Der­nière ligne droite

L'Obs - - L’opinion - MAT­THIEU CROISSANDEAU M. C.

no­mie fran­çaise ne doit pour l’ins­tant son sa­lut qu’à la chute des prix du pé­trole et à l’ac­tion du pré­sident de la Banque cen­trale eu­ro­péenne. Sans la pre­mière, qui per­met de ré­duire la fac­ture des im­por­ta­tions, ou la se­conde, qui per­met de do­per l’ex­port, la France se­rait sans doute en ré­ces­sion. Le gou­ver­ne­ment a beau mar­te­ler qu’il main­tien­dra l’orien­ta­tion so­ciale-li­bé­rale de sa po­li­tique éco­no­mique, les en­tre­prises re­chignent en­core à in­ves­tir, ré­cla­mant tou­jours plus de ca­deaux, tou­jours plus de ga­ran­ties, tou­jours plus d’as­su­rances. Le mal qui frappe le pays tout en­tier pour­rait se ré­su­mer en un mot : la dé­fiance.

On touche là les li­mites de la syn­thèse, chère à Fran­çois Hol­lande. De­puis qu’il fait de la po­li­tique, le pré­sident de la Ré­pu­blique a en ef­fet tou­jours sur­pris par sa fa­cul­té de ré­si­lience et de ré­sis­tance. Et tou­jours sur­vé­cu grâce à son art consom­mé du com­pro­mis et de l’ac­com­mo­de­ment. Mais à trop vou­loir mé­na­ger la chèvre et le chou, il a fi­ni par mé­con­ten­ter tout le monde. Une par­tie des syn­di­cats et de l’élec­to­rat de gauche crie au re­non­ce­ment et à la tra­hi­son, quand l’op­po­si­tion et le pa­tro­nat dé­noncent des cotes mal taillées et des de­mi-me­sures. Quand on les prend une par une, pour­tant, beau­coup de lois vo­tées de­puis trois ans semblent frap­pées au coin du bon sens. Mais ces pe­tits pas mis bout à bout des­sinent un che­min tor­tueux et non une au­to­route li­sible pour ra­me­ner la crois­sance. Fran­çois Hol­lande ne chan­ge­ra pas de cap, il l’a dit. Alors qu’il l’as­sume et ré­forme. Il en va de l’ave­nir du pays et pas seule­ment de sa ré­élec­tion.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.