Bor­loo branche le Tout-Paris

L'Obs - - Le Téléphone Rouge - CA­RO­LINE MICHEL

Il a pris son té­lé­phone et sol­li­ci­té en per­sonne la crème du CAC 40. Qui pour­rait dire non à un an­cien mi­nistre, qui s’est don­né comme mis­sion d’élec­tri­fier l’Afrique pour sor­tir le continent de l’« obs­cu­ran­tisme » (sic) ? JeanPas­cal Tri­coire, PDG de Sch­nei­der Elec­tric, est le pre­mier à avoir dit oui à la fon­da­tion de Jean-Louis Bor­loo, Ener­gies pour l’Afrique. Son in­fluent di­rec­teur du dé­ve­lop­pe­ment durable, Gilles Ver­mot-Des­roches, par ailleurs pré­sident des Scouts et Guides de France, en est « un des vice-pré­si­dents, aux cô­tés de l’UDI Yves Jé­go et de l’écri­vain Erik Or­sen­na », pré­cise fiè­re­ment l’en­tre­prise. Trois vice-pré­si­dents ! On ne pour­ra pas dire que Bor­loo manque d’am­bi­tion. En juillet, JeanBer­nard Lé­vy, pa­tron d’EDF, a aus­si si­gné une conven­tion met­tant gra­cieu­se­ment à la dis­po­si­tion de la fon­da­tion l’un des an­ciens di­rec­teurs pour l’Afrique de l’élec­tri­cien. En ce mo­ment, c’est Gé­rard Mes­tral­let qui se tâte pour sa­voir si En­gie (ex-GDF Suez) va re­prendre à son compte le par­te­na­riat si­gné l’an der­nier par sa fi­liale Co­fe­ly. Contentes d’être sur la photo, les en­tre­prises se font en re­vanche ti­rer l’oreille dès qu’il s’agit de mettre la main au por­te­feuille. Seul EDF veut bien com­mu­ni­quer le mon­tant de son don : 50 000 eu­ros. Pour mé­moire, Bor­loo chi re à 200 ou 250 mil­liards d’eu­ros l’in­ves­tis­se­ment né­ces­saire à l’élec­tri­fi­ca­tion de 100% de l’Afrique en dix ans, dont un quart sous forme de dons. Al­lez, en­core un pe­tit e ort ! « Elle veut ab­so­lu­ment une re­vanche », cer­ti­fie cet in­vi­té. SA­PIN BOSSE PEN­DANT LES VA­CANCES En ré­si­dence stu­dieuse à l’île d’Yeu, le mi­nistre des Fi­nances par­ti­cipe pen­dant tout le mois d’août aux né­go­cia­tions sur l’adop­tion d’un nou­veau plan d’aide à la Grèce. Il peau­fine aus­si sa stra­té­gie de com­mu­ni­ca­tion au­tour de son projet de loi an­ti-cor­rup­tion. Bap­ti­sé « Sa­pin 2 » en ré­fé­rence au texte qu’il avait dé­fen­du en 1993 alors qu’il était mi­nistre des Fi­nances du gou­ver­ne­ment Bé­ré­go­voy, le dis­po­si­tif qui se­ra dé­bat­tu à l’au­tomne pré­voit no­tam­ment la créa­tion d’une agence na­tio­nale de lutte contre la cor­rup­tion, une meilleure pro­tec­tion des lan­ceurs d’alerte, l’éta­blis­se­ment d’un ré­per­toire des lob­byistes et l’adop­tion d’un plan an­ti-op­ti­mi­sa­tion fis­cale… Il s’agit, se­lon Sa­pin, de ci­bler « l’ar­gent qui cor­rompt », ce­lui que Fran­çois Mit­ter­rand dé­non­çait au congrès d’Epi­nay en 1971. Une ré­fé­rence qui tombe à point nom­mé pour rap­pe­ler en fin de quin­quen­nat que le gou­ver­ne­ment de Fran­çois Hol­lande n’ou­blie pas le dis­cours du Bour­get et la fi­nance en­ne­mie…

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