Vous êtes im­pé­ria­liste mais pas un na­tio­na­liste russe. Quelle est la nuance ?

L'Obs - - Débats -

Chez nous, nous ne pou­vons avoir un Etat avec une seule eth­nie. La Rus­sie compte par exemple une ving­taine de mil­lions de mu­sul­mans. Des mu­sul­mans qui n’ar­rivent pas d’Al­gé­rie ou d’ailleurs, comme en France. Ce sont des mu­sul­mans qui ont tou­jours ha­bi­té ici, de­puis des siècles. Ils sont des nôtres. Com­ment ana­ly­sez-vous la po­si­tion de Pou­tine sur l’Ukraine ? Il faut com­prendre le com­por­te­ment de Pou­tine. Il était très sa­tis­fait de ses jeux Olym­piques, le plus grand évé­ne­ment de sa vie. Il avait beau­coup pré­pa­ré ces étranges jeux Olym­piques d’hi­ver dans cette ré­gion sub­tro­pi­cale de Rus­sie, à Sot­chi. Et tout à coup, à Kiev, sur­git la ré­vo­lu­tion de Maï­dan, à mon avis me­née par les na­tio­na­listes ukrai­niens. Pou­tine était coin­cé. Il ne sa­vait que faire. Alors il s’est tour­né vers la Cri­mée, où j’avais ma­ni­fes­té plu­sieurs fois pour de­man­der la réuni­fi­ca­tion avec la Rus­sie. Pou­tine avait un pro­blème grave. Il sa­vait alors que notre peuple ne lui par­don­ne­rait pas s’il igno­rait le dé­sir de la Cri­mée de se réu­ni­fier avec la Rus­sie. Il connais­sait

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