TRUMP POUR­QUOI IL PEUT EN­CORE GA­GNER

On pen­sait que le suc­cès de ce nar­cisse apo­li­tique n’était qu’un feu de paille po­pu­liste. Pour­tant, même s’il n’est ar­ri­vé que deuxième en Io­wa, il reste le grand fa­vo­ri pour rem­por­ter le New Hamp­shire et l’in­ves­ti­ture ré­pu­bli­caine

L'Obs - - Grands Formats - DE NOTRE EN­VOYÉ SPÉCIAL DANS LE NEW HAMP­SHIRE, PHI­LIPPE BOU­LET- GERCOURT

Son hui­tième mee­ting ! Bob Delisle les épingle amou­reu­se­ment, comme un en­to­mo­lo­giste, ses pa­pillons : trois dans le Mas­sa­chu­setts, cinq dans le New Hamp­shire. Ce­lui de Lo­well (MA), où 8 000 per­sonnes ont poi­reau­té plus d’une de­mi-heure dans un froid si­bé­rien pour voir Do­nald Trump. Ce­lui de Cla­re­mont (New Hamp­shire), où l’at­tente avant de se mettre au chaud a dé­pas­sé une heure. Ce­lui d’au­jourd’hui au ly­cée de Con­cord (NH), où près de mille fans se sont ge­lé les pieds, au beau mi­lieu d’un jour fé­rié, avant de pou­voir pé­né­trer dans le gym­nase. « J’es­saie d’al­ler à au­tant de réu

nions élec­to­rales de Trump que pos­sible, confie ce jeune re­trai­té qui a fait mille bou­lots avant de po­ser son sac. Chaque fois, il me donne

la pêche. » Trump l’a fer­ré dès le pre­mier jour avec son dis­cours

sur l’im­mi­gra­tion, mais c’est avec autre chose qu’il l’a sé­duit. Un

sen­ti­ment plus com­plexe, plus dif­fus : la nos­tal­gie. « Je rêve de l’Amé­rique que j’ai connue quand j’étais ga­min, dit Bob. La ville où je vi­vais à l’époque, c’était le pa­ra­dis. Pas une vie fa­cile, non, il fal­lait bos­ser. Mais il y avait des usines, du bou­lot. Per­sonne ne se sou­ciait

de rien. C’est après que le pays est par­ti en vrille… » Tou­jours fa­vo­ri mal­gré sa dé­con­ve­nue à l’is­sue du pre­mier ren­dez-vous des pri­maires dans l’Io­wa, il n’est ar­ri­vé que deuxième (24%), der­rière Ted Cruz (28%) et juste de­vant Mar­co Ru­bio (23%), dont la per­cée a sur­pris tout le monde.

Mais quelle est donc cette Amé­rique qui sou­tient Do­nald Trump ? Celle des nos­tal­giques, comme Bob ? Celle des im­pa­tients, comme Mau­reen, une mère de fa­mille du Maine qui a fait deux heures de route avec sa fille pour écou­ter à Con­cord cet homme « qui ­ré­sou­dra nos pro­blèmes dans tous les do­maines, sur­tout

l’éco­no­mie » ? Ou bien celle de Ross, dont c’est le ­deuxième mee­ting et qui pose au can­di­dat une ques­tion sur les pièces dé­ta­chées « mer­diques » im­por­tées de Chine qui ont rem­pla­cé le proud­ly made in the USA (« fa­bri­qué avec fier­té aux Etats-Unis »), Ross qui n’a

au­cun doute sur les « mo­tifs purs et sin­cères » du mil­liar­daire. « Pour­quoi, au­tre­ment, vou­drait-il de­ve­nir le ca­pi­taine d’un na­vire en per­di­tion ? Il est l’un des hommes les plus riches des Etats-Unis ! »

C’est tou­jours la même his­toire avec les po­pu­listes : la sé­duc­tion est élec­trique et sou­vent im­mé­diate, mais ses res­sorts sont com­plexes. Un homme comme Trump est un livre ou­vert, un nar­cisse sans sur­moi qui dit ce qu’il pense et ne change pas de re­gistre. Une cible fixe, di­rait un chas­seur. « Pied-tendre »,

« char­la­tan », « gros­sier », aux idées « stu­pides », ayant « un faible in­ouï pour la flat­te­rie » et un père « qui l’a ren­floué grâce à un prêt

illé­gal sous forme de je­tons de ca­si­no », ac­cu­sait ré­cem­ment un édito de la « Na­tio­nal Re­view », l’or­gane in­fluent des conser­va­teurs. Mais ses sup­por­ters ? Là, les choses se corsent. Leur ADN n’est pas

­idéo­lo­gique : moins d’un tiers s’iden­ti­fient au Tea Par­ty, 20% se dé­crivent même comme étant de gauche ou mo­dé­rés. En­core plus éton­nant : Trump fait un car­ton (43%, se­lon une en­quête Ci­vis Ana­ly­tics) chez d’an­ciens élec­teurs dé­mo­crates de­ve­nus sym­pa­thi­sants ré­pu­bli­cains sous Oba­ma, mais qui res­tent ins­crits sur les listes élec­to­rales comme dé­mo­crates. Un peu plus de la moi­tié de ses fans sont des femmes, comme Mau­reen, pas re­bu­tées par les in­sultes sexistes dont il est ca­pable. Beau­coup, comme Bob ou Ross, sont des hommes blancs qui n’ont pas fait d’études uni­ver­si­taires. Et Trump ne sé­duit pas les jeunes : plus de 80% de ses sym­pa­thi­sants ont au moins 45 ans. Géo­gra­phi­que­ment, ses élec­teurs partent plu­tôt du golfe du Mexique et re­montent vers l’est en sui­vant les Ap­pa­laches, jus­qu’au nord de l’Etat de New York.

Touches im­pres­sion­nistes, ces en­quêtes ne disent rien de leurs mo­ti­va­tions. Quelles sont-elles ? Le re­jet de l’im­mi­gra­tion ? Pour Bob Delisle, au­cun doute, « nous ne pou­vons pas avoir à la fois des fron­tières ou­vertes et un fi­let social de sé­cu­ri­té. C’est l’un ou

l’autre ». Il vit à Lynn, une ban­lieue au nord de Bos­ton qui a connu ces der­nières an­nées un af­flux d’im­mi­grants d’Amé­rique cen­trale. « Mon ex-femme, qui tra­vaille dans la san­té, voit tous les jours ce que ce­la donne. Elle ne s’in­té­resse pas à la po­li­tique, mais, à l’an­nonce de

sa can­di­da­ture, Trump avait son vote. » A l’échelle du pays, pour­tant, 2016 n’a rien d’un raz de ma­rée. Ain­si, pour le Mexique, le solde net mi­gra­toire est même de­ve­nu né­ga­tif ces der­nières an­nées : un mil­lion de Mexi­cains sont ren­trés dans leur pays quand seule­ment 870 000 ont fait le tra­jet in­verse.

L’éco­no­mie ? « On nous res­sasse la co­lère de la classe moyenne, et c’est vrai que les sa­laires n’ont pas pro­gres­sé au même rythme que la crois­sance. Mais tout de même, glo­ba­le­ment, l’éco­no­mie amé­ri­caine est en très bonne san­té. Le chô­mage a di­mi­nué de moi­tié de­puis l’ar­ri­vée au pou­voir d’Oba­ma », af­firme Larry Sa­ba­to, di­rec­teur du

centre d’études po­li­tiques de l’uni­ver­si­té de Vir­gi­nie. Oui, mais… Comme pour l’im­mi­gra­tion, c’est plus une an­goisse dif­fuse à pro­pos de l’ave­nir que ces Amé­ri­cains ex­priment en sou­te­nant Trump. An­xié­té ali­men­tée par la stag­na­tion bien réelle des sa­laires et par l’aug­men­ta­tion des in­éga­li­tés. « Beau­coup de gens sont an­xieux sur le plan éco­no­mique, ils ont le sen­ti­ment de ne pas pro­fi­ter de la

­crois­sance, note Alan Abramowitz, prof de sciences po­li­tiques à l’uni­ver­si­té Emo­ry, à At­lan­ta. Seuls les plus riches tirent les mar

rons du feu. » An­goisse jus­ti­fiée, aus­si, pour les cols bleus sans di­plôme uni­ver­si­taire. D’ici à 2024, se­lon le Dé­par­te­ment du ­Tra­vail, l’Amé­rique per­dra 800 000 em­plois ma­nu­fac­tu­riers ; sur 20 postes créés, 19 le se­ront dans les ser­vices ; et les sec­teurs connais­sant la plus forte pro­gres­sion sont pour­voyeurs d’em­plois exer­cés sur­tout par des femmes.

L’an­xié­té pro­pulse la fu­sée Trump. Mais quelle an­xié­té ? « Les gens ont ten­dance à nier leurs an­goisses ou sont in­cons­cients de leur na­ture, ana­lyse Lise Van Sus­te­ren, une psy­chiatre ré­pu­tée de Wa­shing­ton. L’an­xié­té, ce n’est pas une simple ligne al­lant de A à B.

Plu­tôt une pis­cine opaque. » Un mé­lange de peurs réelles, d’ap­pré­hen­sions à pro­pos de l’ave­nir, de mé­fiance gé­né­ra­li­sée en­vers

toutes les ins­ti­tu­tions… « Le pape lui-même a dit que nous étions au bord du pré­ci­pice, rap­pelle la psy­chiatre. Même si les gens ne se rap­pellent pas pré­ci­sé­ment ces mots, le sen­ti­ment rôde. Et Trump fond sur cette proie comme un chat, il est très ha­bile pour sai­sir le “Zeit­geist” [l’es­prit du temps, NDLR], cette idée que les forces ma­lé­fiques d’autres pays vont nous faire la guerre, que l’im­mi­gra­tion nous vole nos jobs, que les hommes sont émas­cu­lés par la crise ou même, sim

ple­ment, le fait que la vie n’a pas te­nu ses pro­messes. » Cette an­xié­té mê­lée de sen­ti­ment d’échec pro­fite à un po­pu­liste comme Trump, et Lise Van Sus­te­ren com­pare son at­trait à ce­lui du gros dur dans la cour de ré­cré : « Il sé­duit ceux qui ne sont ni les plus ba­ra­qués ni les plus co­ol, pas des ath­lètes et pas non plus les pre­miers de la classe. En d’autres termes, des “kids” qui n’au­raient au­tre­ment pas voix au

cha­pitre se rangent der­rière le caïd au style agres­sif. » Dans les études d’opi­nion, l’au­to­ri­ta­risme de Trump ar­rive en tête des mo­ti­va­tions à le sou­te­nir. Chez les élec­teurs ré­pu­bli­cains, se­lon une étude pi­lo­tée par l’uni­ver­si­té du Mas­sa­chu­setts, il a dé­jà cap­tu­ré 43% de ceux qui veulent un lea­der au­to­ri­taire fort, et il pour­rait éga­le­ment sé­duire les in­dé­pen­dants et les dé­mo­crates (ces der­niers net­te­ment moins nom­breux) qui rêvent éga­le­ment d’un chef à poigne.

UN RÉ­PER­TOIRE FAS­CISTE

Ce sont les mots du fas­cisme. L’au­to­ri­ta­risme de Trump est ce­lui d’un homme pro­vi­den­tiel, sa dif­fé­rence avec les tri­buns du pas­sé étant qu’il tire sa lé­gi­ti­mi­té d’une pré­ten­due ap­ti­tude d’homme d’af­faires à « né­go­cier des deals », en­ten­dez : à sou­mettre l’autre par­tie à sa vo­lon­té. Trump a un pro­gramme vague et mi­ni­mal (et sou­vent ab­surde), il ne pro­pose pas de so­lu­tions, il EST la so­lu­tion.

« He gets things done » ( « il ob­tient des ré­sul­tats »), dit Mau­reen, à Con­cord, une phrase que les sup­por­ters de Trump res­sassent comme un man­tra. Sa seule pré­sence à la Mai­son-Blanche fe­ra trem­bler les en­ne­mis et ré­sou­dra les dif­fi­cul­tés, comme par en­chan­te­ment. Un autre trait fas­ciste de Trump est son na­ti­visme. Comme dans un conte de fées, il pro­pose de construire un mur avec le Mexique, do­té d’une « grande et belle porte », der­rière la­quelle, a-t-on en­vie d’ajou­ter, se trou­ve­ra un royaume heu­reux dé­bar­ras­sé de toute pol­lu­tion étran­gère. Le sym­bo­lisme va bien au-de­là d’une pause dans l’im­mi­gra­tion. « Les Blancs, en par­ti­cu­lier les hommes blancs, voient leur Amé­rique “al­ler de mal en pis”, autre fa­çon de dire qu’ils ne sont plus aux com­mandes, sou­ligne

Larry Sa­ba­to. Ils se­ront mi­no­ri­taires en 2042, ce n’est plus très

loin. » Ils s’ac­crochent à un pas­sé idéa­li­sé et à une pu­re­té ­ima­gi­naire, en­core un mot du ré­per­toire fas­ciste que l’on ren­contre sou­vent dans les idées de Trump.

“UN CAÏD PEU SÛR DE LUI”

On a fait beau­coup de cas de l’ex­pres­sion lit­té­rale de cette « pu­re­té » chez le can­di­dat : sa peur des mi­crobes, sa ré­pu­gnance à ser­rer les mains, son dé­goût pour les fonc­tions phy­sio­lo­giques des femmes. C’est plu­tôt le signe d’une per­son­na­li­té net­te­ment plus trou­blée qu’il n’y pa­raît, de même que son au­to­ri­ta­risme nar­cis­sique est « ce­lui d’un caïd pro­fon­dé­ment peu sûr de lui-même, en réa­li­té, d’un

type qui com­pense son in­sé­cu­ri­té avec une confiance af­fi­chée », note Lise Van Sus­te­ren. La pu­re­té at­trayante de Trump est plu­tôt dans son dis­cours na­ti­viste et dans la sym­bo­lique qui en­toure le can­di­dat : il des­cend du ciel comme un mes­sie, dans son grand Boeing do­ré, et jus­qu’au sprint fi­nal de ces der­nières se­maines, il re­par­tait le plus sou­vent dor­mir à New York dans des draps qu’on ima­gine mo­no­gram­més et bro­dés d’or. Cette « pu­re­té » sé­duit un élec­to­rat de droite dé­goû­té de fa­çon par­fois ob­ses­sion­nelle – et ra­ciste – par le « mé­tis­sage » du pays.Trump ac­tionne-t-il tous ces res­sorts du fas­cisme de ma­nière consciente ? Ques­tion fas­ci­nante... « Je crois qu’il y a une grande part de spon­ta­néi­té chez lui, es­time Jesse ­Gra­ham, pro­fes­seur de psy­cho­lo­gie à l’uni­ver­si­té de Ca­li­for­nie du Sud. Il a ap­pris, avec tous les deals qu’il a né­go­ciés, qu’il était avantageux de se com­por­ter en per­son­nage puis­sant et do­mi­nant, de ri­di­cu­li­ser ses ad­ver­saires à tout pro­pos, à moins qu’il n’ait be­soin d’eux, et de ne ja­mais pré­sen­ter d’ex­cuses. Par exemple, je doute qu’il se soit ja­mais pen­ché sur l’abon­dante re­cherche éta­blis­sant un lien entre conser­va­tisme et sen­si­bi­li­té au dé­goût. Le dé­goût, chez lui, est sim­ple­ment une fa­çon par­mi d’autres d’in­sul­ter les gens. » Conscient ou pas, Trump se moque de ces sub­ti­li­tés car – nou­veau trait fa­mi­lier du fas­cisme – il n’est pas seule­ment « im­po­li­tique », au sens où il pré­tend « dire les choses comme elles sont » sans se sou­cier du po­li­ti­que­ment cor­rect, mais apo­li­tique. Ted Cruz fait lui aus­si ses choux gras de l’hos­ti­li­té aux ar­ran­ge­ments tra­di­tion­nels de la po­li­tique, mais il siège au Sé­nat. Trump, lui, est en de­hors. Ailleurs. Com­ment contrô­ler un tel ov­ni ? Cer­tains, aux Etats-Unis, com­mencent à ima­gi­ner l’in­ima­gi­nable : un pré­sident Trump. On les trouve dans les quar­tiers de gauche, où des ha­bi­tants qui n’ont ja­mais croi­sé un élec­teur de l’autre bord (voir l’in­ter

view de Sa­muel Gold­man, p. 63) ont vite fait de fan­tas­mer sur une épi­dé­mie de che­mises brunes. Mais on les ren­contre aus­si, et c’est plus in­quié­tant, chez cer­tains res­pon­sables ou fi­nan­ciers ré­pu­bli­cains, qui com­mencent à se de­man­der si Trump, après tout, ne se­rait pas le can­di­dat idéal face à Hilla­ry Clin­ton. On ne peut s’em­pê­cher de pen­ser aux jeux troubles des conser­va­teurs et hommes d’af­faires al­le­mands de­vant la mon­tée de Hit­ler. Mais, à trop pous­ser la com­pa­rai­son, on risque de tom­ber dans l’ab­surde. Les contextes po­li­tiques n’ont rien à voir. « Si Trump rem­porte la nomination du Par­ti ré­pu­bli­cain, je ne crois pas qu’il de­vien­dra plus ac­cep­table aux yeux du reste de la po­pu­la­tion, es­time Alan

­Abramowitz, à Emo­ry. Il n’a pas de marge de ­pro­gres­sion. Sur un su­jet comme l’im­mi­gra­tion, la plu­part des Amé­ri­cains sou­tiennent le prin­cipe d’une lé­ga­li­sa­tion, d’une ré­gu­la­ri­sa­tion, d’un ­che­min vers la ci­toyen­ne­té. Et puis, si vous re­gar­dez ses scores par­mi les dé­mo­crates ou même les in­dé­pen­dants, ils sont exé­crables. Il a le plus fort taux d’opi­nions né­ga­tives de tous les can­di­dats ré­pu­bli­cains, il est très im­po­pu­laire chez les Afro-Amé­ri­cains, les la­ti­nos… Je ne le vois vrai­ment pas créer la sur­prise dans une cam­pagne gé­né­rale. » A moins que… Une vic­toire (im­pro­bable) de Ber­nie San­ders au sein du Par­ti dé­mo­crate, une can­di­da­ture de Mi­chael Bloom­berg comme in­dé­pen­dant pour­raient en­core in­jec­ter de l’in­cer­ti­tude, si c’est pos­sible, dans cette pré­si­den­tielle de dingues.

Quand on lui de­mande si son cham­pion au­rait une chance contre Hilla­ry, Bob Delisle éclate de rire, stu­pé­fait : « Evi­dem­ment !

Quelle ques­tion ! » La po­la­ri­sa­tion de la vie po­li­tique, la haine d’Oba­ma et la dé­tes­ta­tion de Hilla­ry Clin­ton sont telles chez ces sup­por­ters de Trump qu’ils évo­luent dans un monde al­ter­na­tif où les évé­ne­ments les plus im­pro­bables se sont trans­for­més en cer­ti­tudes. « Il va ga­gner, dit Ross. Vous ver­rez, il ne fe­ra qu’une bou

chée de Hilla­ry. » La foi aveugle des croi­sés.

Des sup­por­ters et sup­por­trices de Do­nald Trump lors de sa cam­pagne élec­to­rale à Rich­mond en Vir­gi­nie, le 14 oc­tobre 2015.

Une al­lo­cu­tion du can­di­dat Trump, lors d’un ras­sem­ble­ment à l’aé­ro­port de Du­buque dans l’Io­wa, le 30 jan­vier.

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