Le 1er bai­ser les­bien

MO­ROC­CO (COEURS BRÛ­LÉS), PAR JO­SEF VON STERN­BERG. FILM AMÉ­RI­CAIN, AVEC GA­RY COO­PER, MAR­LENE DIE­TRICH, ADOLPHE MEN­JOU (1930, 1H31).

L'Obs - - Critiques - F. F.

Su­blime mé­lo dans le dé­sert : Ga­ry Coo­per ( pho­to), qui n’a ja­mais été aus­si beau, joue un lé­gion­naire lors de la guerre du Rif. Mar­lene Die­trich ( pho­to), dont c’est le pre­mier film amé­ri­cain, in­carne une chan­teuse va­ga­bonde. Adolphe Men­jou, l’homme le plus élé­gant de Hol­ly­wood à l’époque, est un mil­lion­naire amou­reux. Drame clas­sique ? Oui, mais mis en scène par Stern­berg, qui uti­lise toutes les res­sources de la lu­mière pour trans­for­mer l’in­trigue du ro­man de Ben­no Vi­gny (le beau-père de Charles Tre­net) en oeuvre d’art : il y par­vient en ma­gni­fiant chaque plan, mal­gré la dif­fi­cul­té des prises de son (c’est le dé­but du par­lant, les mi­cros ont la taille de bal­lons de foot, et Mar­lene ne parle pas an­glais). Le film est sur­tout cé­lèbre pour le pre­mier bai­ser les­bien de l’his­toire du ci­né­ma : scan­da­leux, mais le code Hays de cen­sure n’exis­tait pas en­core. On ne se lasse pas de cette ro­mance à trois sous, fil­mée comme un opé­ra ba­roque.

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