Christine and the slaves

LARG PA LO KOR, PAR CHRISTINE SA­LEM (BLUE FA­NAL & ZA­MO­RA PRO­DUC­TIONS).

L'Obs - - Ecouter - GRÉ­GOIRE LEMÉNAGER FOLK

Elle a le look d’An­ge­la Da­vis, un sens du groove comme on n’en en­tend pas tous les jours, et la voix pro­fonde qu’il faut pour faire vibrer le ma­loya, ce blues ter­naire hé­ri­té des es­claves de la Réunion. Ces chants-là sont tra­di­tion­nel­le­ment ré­ser­vés aux hommes ? Tant pis pour les hommes. Christine Sa­lem, qui a gran­di dans un quar­tier dé­glin­gué de SaintDe­nis, sait que les tra­di­tions sont là pour être re­vi­ta­li­sées, ré­in­ven­tées en per­ma­nence, si on veut qu’elles re­nouent avec la rage et l’émo­tion ini­tiales. Sou­te­nue par des per­cus­sions qui pulsent, des choeurs par­fai­te­ment do­sés mais aus­si la gui­tare ex­trê­me­ment pré­cise (et l’har­mo­ni­ca) de Sé­bas­tien Mar­tel, du groupe Mo­riar­ty, elle mêle le créole, le swa­hi­li, l’arabe, le co­mo­rien et l’an­glais dans un sa­bir hyp­no­tique et fié­vreux qui rend hom­mage à Man­de­la, « à un ami noyé dans l’al­cool » et au cou­rage des femmes (écou­tez vite « Ma­ma Don’t Give Up », ma­gni­fique com­plainte). La mu­sique cha­ma­nique de cette reine Christine a tout pour faire le tour du monde. En­trez dans la transe.

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