In­grid et Ca­ry

PAR STAN­LEY DO­NEN. FILM BRI­TAN­NIQUE, AVEC CA­RY GRANT ET IN­GRID BERGMAN (1958, 1H40).

L'Obs - - Critiques - F. F.

Au dé­part, une pièce de théâtre de bou­le­vard si­gnée Nor­man Kras­na, scé­na­riste sta­kha­no­viste mais peu in­té­res­sant (« Noël blanc », « le Mil­liar­daire », « Ma gei­sha »). A l’ar­ri­vée, un film de Stan­ley Do­nen, réa­li­sa­teur ren­du cé­lèbre par la su­blime co­mé­die mu­si­cale avec Gene Kel­ly « Chan­tons sous la pluie ». Entre les deux, l’his­toire d’une ac­trice qui ren­contre un char­mant éco­no­miste (cé­li­ba­taire, mais il pré­tend être ma­rié). Pas de quoi fouet­ter un chat: c’est une in­trigue sor­tie du ma­ga­sin des ac­ces­soires. Sauf que… Sauf que le film de­vait être in­ter­pré­té par Jayne Mans­field et Clark Gable. Par chance, au der­nier mo­ment, les deux ac­teurs furent rem­pla­cés par un cas­ting gé­nial: In­grid Bergman et Ca­ry Grant (photo). Elle avait 43 ans, il en avait 54, et ils avaient dé­jà for­mé un couple dans « les En­chaî­nés » de Hit­ch­cock, douze ans au­pa­ra­vant. C’est un rare bon­heur de les voir en­semble : elle ap­porte une fra­gi­li­té in­édite (avec le plus beau sou­rire du monde. Quand elle sou­rit, c’est un soleil) ; il trans­met une sé­duc­tion ma­gni­fique, avec un sens du tem­po que per­sonne n’a éga­lé. Du coup, ce film un peu fade prend une autre di­men­sion : en­semble, ces deux­là dé­gagent une élec­tri­ci­té qui su rait à ali­men­ter New York.

C’EST RA­TÉ

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