Le roi du bas­son

(STRA­DI­VA­RIUS)

L'Obs - - Critiques - JACQUES DRILLON J. Dr.

Bé­ni soit Gal­lois. Le bas­son lui doit tout. Il a dé­cu­plé les pos­si­bi­li­tés de son ins­tru­ment : dans la so­no­ri­té, qu’il a éten­due aux ron­fle­ments du cor, au cui­vré de la trom­pette, dans la tech­nique, la pro­duc­tion d’ac­cords, l’agi­li­té. Par la « res­pi­ra­tion cir­cu­laire » (il fait de sa bouche un ré­ser­voir d’air in­dé­pen­dant de la res­pi­ra­tion, comme avec la poche d’une cor­ne­muse), il lui a per­mis un dis­cours conti­nu. Ce so­liste de l’En­semble in­ter­con­tem­po­rain, pro­fes­seur, di­rec­teur de con­ser­va­toire, a dé­ci­dé de nombre de vo­ca­tions à tra­vers le monde. Les trois pièces maî­tresses du ré­per­toire contem­po­rain en­re­gis­trées ici (Ol­ga Neu­wirth, Pierre Bou­lez, Lu­cia­no Be­rio) montrent à quel point son pro­di­gieux ta­lent a pu ex­ci­ter les créa­teurs, qui avaient jus­qu’à lui peu lou­ché du cô­té du bas­son, re­lé­gué aux tâches se­con­daires.

Ac­com­pa­gnées par leurs com­pères de la Scho­la Can­to­rum de Bâle, les deux vio­lo­nistes ont mis leur grand ta­lent au ser­vice d’oeuvres qui n’en de­man­daient peut-être pas tant. Si, avant de se lan­cer dans sa pro­di­gieuse car­rière de com­po­si­teur d’opé­ras, An­to­nio Cal­da­ra (1670-1736) a, lui, mis ses pas dans ceux de Co­rel­li, il n’en a pas la lu­mi­neuse évi­dence. Ses so­nates en trio sont ex­trê­me­ment bien faites, d’une co­hé­rence idéale. Mais, mal­gré leurs qua­li­tés mé­lo­diques et contra­pun­tiques, elles sont un peu mo­no­chromes… Agréables, sans plus.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.