Le film a été pré­sen­té pour Cannes au tout der­nier mo­ment. Est-ce parce que vous avez eu du mal à le ter­mi­ner ?

L'Obs - - Culture -

Le scé­na­rio est un ob­jet qui va dis­pa­raître, on le sait, mais il est né­ces­saire, il consti­tue le film. Au tour­nage, vous le la­mi­nez, il peut même ar­ri­ver que vous lut­tiez contre lui. Vous vous bat­tez contre les construc­tions trop mé­ca­niques, vous vi­vez tou­jours avec ce pa­ra­doxe : le ci­né­ma c’est du temps et de l’ar­gent, mais vous de­vez dé­truire tout ce qui a été fait jusque-là. Sur le pla­teau, la peur ne vous quitte ja­mais, tout est ten­sion et at­ten­tion, vous êtes face à l’in­con­nu, le ver­tige vous prend, c’est une drogue dure ! Au mon­tage, il y avait plu­sieurs films pos­sibles, l’ordre des sé­quences pou­vait être bou­le­ver­sé, ce sont tou­jours des ques­tions de do­sage. C’est seule­ment après le mixage, lors de la pro­jec­tion de la pre­mière bo­bine, que l’on com­mence à voir vrai­ment à quoi res­semble le film. Il y a quelque chose qui brille comme ça, dans le fond. Et ce que vous avez à ce mo­ment-là en face de vous, c’est pro­ba­ble­ment le projet rep­ti­lien, ce­lui que vous pen­siez avoir ou­blié entre-temps.

Ya­li­ni (Ka­lieas­wa­ri Sri­ni­va­san) face à Bra­him (Vincent Rot­tiers), pe­tit voyou qui règne sur la ci­té.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.