LE CRI DE LA CA­ROTTE

L'Obs - - Grands Formats - A. G.

Pour­quoi les vé­ganes, qui

re­fusent d’in­fli­ger des souf­frances aux ani­maux parce qu’ils sont des êtres sen­sibles, ne tiennent-ils pas compte de l’éven­tuelle

« sen­si­bi­li­té » des vé­gé­taux ? Parce que, « jus­qu’ici, per­sonne n’a prou­vé l’exis­tence de la dou­leur chez les vé­gé­taux, donc l’ar­gu­ment ne tient

pas », ba­laie Ay­me­ric Caron. Les scien­ti­fiques ont pour­tant dé­mon­tré qu’il existe une in­tel­li­gence vé­gé­tale, qui s’ex­prime no­tam­ment par une dé­fense contre les pré­da­teurs. L’aca­cia, par exemple, pro­duit du gaz éthy­lène pour pré­ve­nir ses

« congé­nères » qu’une an­ti­lope va les gri­gno­ter : ceux-ci pro­duisent alors

des feuilles pleines de ta­nin, donc in­di­gestes. La to­mate at­ta­quée par un ra­va­geur en­joint aux co­pines alen­tour de fa­bri­quer des en­zymes de

dé­fense via un cham­pi­gnon qui se trouve sur sa ra­cine. Si per­sonne n’a prou­vé que la ca­rotte,

le thym ou le na­vet souffrent, on sait en tout

cas que les plantes cherchent à échap­per aux évé­ne­ments « dé­plai­sants ». Evé­ne­ments qui sont, chez nous les hu­mains, sou­vent nap­pés de vi­nai­grette.

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