Ces coachs qui veulent “gué­rir” les ho­mos

Dans un pays qui a lé­ga­li­sé le ma­riage gay à la fin du mois de juin, cer­tains consi­dèrent en­core l’ho­mo­sexua­li­té comme une pa­tho­lo­gie men­tale. Et cherchent à conver­tir par tous les moyens les “dé­viants” à l’hé­té­ro­sexua­li­té

L'Obs - - La Une - DE NOTRE EN­VOYÉE SPÉ­CIALE, VIO­LETTE LA­ZARD KALEL KOVEN/HANS­LU­CAS

Il est gué­ri. Il est au­jourd’hui hé­té­ro­sexuel, après avoir réus­si à « soi­gner toutes les bles­sures psy­chiques » res­pon­sables de ses an­ciens dé­si­rs ho­mo­sexuels. De­puis dix ans, Ch­ris­to­pher Doyle as­sure n’être plus at­ti­ré par les hommes. Cet im­po­sant gaillard de 34 ans à la ferme poi­gnée de main s’est ma­rié, a eu trois en­fants et s’ap­prête à en adop­ter deux autres en Chine au mois d’août. Il est aus­si de­ve­nu psy­cho­thé­ra­peute spé­cia­liste de l’« orien­ta­tion sexuelle ». Dans son ca­bi­net, à une pe­tite de­mi-heure de Washington, en Vir­gi­nie, Ch­ris­to­pher Doyle a ac­cro­ché de nom­breuses photos où il pose, sou­riant, au mi­lieu de sa pro­gé­ni­ture. C’est là qu’il re­çoit des hommes, plu­tôt jeunes, plu­tôt croyants, qui se dé­battent avec des at­ti­rances ho­mo­sexuelles dont ils ne veulent pas ou dont leurs pa­rents rêvent de les voir se dé­bar­ras­ser.

Ch­ris­to­pher Doyle est l’un de ces thé­ra­peutes ins­tal­lés aux Etats-Unis per­sua­dés que seule l’hé­té­ro­sexua­li­té est nor­male. L’at­ti­rance pour une per­sonne du même sexe ne se­rait que le symp­tôme d’une souf­france psy­chique non ré­so­lue, dont il se­rait pos­sible de gué­rir. « Je ne change pas les gens qui viennent me voir, je leur per­mets seule­ment, s’ils le sou­haitent et s’ils tra­vaillent dur, de re­trou­ver leur vé­ri­table iden­ti­té hé­té­ro­sexuelle », ex­plique Ch­ris­to­pher Doyle, qui a ac­cep­té de nous re­ce­voir dans son pe­tit ca­bi­net, mal­gré une aver­sion as­sez mal dis­si­mu­lée pour les jour­na­listes. Les­quels uti­lisent, ex­plique-t-il, un vo­ca­bu­laire de « mi­li­tants pro-gays ». « Vous par­lez de conver­sion, de chan­ge­ment, pas moi. Je pra­tique une thé­ra­pie dite de l’“af­fir­ma­tion sexuelle”. Je ne dis pas qu’elle marche pour tout le monde, mais elle a marché pour moi et pour nombre de mes clients. »

En six ans de pra­tique, Ch­ris­to­pher s’est consti­tué une clien­tèle d’une qua­ran­taine de pa­tients. Il a un site in­ter­net ré­gu­liè­re­ment mis à jour qui vante les mé­rites de sa fon­da­tion – l’In­ter­na­tio­nal Hea­ling Foun­da­tion. Il or­ga­nise des re­traites le temps d’un week-end pour les mères d’en­fants « at­teints » d’ho­mo­sexua­li­té, pour leurs pères et pour les jeunes eux­mêmes. Il re­fuse de nous don­ner le prix d’une séance, le même se­lon lui qu’une consul­ta­tion lamb­da.

Com­bien sont-ils aux Etats-Unis, pays qui a lé­ga­li­sé le ma­riage gay à la fin du mois de juin der­nier, à consi­dé­rer en­core l’ho­mo­sexua­li­té comme une pa­tho­lo­gie men­tale? Dif­fi­cile à dire. Un mil­lier de « pro­fes­sion­nels » – dont Ch­ris­to­pher Doyle – sont af­fi­liés à l’As­so­cia­tion na­tio­nale pour la Re­cherche et la Thé­ra­pie au­tour de l’Ho­mo­sexua­li­té (NARTH). Fon­dée en 1992, cette as­so­cia­tion non re­con­nue dans le monde scien­ti­fique s’op­pose à la très of­fi­cielle As­so­cia­tion amé­ri­caine de Psy­chia­trie (APA), qui a re­ti­ré l’ho­mo­sexua­li­té de la liste des ma­la­dies men­tales en 1974. Il y a éga­le­ment de nom­breux groupes re­li­gieux, qui pri­vi­lé­gient les prières à la thé­ra­pie. Mais ceux qui as­si­mi­laient ou­ver­te­ment l’ho­mo­sexua­li­té à un pé­ché ou à un sor­ti­lège sa­ta­nique ont dis­pa­ru de­puis vingt ans.

Au­jourd’hui, la plu­part des or­ga­ni­sa­tions ac­tives sur le marché de la « conver­sion » des ho­mo­sexuels vendent un dis­cours pseu­do-scien­ti­fique tein­té de valeurs re­li­gieuses. Leurs noms sont très po­li­ti­que­ment cor­rects : People Can Change (Les gens peuvent chan­ger), Restore Hope (Re­trou­ver l’es­poir), Fo­cus on Fa­mi­ly (Se concen­trer sur la fa­mille). Les coachs qui y of­fi­cient sont gé­né­ra­le­ment di­plô­més en psy­cho­lo­gie et ont eux-mêmes sui­vi une psy­cho­thé­ra­pie. Ils sont très sou­vent croyants. Et beau­coup se re­ven­diquent en sus comme « ex-gay ». Ja­mais, ni de­vant les jour­na­listes ni sur leurs sites in­ter­net, ils ne pro­noncent

les mots « ma­la­die », « anor­ma­li­té », « gué­ri­son »… Mais tous ceux que nous avons réus­si à contac­ter et avec qui nous avons lon­gue­ment dis­cu­té consi­dèrent l’ho­mo­sexua­li­té comme une pa­tho­lo­gie dont il faut se dé­bar­ras­ser pour re­trou­ver son « vrai soi ».

C’est exac­te­ment le mes­sage vé­hi­cu­lé par le groupe Jo­nah, qui a été condam­né en juin der­nier par un tri­bu­nal du New Jer­sey. Aux jeunes juifs or­tho­doxes qui ve­naient cher­cher de l’aide, sou­vent orien­tés par leurs rab­bins, Jo­nah, du nom de ce pro­phète de l’An­cien Tes­ta­ment ava­lé par la ba­leine après avoir déso­béi à Dieu, et acro­nyme de Jews Of­fe­ring New Al­ter­na­tives for Hea­ling (Des nou­velles al­ter­na­tives pour se soi­gner), pro­met­tait la « gué­ri­son ». Ins­tal­lé à proxi­mi­té de la plus grande com­mu­nau­té or­tho­doxe des Etats-Unis, dans l’ouest de Brook­lyn, Jo­nah ne man­quait pas de clients. Quatre d’entre eux, sou­te­nus par un groupe de dé­fense des droits ci­viques, le Sou­thern Po­ver­ty Law Cen­ter (SPLC), ont dé­ci­dé d’at­ta­quer l’or­ga­ni­sa­tion pour fraude et ont ga­gné leur pro­cès. Leur angle d’at­taque : Jo­nah leur pro­met­tait la « gué­ri­son », ils sont pour­tant res­tés gays. « Nous ne nous sommes pas si­tués sur le ter­rain des droits ci­viques, nous avons pré­fé­ré les at­ta­quer sur le ter­rain com­mer­cial pour être ef­fi­caces, ex­plique Sam Wolfe, avo­cat spé­cia­li­sé dans la lutte pour les droits des ho­mo­sexuels au sein du SPLC. Nous cher­chions de­puis long­temps à faire un pro­cès à un groupe spé­cia­li­sé dans la “conver­sion” des ho­mo­sexuels, pour que ce­lui-ci reste dans l’his­toire. Cette condam­na­tion est une pre­mière. » Le but du SPLC, plus connu jus­que­là pour ses com­bats contre les su­pré­ma­cistes blancs, est d’in­ci­ter d’autres vic­times à por­ter plainte. L’avo­cat de Jo­nah, Charles Li­man­dri, a de son cô­té dé­plo­ré que des « forces su­pé­rieures » em­pê­chaient au­jourd’hui les Amé­ri­cains de vivre en ac­cord avec les « valeurs de la Bible ». Il a pré­vu de faire ap­pel. Ce pre­mier pro­cès a aus­si été pour le SPLC une vi­trine ex­tra­or­di­naire, en per­met­tant de dé­voi­ler au grand pu­blic les abus dont sont vic­times les jeunes hommes lors de ces pseu­do-con­ver­sions, même si Jo­nah n’a pas été ju­gé sur ces faits et les conteste. Pen­dant les trois se­maines d’au­dience, les quatre plai­gnants ont dé­taillé leurs thé­ra­pies, ra­con­té com­ment ils ont par­fois été obli­gés de se désha­biller de­vant leur « coach » ou en pu­blic pour soi-di­sant as­su­mer leur « mas­cu­li­ni­té ». Com­ment ils ont été in­vi­tés à ta­per sur des oreillers

aux ef­fi­gies de leurs mères pour cou­per ce cor­don étouf­fant et res­pon­sable de leur « dé­viance » sexuelle.

Ben a été l’une des quatre vic­times à ve­nir té­moi­gner à la barre. Ce beau jeune homme né il y a ving­thuit ans dans la com­mu­nau­té juive or­tho­doxe de Brook­lyn, dont le grand sou­rire franc illu­mine le vi­sage, a cru qu’il lui se­rait pos­sible de chan­ger, de tuer son dé­sir pour les hommes. « A l’ado­les­cence, quand j’ai com­men­cé à éprou­ver du dé­sir pour d’autres gar­çons, je

n’ai pas tout de suite com­pris ce qui m’ar­ri­vait », se sou­vient Ben, que nous ren­con­trons à New York, où il vit au­jourd’hui. Il cherche donc des conseils au­près des rab­bins de sa com­mu­nau­té. Le pre­mier lui re­com­mande de prendre des mé­di­ca­ments, le pro­blème doit être hor­mo­nal. Un se­cond lui sug­gère de trou­ver une fille qui cui­sine bien. Au­jourd’hui, Ben en sou­rit. A l’époque, il veut y croire et s’ac­croche à l’idée que ses dé­si­rs ho­mo­sexuels ne sont que pas­sa­gers. Il veut ai­mer une femme, se ma­rier et avoir des en­fants, comme son père, ses oncles et tous les hommes qu’il connaît. Il part en Is­raël une an­née, et quand il re­vient, rien n’a chan­gé. A 19 ans, il se confie à ses pa­rents qui le di­rigent vers Jo­nah, dont ils ont vu les pu­bli­ci­tés dans les jour­naux com­mu­nau­taires. Au to­tal, la fa­mille ver­se­ra 5 000 dol­lars au groupe pour un peu plus d’un an de thé­ra­pie. Ben a tout fait. Les séances in­di­vi­duelles, les thé­ra­pies de groupe, et même le week-end in­ti­tu­lé « Voyage dans la mas­cu­li­ni­té ».

Com­ment pré­tend-on gué­rir l’ho­mo­sexua­li­té? Qu’elles s’ap­pellent thé­ra­pie de « conver­sion », de « ré­pa­ra­tion » ou « d’af­fir­ma­tion de l’iden­ti­té sexuelle », toutes re­posent sur un pe­tit cor­pus d’idées as­sez simples, pour ne pas dire sim­plistes. « L’ho­mo­sexua­li­té n’est pas na­tu­relle, per­sonne ne naît gay, nous ex­plique ain­si Jo­seph Ni­co­lo­si, au­teur de nom­breux ou­vrages de ré­fé­rence dans ce do­maine et père de la thé­ra­pie très en vogue dite “ré­pa­ra­trice”. Il n’y a qu’à voir la fa­çon dont nos corps sont des­si­nés, un homme doit al­ler avec une femme. Le jeune gar­çon qui de­vient ho­mo­sexuel est éle­vé par une mère do­mi­na­trice, très forte, et un père as­sez faible émo­tion­nel­le­ment et dis­tant. Le jeune gar­çon est sou­vent très sen­sible, in­tro­ver­ti, ti­mide. S’y ajoute par­fois un grand frère cruel, qui le har­cèle, se moque de lui. C’est un sché­ma qui se ré­pète très sou­vent. » Jo­seph Ni­co­lo­si est au­jourd’hui à la tête de la plus grande cli­nique des Etats-Unis spé­cia­li­sée dans l’orien­ta­tion sexuelle, si­tuée à proxi­mi­té de

Ben a tout fait : les séances in­di­vi­duelles, les thé­ra­pies de groupe… “Un jour, mon ‘thé­ra­peute’ m’a avoué qu’il avait tou­jours des dé­si­rs ho­mo­sexuels. J’ai alors com­pris que ça ne mar­che­rait pas, et j’ai tout ar­rê­té.”

Los An­geles (Ca­li­for­nie). Il ré­prouve les mé­thodes de Jo­nah, qu’il juge trop violentes, mais il pro­pose le même genre de re­mèdes. Pour gué­rir les jeunes gar­çons, il faut les pous­ser à fré­quen­ter d’autres hommes. « Les ho­mo­sexuels sont à la re­cherche de mas­cu­li­ni­té, ils pensent l’ob­te­nir par le sexe, mais c’est faux, pour­suit

Ni­co­lo­si. En tis­sant des liens sains et proches avec d’autres hommes, ils vont enfin avoir cette in­ti­mi­té qu’ils n’ont ja­mais eue avec leur père. » Les jeunes pa­tients doivent aus­si s’éloi­gner de leur mère. « Les thé­ra­peutes

les aident, dé­taille Ni­co­lo­si. Ils jouent le rôle du bon père, qui ap­prend à son fils à dire non à sa mère. »

Les coachs de Jo­nah ont pous­sé cette théo­rie à l’ex­trême. Sur leurs conseils, Ben n’a plus adres­sé la pa­role à sa mère pen­dant des mois, la ren­dant res­pon­sable de tous ses maux. Il a même ac­cep­té de ta­per avec une ra­quette de ten­nis sur un oreiller por­tant une photo de celle-ci à s’en faire sai­gner les paumes de la main. Il s’est rap­pro­ché de son père, a ap­pris à fré­quen­ter des gar­çons de son âge. Lors de son wee­kend de thé­ra­pie, les yeux ban­dés, il a es­suyé pen­dant une longue et hu­mi­liante séance les in­sultes de ses coachs. « Ils nous criaient des­sus : “Sales pé­dés, cho­chottes…”, ra­conte Ben. En même temps, ils fai­saient re­bon­dir des bal­lons de basket par terre, le bruit était ef­frayant. Je crois que c’était cen­sé nous gué­rir… Quand je suis re­ve­nu de ce week-end, j’étais fier de moi, c’était dur et j’avais te­nu le coup. J’étais donc sûr d’ar­ri­ver à gué­rir. » Pour­tant, ses dé­si­rs res­tent les mêmes. Il se sent cou­pable, s’en­fonce dans la dé­pres­sion, pense au sui­cide. « Un jour, mon “thé­ra­peute” m’a avoué qu’il avait tou­jours des dé­si­rs ho­mo­sexuels. J’ai alors com­pris que ça ne mar­che­rait pas, et j’ai tout ar­rê­té. » Il fau­dra cinq ans à Ben pour « gué­rir » de ces thé­ra­pies. Au­jourd’hui, le jeune homme est ser­veur à New York. Il est gay, et sa fa­mille l’a enfin ac­cep­té.

Mi­chael, Chaim et Shel­don, les trois autres par­ties ci­viles, par­tagent de nom­breux points com­muns avec Ben. Au cours de leur édu­ca­tion, le su­jet de l’ho­mo­sexua­li­té n’a ja­mais été abor­dé. Tous ont contac­té Jo­nah à la sor­tie de l’ado­les­cence, et ont vou­lu croire qu’ils pour­raient chan­ger pour ne pas être re­je­té de leur com­mu­nau­té. « Tout au long de ma sco­la­ri­té, j’ai tou­jours été ex­clu, har­ce­lé par les autres car j’étais dif­fé­rent, ex­plique Chaim, 26 ans, qui suit au­jourd’hui des études d’in­fir­mier à Man­hat­tan. Au sein de Jo­nah, on m’a dit que je fai­sais par­tie d’un groupe, je les ai crus… Cette confiance m’a même pous­sé, un jour, à ac­cep­ter de me désha­biller de­vant mon “thé­ra­peute”. Ils m’ont dé­truit psy­chi­que­ment, j’ai eu honte très long­temps d’avoir en plus été vo­lon­taire. » Au­jourd’hui, Chaim as­sume d’être gay. Mi­chael, 31 ans, le seul plai­gnant à n’être pas juif mais mor­mon, est ma­rié avec son com­pa­gnon. « Je ne com­prends pas com­ment j’ai pu croire à toutes ces théo­ries. Jo­nah avait un dis­cours scien­ti­fique, très mar­ke­ting, et je ne de­man­dais qu’à chan­ger pour être en ac­cord avec la Bible… » Même si elles ont été éprou­vantes, les au­diences leur ont tous per­mis de tour­ner la page.

Ch­ris­to­pher Doyle n’a pas man­qué un épi­sode du pro­cès de Jo­nah. Et il juge que tous les plai­gnants « ont été ma­ni­pu­lés par des groupes pro-gays, et qu’ils n’ont pas vrai­ment tra­vaillé pour es­sayer de chan­ger ». Ci­té en tant qu’ex­pert par les avo­cats de Jo­nah, Doyle n’a pour­tant pas été au­to­ri­sé à té­moi­gner par le tri­bu­nal du New Jer­sey, qui n’a pas re­con­nu sa lé­gi­ti­mi­té scien­ti­fique. « En quoi suis-je moins scien­ti­fique que

les autres ? pro­teste-t-il. Ce pro­cès a été un si­mu­lacre, il va y avoir un ap­pel et j’es­père que Jo­nah va ga­gner. »

Ac­tuel­le­ment les thé­ra­pies dites de « conver­sion » sont in­ter­dites pour les mi­neurs dans quatre Etats, la Ca­li­for­nie, l’Ore­gon, le New Jer­sey et Washington D.C. Une di­zaine d’autres Etats, no­tam­ment ré­pu­bli­cains, du sud et du centre des Etats-Unis, ont vo­té contre cette in­ter­dic­tion. Ce n’est qu’en avril der­nier après le sui­cide d’un jeune trans­genre que ses pa­rents, très croyants, avaient for­cé à se « conver­tir » que le dé­bat est de­ve­nu na­tio­nal, avec la condam­na­tion pu­blique de ces pra­tiques par Ba­rack Oba­ma. Une loi pour in­ter­dire ces thé­ra­pies au ni­veau fé­dé­ral est ac­tuel­le­ment en dis­cus­sion au Congrès. Un vé­ri­table lob­by, consti­tué de pra­ti­ciens pro-« conver­sion », s’est consti­tué.

Au­cun d’entre eux ne craint la ju­ris­pru­dence « Jo­nah ». Tous jurent ne for­cer per­sonne à se conver­tir. « Aux jeunes hommes qui nous disent qu’ils sont ho­mo­sexuels et sou­haitent le res­ter, nous leur pro­po­sons juste de com­prendre les rai­sons, ex­plique Ni­co­lo­si. Nous po­sons des ques­tions et nous pro­po­sons des in­ter­pré­ta­tions. Par exemple, un jeune homme me dit qu’il trouve que le corps des femmes est ré­pu­gnant. Je lui ré­ponds : “Est-ce que ce­la a quelque chose à voir avec le fait que tu as dor­mi avec ta mère jus­qu’à tes 12 ans ?” » Ch­ris­to­pher

Doyle est plus di­rect. « Un pé­nis est fait pour en­trer dans un va­gin, c’est très simple. Ce n’est pas de la mo­rale. C’est de la biologie. Ils re­cherchent un gène de l’ho­mo­sexua­li­té, mais ils ne le trou­ve­ront ja­mais. Les scien­ti­fiques com­pren­dront alors que nous avons rai­son. »

Chaim, 26 ans, confie : “Ils m’ont dé­truit psy­chi­que­ment, j’ai eu honte très long­temps d’avoir en plus été vo­lon­taire.”

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