AN­DRÉ COMTE-SPON­VILLE, LE ROL­LING STONE DE LA CONFÉ­RENCE

L'Obs - - Grands Formats -

Je suis loin d’être bon mar­ché… » confiait sur un pe­tit ton de fier­té An­dré Com­teS­pon­ville lors d’une confé­rence don­née pour l’école de ma­na­ge­ment Au­den­cia en 2011. Ren­du cé­lèbre par son best-sel­ler « Pe­tit trai­té des grandes ver­tus », un des pre­miers du genre, ven­du à 300 000 exem­plaires voi­ci vingt ans, le phi­lo­sophe de 63 ans est au­jourd’hui l’une des stars de la confé­rence, un vé­ri­table Rol­ling Stone du speech en en­tre­prise. A l’ins­tar des vieux ro­ckers qui sortent ré­gu­liè­re­ment un disque ser­vant de pré­texte à en­chaî­ner sur une tour­née, l’an­cien pro­fes­seur de la pres­ti­gieuse Sor­bonne pu­blie un livre tous les deux ans, qu’il va en­suite dé­cli­ner en en­tre­prise. « Il en a fait un bu­si­ness, dit Ni­co­las Teil, de l’agence Minds. C’est sa fa­çon de ga­gner sa vie, même si écrire reste im­por­tant. » Ses thèmes de pré­di­lec­tion sont «le bon­heur au tra­vail » et « la mo­ti­va­tion ». Il a même sur le ma­na­ge­ment une confé­rence type qu’on peut l’en­tendre ré­pé­ter au mot près à plu­sieurs an­nées d’in­ter­valle dans des vi­déos sur YouTube. « Votre mé­tier se­ra de faire tra­vailler les autres, dé­clare-t-il aux fu­turs ma­na­gers, ça a tou­jours été dif­fi­cile, le mé­tier de faire tra­vailler les autres. Vous sa­vez, au fond, gar­dien d’es­claves, ça ne de­vait pas non plus être drôle tous les jours. Oui, mais ma­na­ger, c’est en­core beau­coup plus dif­fi­cile. Parce que jus­te­ment, les sa­la­riés ne sont pas des es­claves. Ce sont des sa­la­riés. Au­tre­ment dit,le fouet fait dé­faut. C’est pour ça qu’on a in­ven­té le ma­na­ge­ment. » La so­cié­té que Comte-Spon­ville a fon­dée avec sa com­pagne, L’Art de confé­rer, est l’une des plus ac­tives du sec­teur. Elle a af­fi­ché un bé­né­fice de 129000 eu­ros net fin 2014 (les comptes 2015 ne sont pas en­core ar­rê­tés). C. M.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.