Da­niel Au­teuil en plein po­tage

L’EN­VERS DU DÉ­COR, DE FLORIAN ZEL­LER. THÉÂTRE DE PA­RIS, PA­RIS-9E, RENS. : 01-48-74-25-37.

L'Obs - - Critiques - JACQUES NERSON

Avec cette co­mé­die taillée sur me­sure pour Da­niel Au­teuil, Florian Zel­ler ne s’est pas cas­sé la tête : il re­prend à peu de chose près la si­tua­tion et les per­son­nages du « Men­songe », créé par Pierre Ar­di­ti en sep­tembre der­nier. Da­niel n’ose pas avouer à sa femme Isa­belle qu’il a in­vi­té Pa­trick, son meilleur ami, à dî­ner chez eux avec sa nou­velle com­pagne. Sa­chant que la rup­ture de Pa­trick avec son épouse scan­da­lise Isa­belle, pour­quoi diable se four­rer dans ce guê­pier ? Seule nou­veau­té par rap­port au « Men­songe », l’au­teur donne à en­tendre non seule­ment les pa­roles mais aus­si les pen­sées des hé­ros en re­cou­rant à l’apar­té, pro­cé­dé dé­jà en usage chez les Ro­mains deux cents ans avant Jé­sus-Ch­rist. L’amu­sant, c’est qu’il a l’air de s’en croire le dé­cou­vreur. Avec un brouet aus­si clair pour tout po­tage, on reste sur sa faim. Dom­mage aus­si qu’Au­teuil as­sure la mise en scène lui-même. Di­ri­gé, il se­rait plus sin­cère, par­tant plus drôle, en ma­ri im­pru­dent qui tente de jouer au plus fin avec sa femme. Va­lé­rie Bonneton (Isa­belle) s’en sort mieux. Ses chat­te­ries sont d’une ré­jouis­sante perfidie. On plaint Pauline Le­fèvre (la sou­ris de Pa­trick) de tom­ber sous sa gri e. La salle riait l’autre soir. La scène où Au­teuil se met en rogne avait au­tant de suc­cès que sa co­lère ho­mé­rique de na­guère dans « Nos femmes », d’Eric As­sous. Mais com­ment ne pas re­gret­ter qu’un ac­teur pa­reil bou­le­varde dans pa­reil spec­tacle, pri­vé de toute am­bi­tion ar­tis­tique ?

Da­niel Au­teuil et Pauline Le­fèvre dans « l’En­vers du dé­cor ».

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