LE CODE A CHAN­GÉ

MODE HOMME AU TOMNE / HI­VER 20 16 20 1 7

L'Obs - - Tendances - par SO­PHIE FON­TA­NEL

Au­tre­fois, les fa­shion weeks pour hommes se dis­tin­guaient par leur mo­no­to­nie. Et voi­ci qu’en deux ans, elles sont de­ve­nues ex­ci­tantes. C’est là que ça se passe, dé­sor­mais. Si la po­li­tique fran­çaise se droi­tise, la mode pour hommes, elle, s’ori­gi­na­lise. La no­tion même de clas­sique est en train d’être pul­vé­ri­sée. Ce qui était fou hier est ba­sique au­jourd’hui. Et même s’il fau­dra du temps à l’homme lamb­da pour adhé­rer à cette in­édite li­ber­té ves­ti­men­taire, le monde de la mode a bon es­poir : les hommes en­fer­més dans des cos­tumes ne le se se­ront plus long­temps. Ou alors de telle ma­nière qu’ils se­ront mé­con­nais­sables. Et, en­fin, re­mar­quables. Et re­mar­qués. Car il s’agit bien là de se dis­tin­guer. Voyons ça de plus près. —

LA CHAUS­SETTE DE COU­LEUR Le pan­ta­lon gris de pa­pa, le man­teau gris de pa­pé (le tout, d’ailleurs, au tom­bé par­fait), mais avec des chaus­settes vertes. Les chaus­sures à pois sont

en op­tion. Cette sai­son,

Paul Smith pleure Bo­wie, comme tout le monde, mais

est un des seuls à sa­voir

si bien le res­sus­ci­ter.

LE FOU­LARD

FOU Un pull gris, cha­cun en a un. Des bas­kets et un man­teau, idem. Main­te­nant, res­sor­tir le fou­lard à mo­tifs presque ca­che­mire, dé­dai­gné ces der­nières an­nées jusque dans les fri­pe­ries, c’est l’idée

pro­di­gieuse de Vé­ro­nique Ni­cha­nian, chez Her­mès. Com­bien de temps un homme peut-il gar­der au cou un aus­si bel ac­ces­soire avant de se le faire

dé­ro­ber par une femme ? C’est à voir. (Et, oui, le sac est

fan­tas­tique.)

LA MOU­MOUTE IN­TÉ­GRALE Sor­ti d’un wes­tern spa­ghet­ti, mais ne fai­sant pas du tout une sil­houette spa­ghet­ti, voi­ci le vê­te­ment Dolce

& Gab­ba­na le plus chaud et sen­suel du monde. Il fau­drait vivre nu de­dans, mais

ne grillons pas les étapes. Le code ne change que

à pas !

Il vient se mettre entre la veste et la che­mise, et en­lève à n’im­porte quelle te­nue de pre­mier de la classe ce qu’elle pour­rait avoir de las­sant. Ce col

à la fois utile et su­per­flu est à l’image

de la poé­sie du show Pra­da. LE FAUX

COL

L’ANO­RAK À DOS Non, les sangles que l’on voit sur le torse de ce jeune homme ne main­tiennent pas un sac à dos mais un ano­rak Die­sel

Black Gold. C’est une nou­velle fa­çon de (ne pas) por­ter les choses. Sa­voir

in­ven­ter une at­ti­tude est un ta­lent.

LE VE­LOURS

LISSE Ah, il avait dis­pa­ru…

Fen­di fait re­ve­nir, comme si de rien n’était,

cette ma­tière très fra­gile, qui se froisse et « marque » au moindre mou­ve­ment. Il va fal­loir

bien se te­nir !

LE SAC À GRAND DOS

Tout étonne en per­ma­nence chez

J.W. An­der­son. La bien­fai­sante sim­pli­ci­té

de cette be­sace, quelque chose de doux

dans sa cou­leur, son ab­so­lue nou­veau­té dans la fa­mille des sacs, c’est un peu un en­semble de choses qui abou­tit à créer du dé­sir pour cet

ac­ces­soire. Le plus convoité de cette sai­son.

LA CEIN­TURE IN TER MI

NA BLE

Ce­lui qui au­rait peur d’avoir un truc long qui pend à l’en­droit où, en gé­né­ral, tout est sup­po­sé s’éle­ver pas­se­ra son che­min. D’autres, mieux dans leur peau, ver­ront tout de suite que ce dé­tail de chez MSGM est ab­so­lu­ment dément.

LE BON­NET À POM­PONS

Ce bel ob­jet fou d’ori­gi­na­li­té semble

im­pro­bable. Mais la sai­son der­nière, les

mo­cas­sins four­rés de Guc­ci le sem­blaient aus­si. De même les blouses à la­val­lière

pour hommes. Et main­te­nant on les voit par­tout. En mode, ne ja­mais sous-es­ti­mer

le pas­sage à l’acte.

LA “BÛCHEREUSE” Entre la che­mise de bû­che­ron et la va­reuse, voi­ci la « bûchereuse ». Quand on par­vient à nom­mer une chose, on la fait exis­ter. Longue vie

à cette in­so­lite sur­veste Bottega

Veneta, qui est une vraie bête étrange, tout en res­tant

clas­sique.

LA DOU­BLURE

BLANCHE

La ru­desse de la par­ka rus­tique trans­cen­dée par le moel­leux et le vir­gi­nal.

C’est chez Bur­ber­ry. La dou­blure se dé­tache et se lave : l’ap­pa­ri­tion d’une nou­velle co­quet­te­rie est tou­jours in­té­res­sante à ob­ser­ver.

LA COIFFE GÉANTE

La te­nue est ap­pa­rem­ment si in­tem­po­relle qu’elle

pour­rait être celle d’un tra­der au re­pos. Sauf que le bon­net en pièce mon­tée change tout. On a vu les bon­nets ar­ri­ver de­puis quelques sai­sons, et c’est une

ju­bi­la­tion de les re­gar­der se dé­ployer en coiffes chez Dior.

Le ca­ban, la che­mise blanche, les tennis noires.

Que du ba­nal (quoique, coupe fa­bu­leuse de la veste) avec… un pan­ta­lon mauve. Des gens s’ha­billent (presque) comme ça de­puis

un siècle à L’Ile-d’Yeu sans se sa­voir aus­si hype qu’un man­ne­quin d’Acne Stu­dios ! LE ROSE MAS­CU­LIN

LE DUFFLE

SCHI­ZO L’ha­bit qu’on achète dès qu’on va en Bre­tagne ou en Nor­man­die. Pas­sé par l’es­prit des Ja­po­nais

de Sa­caï, qui dé­testent le lisse et l’en­nui : ça donne cette chose bi­goût, même pas ab­surde.

LES RAYURES ROUGES La forme et le tis­sage sont in­tem­po­rels, le man­teau pour­rait donc pas­ser in­aper­çu, sauf qu’il est d’un rouge sub­til et au­da­cieux.

Le rouge est une cou­leur plau­sible dans le ves­tiaire mas­cu­lin, mais c’est juste fou et fort de la part de

Raf Si­mons de la trai­ter ici de cette fa­çon.

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