Pour l’amour du théâtre

PAR NA­THA­LIE RHEIMS, LÉO SCHEER, 312 P., 20 EU­ROS.

L'Obs - - Critiques - JACQUES NERSON

C’est l’his­toire d’une pauvre pe­tite fille riche, bien que son père cé­lèbre, qui pos­tu­lait alors à un siège à l’Aca­dé­mie, fût à l’abri du be­soin. Mais pauvre de ten­dresse et d’at­ten­tion, car ses pa­rents consacrent l’es­sen­tiel de leur temps à s’adon­ner cha­cun pour soi aux plai­sirs. Avec ça, mal dans sa peau, la pau­vrette. Bour­sou­flée par la cor­ti­sone in­gé­rée à haute dose pen­dant des an­nées. Et voi­là qu’un été dé­barque dans leur mai­son de va­cances, en Corse, un sé­dui­sant so­cié­taire de la Co­mé­dieF­ran­çaise dont elle tombe aus­si­tôt amou­reuse. (Le per­son­nage est re­con­nais­sable, mais Na­tha­lie Rheims pré­fère ne pas li­vrer son nom.) Le don Juan a trente ans de plus qu’elle : une paille ! Ce qui ne l’em­pê­che­ra pas de s’of­frir à lui le jour de ses 13 ans. S’en­suit une liai­son plus ar­dente du cô­té de la fillette que de l’adulte à la fois char­mé et ter­ri­fié par le risque. Néan­moins le bi­lan se­ra po­si­tif : ré­con­ci­liée avec elle-même, elle s’éprend de pas­sion pour le théâtre. Au point de le pré­fé­rer à son ini­tia­teur. Ce qui rend ce ro­man au­to­bio­gra­phique vio­lem­ment émou­vant, c’est la sur­vi­vance des émo­tions d’une ga­mine à peine pu­bère sous la plume de la nar­ra­trice. Quelle sau­va­ge­rie chez les en­fants des beaux quar­tiers quand le ver­nis vient à cra­quer !

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