, centre né­vral­gique des le­vées de fonds. Les can­di­dats s’y bous­culent, es­pé­rant dé­cro­cher la tim­bale. Sur les 544 plus gros do­na­teurs de l’UMP en 2007 – les fa­meux membres du Pre­mier Cercle –, 64 vi­vaient au Royaume-Uni (contre 40 aux Etats-Unis et 12 en Suisse). « Soyons clairs, dit le conseiller d’un can­di­dat, c’est là qu’est le po­gnon. C’est le seul en­droit où des pa­trons peuvent si­gner un chèque de 7 500 eu­ros sur leurs de­niers per­son­nels. Et,

si leur femme s’y met, 15 000 eu­ros… » Ce soir-là, Bru­no Le Maire a ré­ser­vé l’ar­riè­re­salle d’un res­tau­rant de May­fair. Une tren­taine de per­sonnes sont ras­sem­blées : ban­quiers d’af­faires, consul­tants, pa­trons de fonds d’in­ves­tis­se­ment. Le Maire ne fait pas sem­blant : « J’ai be­soin de votre sou­tien pour par­ti­ci­per à la cam­pagne de la pri­maire. » Sé­duit, un par­ti­ci­pant confie avoir don­né à « cet énarque dé­fro­qué qui a eu le cou­rage de dé­mis­sion­ner de la fonc­tion

pu­blique ». Un dé­fro­qué qui sait adap­ter son dis­cours à son pu­blic quand il s’en prend à l’ISF ou aux 35 heures. Au royaume des book­ma­kers, la cote de Le Maire ne cesse de grim­per. Et la courbe des dons à son mi­cro­par­ti – Avec BLM – suit le même che­min : 37 000 eu­ros en 2012, 253 000 eu­ros en 2013, 500 000 eu­ros en 2014. Pour cette an­née, l’ob­jec­tif, c’est le mil­lion. En cou­lisses, un homme joue un rôle es­sen­tiel, Alain Mis­soffe, 48 ans. Cet hé­ri­tier de la fa­mille Wendel, frère de Fran­çoise de Pa­na­fieu, connaît Le Maire de­puis vingt ans. Dès 2012, il lui a ou­vert son car­net d’adresses, et le tan­dem mul­ti­plie les ren­contres avec les do­na­teurs, au moins une fois par se­maine, à Pa­ris, en pro­vince et même à Ge­nève, à la ré­pu­ta­tion pour­tant sul­fu­reuse. MAR­DI 21 AVRIL, HÔ­TEL SO­FI­TEL,

LONDRES

Fran­çois Fillon doit par­ti­ci­per à une confé­rence sur le ter­ro­risme. L’oc­ca­sion de dé­jeu­ner avec de nou­veaux do­na­teurs po­ten­tiels, par­fois les mêmes qui étaient aux cô­tés de Le Maire la veille au soir, et de re­mer­cier les plus fi­dèles. Une salle du So­fi­tel, dans le quar­tier de St James, a été louée. Au me­nu : tar­tare de sau­mon, pou­let, crème brû­lée. Les in­vi­tés, près d’une qua­ran­taine, ne paient pas. Pour dra­guer ces VIP, l’an­cien Pre­mier mi­nistre s’est ad­joint Nathalie Et­zen­bach, ex­di­rec­trice fi­nan­cière de l’UMP. Cette femme élé­gante élue à Neuilly a tra­vaillé dans de grandes banques d’af­faires (Ci­ti­group ou Cré­dit suisse) et va jus­qu’à or­ga­ni­ser chez elle des dî­ners de do­na­teurs (« J’ai une très bonne

cave », plai­sante-t-elle). Sur place, le fi­nan­cier Jean-Hugues de La­maze sert de ra­bat­teur. Au cours du dé­jeu­ner, Fillon doit se jus­ti­fier. « Pour­quoi fe­riez­vous ce que vous n’avez pas fait de 2007 à 2012 ? », « Etes-vous dé­ter­mi­né à être can­di­dat ? » lui de­mande-t-on, comme à chaque réunion. En oc­tobre, une liste de do­na­teurs avait fui­té dans le « Fi­nan­cial Times » : des financiers de haut vol comme Mi­chel Pé­re­tié, l’an­cien pa­tron de la branche tra­ding et in­ves­tis­se­ment de la So­cié­té gé­né­rale. Af­fo­lée, Nathalie Et­zen­bach avait pré­ve­nu cha­cun d’entre eux. « L’ano­ny­mat d’un do­na­teur est très im­por­tant. Dé­voi­ler un nom, ça peut avoir des consé­quences sur son en­tre­prise, ses sa­la­riés, ses clients », ex­plique-t-elle. En dé­pit de son­dages dé­sas­treux, le camp Fillon re­ven­dique 680 000 eu­ros de dons en 2014 et vise la ba­ga­telle de 3 mil­lions sur les deux an­nées sui­vantes (1 mil­lion en 2015 et 2 mil­lions en 2016).

VEN­DRE­DI 1ER MAI, RO­CKE­FEL­LER

CEN­TER, NEW YORK

Alain Jup­pé a tra­ver­sé l’At­lan­tique. O ciel­le­ment pour par­ti­ci­per à une soi­rée don­née par Les Amis amé­ri­cains de la Ci­té des Ci­vi­li­sa­tions du Vin. O cieu­se­ment, aus­si, pour convaincre de grands do­na­teurs. Fa­vo­ri des son­dages, « le meilleur

d’entre nous » a pris un re­tard consi­dé­rable sur ses concur­rents. Son mi­cro­par­ti, AJ pour la France, a dé­mar­ré son ac­ti­vi­té seule­ment à la fin de l’an­née der­nière. Son lieu­te­nant Be­noist Ap­pa­ru le concède : « Sur les le­vées de fonds, nous avions une fai­blesse d’or­ga­ni­sa­tion. Les ma­chines Fillon et Le Maire sont plus hui­lées. Et Sar­ko­zy tient le par­ti. Mais de tous, Jup­pé n’est pas ce­lui qui dé­plai­ra le plus aux chefs d’en­tre­prise. » Au pro­gramme de cette vi­rée new-yor­kaise, deux re­pas de do­na­teurs. Dès son ar­ri­vée, le 29 avril, un dî­ner est or­ga­ni­sé dans l’ap­par­te­ment d’un riche Amé­ri­cain fran­co­phile, avec une di­zaine de convives. « Consigne a été don­née aux par­ti­ci­pants, par­mi les­quels des an­ciens di­ri­geants d’en­tre­prises fran­çaises aux Etats-Unis, de ne pas ébrui­ter ce dî­ner », pré­cise le « French Mor­ning », un jour­nal fran­co­phone. Deux jours plus tard, le 1er mai, c’est lors d’un dé­jeu­ner au Rain­bow Room, le res­tau­rant chic du Ro­cke­fel­ler Cen­ter, que le maire de Bor­deaux fait sa ré­clame. Par­mi les qua­torze in­vi­tés, un ban­quier de chez Roth­schild, Yves-An­dré Is­tel. « Faut-il être mil­liar­daire pour faire de la po­li­tique ? Evi­dem­ment qu’il faut de­man­der à vos sup­por­ters, et tout le monde le fait,

se dé­fend Jup­pé sur place. Moi, je n’ai pas une for­tune qui me per­mette de réunir quelques cen­taines de mil­liers d’eu­ros pour la cam­pagne qui va avoir lieu. »

LUN­DI 4 MAI, SIÈGE DE L’UMP,

PA­RIS

Les temps ont bien chan­gé à l’UMP. Eau et Co­ca-Co­la ont rem­pla­cé le cham­pagne de l’hô­tel Bris­tol, et ceux qui au­raient ai­mé s’em­pi rer de pe­tits-fours res­te­ront sur leur faim. Pour la pre­mière fois de­puis qu’il a pris la tête de l’UMP, Ni­co­las Sar­ko­zy re­çoit les membres du Pre­mier Cercle, re­grou­pe­ment in­for­mel de do­na­teurs ayant ver­sé cha­cun plus de 3 000 eu­ros au par­ti. Après l’a aire Bet­ten­court, beau­coup s’étaient re­ti­rés,

e rayés par la pu­bli­ci­té don­née à leur ap­par­te­nance à cette as­sem­blée pas comme les autres, où fi­gu­raient de grands noms du CAC 40 comme Er­nest-An­toine Seillière, Charles de Crois­set, Mi­chel Da­vid-Weill ou Da­vid de Roth­schild. C’est un pu­blic bien di érent qui prend place ce lun­di, en fin d’après-mi­di, dans la grande salle de l’UMP, rue de Vau­gi­rard : pa­trons de PME, no­taires de pro­vince, re­trai­tés. Deux cents per­sonnes en­vi­ron. « De­puis que Sar­ko­zy est re­ve­nu, le Pre­mier

Cercle est re­par­ti », s’ex­ta­sie la com­mu­ni­cante Pa­tri­cia Balme, ad­mi­ra­trice de la pre­mière heure. O ciel­le­ment, les cli­gno­tants sont au vert, avec plus de mille adhé­sions à l’UMP par jour re­ven­di­quées. En réa­li­té, la col­lecte de dons, gé­rée par la so­cié­té Mo­bi­li­sa­tion di­recte (qui tra­vaille aus­si pour la Croix-Rouge), su­bit la concur­rence des can­di­dats à la pri­maire. Pour me­ner sa cam­pagne, Ni­co­las Sar­ko­zy de­vra pro­ba­ble­ment s’ap­puyer le jour J sur son mi­cro­par­ti, l’As­so­cia­tion de Sou­tien à l’Ac­tion de Ni­co­las Sar­ko­zy, di­ri­gée par son fi­dèle de tou­jours Brice Hor­te­feux. A la fin de l’an­née 2013, la struc­ture dis­po­sait dans ses caisses d’une somme de 244 000 eu­ros. Une par­tie a été uti­li­sée l’an pas­sé pour conqué­rir la pré­si­dence de l’UMP.

MER­CRE­DI 20 MAI, SIÈGE DE LA BANQUE ROTH­SCHILD, LONDRES

Jup­pé pour­suit son road show dans les grandes ca­pi­tales. Le voi­ci ou­treManche, où il dé­jeune avec une di­zaine de do­na­teurs. En fin de jour­née, une rencontre est or­ga­ni­sée au siège de la banque Roth­schild avec une cen­taine de chefs d’en­tre­prise fran­çais ins­tal­lés à Londres. En cou­lisses, une jeune femme, Ma­rie Gue­ve­noux, or­ga­nise les col­lectes. « Notre stra­té­gie, c’est de créer un mou­ve­ment de masse de pe­tits do­na­teurs, les as­so­cier à la cam­pagne pour créer une dy­na­mique. On veut évi­ter le syndrome Pre­mier Cercle », dit cette an­cienne pré­si­dente des Jeunes Po­pu­laires, en ré­fé­rence à l’image de « pré­sident des riches » qui colle à la peau de Sar­ko­zy. Cet été, un bar­be­cue géant de­vrait se te­nir à cô­té de Pa­ris pour les pe­tits do­na­teurs qui, en échange d’un droit d’en­trée de 30 eu­ros, pour­ront serrer la main à Jup­pé. L’an­cien Pre­mier mi­nistre ne né­glige pas pour au­tant le sou­tien des fi­gures de l’es­ta­blish­ment : le mil­liar­daire Fran­çois Pi­nault, Vir­gi­nie Cal­mels, an­cienne PDG d’En­de­mol France (qui est aus­si son ad­jointe à la mai­rie de Bor­deaux), l’homme de ré­seaux Alain Minc ou bien la pré­si­dente de Ge­ne­ral Elec­tric France, Cla­ra Gay­mard, épouse d’Her­vé, un des bras droits de Jup­pé. Il s’ap­puie éga­le­ment sur son an­cien col­la­bo­ra­teur et ex-se­cré­taire gé­né­ral de LVMH, Pierre-Ma­thieu Duhamel. Ma­rie Gue­ve­noux dit avoir col­lec­té 600 000 eu­ros de­puis le dé­but de l’an­née. « Notre ob­jec­tif mi­ni­mal, c’est le mil­lion », clame-t-elle. Tous ont com­pris que la ca­pa­ci­té à le­ver des fonds se­rait un éta­lon pour me­su­rer la cré­di­bi­li­té de chaque can­di­da­ture. « Avec ce sys­tème, per­sonne ne pour­ra se pré­sen­ter à la lé­gère », ré­sume le dé­pu­té Thier­ry So­lère, en charge de l’or­ga­ni­sa­tion de la com­pé­ti­tion. L’ar­gent ne fe­ra peut-être pas le bon­heur du lau­réat, mais il y contri­bue­ra.

(1) Le pré­nom a été chan­gé.

Alain Jup­pé

Eric Woerth et Ni­co­las Sar­ko­zy de­vant l’hô­tel Bris­tol, à Pa­ris, en dé­cembre 2009, à l’oc­ca­sion d’une réunion d’im­por­tants do­na­teurs de l’UMP.

Bru­no Le Maire

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