Prendre Lang

PAR FRITZ LANG. FILM AMÉ­RI­CAIN, AVEC WALTER PID­GEON, JOAN BEN­NETT, GEORGE SAN­DERS (1941, 1H45). PAR FRITZ LANG. FILM AMÉ­RI­CAIN, AVEC GA­RY COO­PER, LILLI PAL­MER, ROBERT AL­DA (1946, 1H46).

L'Obs - - Critiques - FRAN­ÇOIS FO­RES­TIER

Goeb­bels, qui lui au­rait pro­po­sé de de­ve­nir le Füh­rer du ci­né­ma na­tio­nal-so­cia­liste. Vrai ? Faux ? Tou­jours est-il qu’à Hol­ly­wood Fritz Lang eut du mal à trou­ver sa juste place. En adap­tant « Chasse à l’homme », d’après un ro­man de Geo rey Hou­se­hold (un ex­re­pré­sen­tant d’une marque d’encre d’im­pri­me­rie), Lang glis­sa ses thèmes fa­vo­ris, la culpa­bi­li­té, le des­tin, la bles­sure. Le pro­duc­teur, Dar­ryl Za­nuck, le lais­sa faire. Mais, quatre ans plus tard, pré­cé­dé d’une ré­pu­ta­tion de sa­trape, Lang se mit à aboyer contre son nou­veau pro­duc­teur, Mil­ton Sper­ling, et à rem­bar­rer Lilli Pal­mer, qui avait le rôle prin­ci­pal dans « Cape et Poi­gnard », face à Ga­ry Coo­per. Mal­gré sa bonne édu­ca­tion, la dé­li­cieuse Lilli prit l’ha­bi­tude de sa­luer le met­teur en scène, le ma­tin, par un re­ten­tis­sant : « Bon­jour, fils de pute ! » Ce qui ar­ran­gea les choses: Lang ai­mait bien les coups de gueule. Re­vus au­jourd’hui, ces deux films d’es­pion­nage (et de guerre) sont certes désuets, mais jouis­sifs: l’image (en noir et blanc) est su­perbe, et les ac­teurs ma­gni­fiques. No­tam­ment George San­ders en na­zi cy­nique dans « Chasse à l’homme » : « Jouer un sa­laud, di­sait-il, c’est comme faire du vé­lo. Une fois qu’on sait, on n’ou­blie pas. »

Robert Al­da, Ga­ry Coo­per et Dan Sey­mour dans « Cape et Poi­gnard » de Fritz Lang.

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