Cer­tains faits, mys­té­rieux au pre­mier abord, doivent en réa­li­té beau­coup à l’idéo­lo­gie, dites-vous… Par exemple ?

L'Obs - - Grands Formats -

C’est le cas de l’ef­fon­dre­ment de 1940. En France, l’an­ti­com­mu­nisme n’avait pas at­ten­du le pacte ger­ma­no-so­vié­tique pour pros­pé­rer. Beau­coup, dans les cercles in­fluents, es­pé­raient que l’Al­le­magne at­ta­que­rait l’URSS plu­tôt que la France. Quand la guerre a écla­té, le gou­ver­ne­ment a dé­ci­dé de dé­fendre la Fin­lande contre l’URSS plu­tôt que de s’en prendre aux Al­le­mands ! Toute une par­tie de l’ap­pa­reil di­ri­geant fran­çais a vou­lu évi­ter la guerre, tan­tôt pour dé­tour­ner Hit­ler, tan­tôt parce qu’on était sûr d’être vain­cu en un éclair. La for­mule « plu­tôt Hit­ler que Blum » re­flé­tait un état d’es­prit, tein­té d’un pa­ci­fisme qui amol­lis­sait un cer­tain nombre de gé­né­raux et de gens de droite, d’où la « drôle de guerre », puis la dé­bâcle. Ru­dolf Hess a-t-il consi­dé­ré qu’il pour­rait comp­ter sur de sem­blables sen­ti­ments avec la Grande-Bre­tagne ? Les archives bri­tan­niques re­la­tives à Hess ré­vé­le­ront peut-être qu’en An­gle­terre le par­ti de l’apai­se­ment était plus im­por­tant qu’on ne le croit. Ce cou­rant pa­ci­fiste, voire pro­na­zi sur son aile droite, vou­lait la paix avec Hit­ler, qui es­pé­rait d’ailleurs né­go­cier avec les An­glais au mo­ment de la ba­taille de Dun­kerque, entre la fin mai et le dé­but de juin 1940. Af­fai­ré à ser­vir son Füh­rer ado­ré, Hess a ten­té le coup tout seul, en s’ap­puyant sur ces ré­seaux « pro-al­le­mands » d’avant-guerre. Sta­line, lui, a cru que Chur­chill avait mon­té l’opé­ra­tion. D’autre part, Sta­line sa­vait, de­puis la si­gna­ture du pacte de non-agres­sion, que la guerre avec l’Al­le­magne était iné­luc­table, mais les si­gnaux qui l’an­non­çaient l’ont au contraire in­ci­té à mul­ti­plier les conces­sions en fa­veur de Hit­ler. Pour­quoi les morts de la « Shoah par balles » sont-ils res­tés aus­si long­temps les plus in­vi­sibles des « vic­times in­vi­sibles » ? Parce que les camps ont lais­sé des traces plus fla­grantes. Mais on ou­blie sou­vent toutes ces vic­times as­sas­si­nées alors que la

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