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L'Obs - - Grands Formats | Social - D. D.

AL­LE­MAGNE. En 2003, le chan­ce­lier Ge­rhard Schrö­der en­gage un train de ré­formes ra­di­cales sous l’ap­pel­la­tion d’Agen­da 2010 : créa­tion de mi­ni­jobs à rai­son de 400 eu­ros par mois pour 15 heures de tra­vail par se­maine, li­bé­ra­li­sa­tion de l’in­té­rim, fu­sion de l’al­lo­ca­tion chô­mage et de l’aide so­ciale, aide à la créa­tion de mi­ni-en­tre­prises. Autres me­sures chocs : baisse de la part pa­tro­nale sur les co­ti­sa­tions ma­la­die, as­sou­plis­se­ment de la pro­tec­tion contre le li­cen­cie­ment pour les pe­tites et moyennes en­tre­prises. L’éco­no­mie re­part, mais la pré­ca­ri­té ex­plose. La chan­ce­lière An­ge­la Mer­kel a du coup mis en place un sa­laire mi­ni­mum men­suel de 1 473 eu­ros le 1er jan­vier 2015. Elle a par ailleurs ra­me­né l’âge de la re­traite à 63 ans au lieu des 67 pré­vus. Le taux de chô­mage est de 4,5%. ITA­LIE. A l’au­tomne 2014, Mat­teo Ren­zi fait vo­ter à une large ma­jo­ri­té le Jobs Act, qui ré­forme en pro­fon­deur le mar­ché du tra­vail. Un contrat de tra­vail unique. Des exemp­tions de charges so­ciales sont ac­cor­dées sur trois ans aux en­tre­prises em­bau­chant sous contrat à du­rée in­dé­ter­mi­née. Tou­te­fois, cette « pro­tec­tion » des sa­la­riés laisse aux em­ployeurs la pos­si­bi­li­té de li­cen­cier fa­ci­le­ment au cours des trois pre­mières an­nées. En­trée en vi­gueur en mars 2015, la loi per­met aux en­tre­prises de mo­di­fier le poste d’un em­ployé dans le cadre d’une ré­or­ga­ni­sa­tion ou d’une re­struc­tu­ra­tion, sans baisse de sa ré­mu­né­ra­tion. Un sa­laire mi­ni­mum ga­ran­ti a éga­le­ment été in­tro­duit à titre ex­pé­ri­men­tal dans cer­tains sec­teurs. Plus de 125 000 em­plois ont été créés de­puis et le taux de chô­mage est pas­sé de 12,7% à 11,4%. ROYAUME-UNI. Après son élec­tion comme Pre­mier mi­nistre en mai 2010, Da­vid Ca­me­ron lance un plan d’aus­té­ri­té dras­tique, avec l’ob­jec­tif de ré­duire à 4% le dé­fi­cit pu­blic cette an­née, ini­tia­le­ment à 11% du pro­duit in­té­rieur brut. La re­fonte du Wel­fare Act en 2012-2013 conduit à ra­tio­na­li­ser les dé­penses so­ciales par la fu­sion de la ma­jo­ri­té des al­lo­ca­tions au­jourd’hui pla­fon­nées dans un « cré­dit uni­ver­sel ». Pour sou­te­nir l’em­ploi, l’im­pôt sur les so­cié­tés a été al­lé­gé, pas­sant de 28% en 2010 à 20% au­jourd’hui. Le taux de chô­mage est de 5,2%.

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