Les imams fran­çais sont-ils du reste pris en compte dans la ré­flexion ac­tuelle ?

L'Obs - - Débats -

Ab­so­lu­ment pas. Et là, on touche à un pro­blème ex­trê­me­ment im­por­tant : à chaque fois que le gou­ver­ne­ment pense « imam mo­dé­ré », c’est pour nous sor­tir un Al­gé­rien mal at­ti­fé bal­bu­tiant le fran­çais, qui ré­pète « is­lam, re­li­gion de paix ». C’est ca­tas­tro­phique parce que ces imams folk­lo­riques sont ju­gés ri­di­cules par les jeunes. Quand ils voient Has­sen Chal­ghou­mi, l’imam de Dran­cy, par­ler à la té­lé­vi­sion, ils ont honte qu’on puisse les iden­ti­fier à lui. C’est la même chose pour Da­lil Bou­ba­keur, le pré­sident du CFCM : au­cun jeune Fran­çais di­plô­mé ne peut un ins­tant se re­con­naître en lui. Il faut ar­rê­ter de jouer l’is­lam folk­lo­rique contre l’is­lam sup­po­sé fon­da­men­ta­liste et trai­ter enfin avec les mu­sul­mans de France, qui sont es­sen­tiel­le­ment des jeunes de deuxième ou de troi­sième gé­né­ra­tion, qui ont fait des études, qui parlent par­fai­te­ment le fran­çais et qui sont ci­toyens fran­çais. Or ce n’est pas de ceux-là qu’on parle. On a une vi­sion com­plè­te­ment co­lo­niale, où l’on pré­fère le vieux bé­ni-ouioui au jeune in­tel­lo un peu cri­tique. Pour­quoi les jeunes Fran­çais ne se portent-ils pas plus sou­vent can­di­dats à l’ima­mat ? Il y a une crise des vo­ca­tions, comme dans le ca­tho­li­cisme. Mais aus­si parce que c’est une po­si­tion

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