Sau­ver ou pu­nir: le di­lemme grec

L'Obs - - L’Opinion - M. C.

mon­table : ce­lui d’une dette pu­blique qu’ils ne pour­ront ja­mais rem­bour­ser. C’est ain­si. On peut s’en émou­voir ou s’en aga­cer. Mais ces ac­cords à courte vue ne chan­ge­ront rien à cet état de fait.

Dès lors, une ques­tion se pose: l’Eu­rope a-t-elle vrai­ment en­vie de sau­ver la Grèce ? Et si c’est le cas, qu’at­tend-elle pour en­ga­ger, comme elle l’avait pro­mis plu­sieurs fois à Athènes, une re­né­go­cia­tion de son ar­doise fi­nan­cière ? On le voit bien, der­rière un dé­fi éco­no­mique ma­jeur, ce­lui de l’ave­nir de la mon­naie unique, se trame un di­lemme po­li­tique pour les pays de la zone eu­ro : faire un exemple ou pas­ser l’éponge. La nature du projet eu­ro­péen re­pose sur le fait que tout le monde en ac­cepte les règles, c’est vrai. Et sur ce point, il faut le re­con­naître, les pré­cé­dents gou­ver­ne­ments grecs ont failli à leur de­voir, quand ils n’y ont pas été pous­sés. Mais la nature du projet eu­ro­péen est aus­si de faire jouer les mé­ca­nismes de so­li­da­ri­té entre ses Etats membres pour nour­rir un des­sein qui dé­passe de loin la seule ap­proche fi­nan­cière. On ne construit rien en pu­nis­sant. Il y a trente ans, après la dic­ta­ture des co­lo­nels, l’an­cêtre de l’Union eu­ro­péenne a fait le choix d’intégrer la Grèce pour des rai­sons po­li­tiques et non bud­gé­taires. Elle doit au­jourd’hui faire le choix de lui ga­ran­tir un ave­nir durable de la même ma­nière.

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