Moi Tar­zan, toi Chee­ta

PAR JAMES LE­VER, TRA­DUIT PAR CY­RIL GAY ET THÉO­PHILE SER­SI­RON, LE NOUVEL AT­TI­LA, 352 P., 22 EU­ROS.

L'Obs - - Critiques - AR­NAUD GON­ZAGUE

Une au­to­bio­gra­phie de Chee­ta, l’amie velue de Tar­zan qui brilla au fir­ma­ment du ci­né­ma amé­ri­cain de 1933 à 1966 ? Pas très exal­tant a prio­ri, sauf pour les lec­teurs de « 30 Mil­lions d’amis ». Er­reur. Le Bri­tan­nique James Le­ver s’em­pare de l’an­thro­poïde pour ré­crire, avec un ta­lent ful­gu­rant, un mor­ceau de l’âge d’or de Hol­ly­wood, ce­lui des Ga­ry Coo­per, Bette Da­vis, Marlene Die­trich et des na­babs à ci­gares. L’idée gé­niale de Le­ver, c’est de faire de « Trompe-la-Mort » (la si­gni­fi­ca­tion de Chee­ta) l’un de ces im­mi­grés dé­bar­qués dans les an­nées 1930 sur les quais new-yor­kais, vi­vant avec éba­his­se­ment son Ame­ri­can dream. Le singe (qui était un mâle, pas une fe­melle) n’a pas fui un fau­bourg de Berlin in­fes­té par le na­zisme, mais une jungle afri­caine peu­plée de léo­pards – quelle di érence ? Il a la rage de vivre, de sa­vou­rer la li­ber­té et se jette dans un Hol­ly­wood qui res­semble à la Ba­by­lone de Ken­neth An­ger, peu­plée d’al­coo­liques, de par­tou­zards et d’ho­mos hon­teux. Un ré­cit drôle et dia­ble­ment bien tour­né.

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