Pra­tique Les ali­ments qui font du

Le bio est-il vrai­ment meilleur pour la san­té? Quels pro­duits ache­ter en prio­ri­té? Nos conseils pour faire le bon choix

L'Obs - - Grands Formats | En Couverture - BÉ­RÉ­NICE ROCFORT-GIO­VAN­NI

C’est dit : OGM, pes­ti­cides et autres pro­duits chi­miques ne fran­chi­ront pas le seuil de la cui­sine de Mor­gane, mère de deux fillettes de 5 et 8 ans. Gra­tins de lé­gumes, soupes, steaks ha­chés et même équi­valent du Nu­tel­la : tout le conte­nu ou presque des as­siettes de cette fa­mille est is­su de l’agriculture bio­lo­gique. « Si ce­la peut évi­ter à mes en­fants d’avoir un can­cer à 40 ans… »

Comme Mor­gane, les trois quarts des Fran­çais ins­crivent ré­gu­liè­re­ment des pro­duits bio à leur me­nu. Et, comme elle, ils sont 56% à le faire parce qu’ils pensent pré­ser­ver leur san­té (1). A juste titre ? « Le pro­blème est que la re­cherche sur le bio manque de stan­dar­di­sa­tion. Il y a beau­coup trop de dis­pa­ri­tés entre les études », re­con­naît Claire Gau­di­chon, pro­fes­seur de nu­tri­tion à l’école AgroPa­risTech. « Pour avoir des preuves, il faut faire de la re­cherche sur le long terme. Or les fi­nan­ce­ments manquent », dé­plore De­nis Lai­ron, di­rec­teur de re­cherche à l’Ins­ti­tut na­tio­nal de la San­té et de la Re­cherche mé­di­cale (In­serm).

L’es­poir pour­rait naître d’une nou­velle étude à la­quelle tra­vaillent ce nu­tri­tion­niste et ses col­lègues. Me­née au­près de 60 000 par­ti­ci­pants, d’une am­pleur in­éga­lée, BioNu­triNet com­pare l’ali­men­ta­tion et l’état de san­té de deux groupes, l’un consom­mant du bio, l’autre non. Au­cun ré­sul­tat dé­fi­ni­tif n’est at­ten­du avant 2020, mais d’ores et dé­jà l’étude est riche d’en­sei­gne­ments. « Ceux qui consomment ré­gu­liè­re­ment du bio ont des com­por­te­ments ali­men­taires plus sains : ils mangent plus de fruits et de lé­gumes, da­van­tage de fibres, moins de pro­duits ra nés », constate la co­or­di­na­trice du pro­jet Em­ma­nuelle Kesse-Guyot, épi­dé­mio­lo­giste et di­rec­trice de re­cherche à l’Ins­ti­tut na­tio­nal de la Re­cherche agro­no­mique (In­ra). BioNu­triNet a aus­si dé­mon­tré que les ap­ports en omé­ga 3, vi­ta­mines et mi­né­raux de ce groupe sur­pas­saient ceux des autres. Autre constat : on trouve moins d’obèses ou de per­sonnes en sur­poids chez les man­geurs de bio. Sans comp­ter leur ex­po­si­tion nulle ou presque aux ni­trates, mé­taux lourds et pes­ti­cides. « Quand on sait les dom­mages que peuvent cau­ser ces sub­stances, c’est une preuve in­di­recte des bien­faits du bio », ajoute Em­ma­nuelle Kes­seGuyot. De quoi faire sé­rieu­se­ment pen­cher la ba­lance en fa­veur du lo­go vert. Mais ce­lui-ci a un prix : se­lon l’as­so­cia­tion Fa­milles ru­rales, un lé­gume bio coûte 75% plus cher que son équi­valent « clas­sique » ! « L’Obs » a donc dres­sé une liste des in­con­tour­nables.

(1) Son­dage BVA, mars 2014.

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