Ce que vous de­vez sa­voir sur le

Deux tiers des Fran­çais en consomment ré­gu­liè­re­ment, et pour­tant les condi­tions de fa­bri­ca­tion des pro­duits bio ne sont pas bien connues – d’où un fan­tasme en­core te­nace sur “des pro­duits ven­dus plus cher pour des rai­sons mar­ke­ting”. Qu’en est-il ?

L'Obs - - Grands For­mats | En Cou­ver­ture - AR­NAUD GON­ZAGUE

C’est une bro­chure pu­bli­ci­taire de douze pages d’un beau jaune so­leil, im­pri­mée sur pa­pier épais et dont les mé­dias ont été ar­ro­sés en ce dé­but d’an­née. Elle dé­taille les ver­tus de la pomme « Ariane Les Na­tu­rianes® », fruit ver­meil ap­pé­tis­sant et pa­ré de mille ver­tus : Ariane se­rait « en­ga­gée pour le res­pect de l’en­vi­ron­ne­ment » et ré­pon­drait aux cri­tères d’une « agriculture rai­son­née » qui en­tend « pro­duire le plus na­tu­rel­le­ment pos­sible ». Bref, elle a bien l’air d’une pomme is­sue de l’agriculture bio­lo­gique. Sauf que non. Notre cham­pionne n’a re­çu au­cun des la­bels exis­tants (voir en­ca­dré p. 30) et, sous sa peau lui­sante, elle contient, comme tout ce que pro­duit l’agriculture « conven­tion­nelle » (donc non bio), son lot d’en­grais, d’in­sec­ti­cides, d’her­bi­cides et de fon­gi­cides tout droit sor­tis des usines agro­chi­miques. La dé­cré­ter « res­pon­sable », « na­tu­relle » ou « cli­ma­toin­tel­li­gente » ne si­gni­fie rien… sauf que le bio est ap­pa­rem­ment la ten­dance à sin­ger pour sé­duire les consom­ma­teurs en­ga­gés (ou in­quiets) que nous sommes de­ve­nus. « Mais il faut le rap­pe­ler : le terme “bio” est une ap­pel­la­tion pro­té­gée par la loi, ça veut dire quelque chose, sou­ligne Jacques Ca­plat, agro­nome et eth­no­logue, au­teur de plu­sieurs es­sais (1) sur la ques­tion. Ce n’est pas le re­tour à “l’agriculture d’an­tan”, mais le res­pect d’un ca­hier des charges très pré­cis, sys­té­ma­ti­que­ment contrô­lé. »

Les Fran­çais sont nom­breux à pen­ser que les pro­duits éti­que­tés bio sont meilleurs pour la san­té, et glo­ba­le­ment ils n’ont pas tort (voir p. 32). Pas tort non plus quand ils es­timent que le bio pour­rait in­car­ner une so­lu­tion d’ave­nir pour une pay­san­ne­rie em­pê­trée dans la crise (voir p. 34). Mais pour com­prendre en quoi cette pra­tique est si ré­vo­lu­tion­naire, il faut re­ve­nir à ce qui de­vrait être le b.a.-ba de l’agriculture : le sol. « Vous sentez sous vos pieds ? ques­tionne Thier­ry, culti­va­teur bio dans le Haut An­jou, en e ec­tuant un pe­tit mou­ve­ment des ge­noux. Vous sentez comme

Les lé­gumes bio­lo­giques culti­vés à la ferme ur­baine de Co­lombes (Hauts-de-Seine) sont com­mer­cia­li­sés en cir­cuit court au­près des ri­ve­rains.

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