Le pa­tri­moine pour tous

Voi­ci des ou­tils ré­mu­né­ra­teurs pour se consti­tuer une re­traite. Plus ris­qués, ils offrent des avan­tages fis­caux non né­gli­geables.

L'Obs - - Spécial Placements - L.S.

MOINS DE PRÉ­LÈ­VE­MENTS AVEC L’ÉPARGNE RE­TRAITE

Quoi­qu’un peu plus in­quiets chaque an­née pour leur re­traite, les Fran­çais conti­nuent de bou­der les pro­duits en rentes, pour­tant gé­né­ra­teurs d’un re­ve­nu cer­tain ver­sé à vie. Qu’ils prennent la forme d’un Plan d’épargne re­traite po­pu­laire (Perp), ou­vert à tous, d’un contrat Ma­de­lin, ré­ser­vé aux tra­vailleurs non sa­la­riés (TNS), ou d’une as­su­rance Pré­fon-re­traite (dé­diée aux fonc­tion­naires), les pro­duits d’épargne re­traite in­di­vi­duelle que l’on trouve sur le mar­ché pâ­tissent de leur e et « tun­nel » (la sor­tie pa­raît loin­taine). Pour­tant, ils ne sont pas sans atouts. Certes, les co­ti­sa­tions ver­sées, in­ves­ties en ac­tifs plus ou moins di­ver­si­fiés, sont blo­quées jus­qu’à la prise de la re­traite et ré­cu­pé­rables, à cette seule date (sauf cas ex­trêmes d’in­va­li­di­té, de sur­en­det­te­ment, etc.), sous la forme de rentes via­gères fis­ca­li­sées (les Perp et la Pré­fon ad­mettent une sor­tie de 20 % en ca­pi­tal). Et en règle gé­né­rale, le com­plé­ment de re­ve­nu ser­vi en bout de course pa­raît bien mo­deste au re­gard de l’ef­fort d’épargne consen­ti (sché­ma­ti­que­ment de l’ordre de 300 € par mois, pour un ca­pi­tal de 100 000 € trans­for­mé à 60 ans). Mais en contre­par­tie de ces contraintes, ces plans pro­fitent d’un levier fis­cal non né­gli­geable, sur­tout si l’on est taxé à 30 % ou plus. Les ver­se­ments sont dé­duc­tibles chaque an­née du re­ve­nu im­po­sable (ou du bé­né­fice dans le cas du Ma­de­lin) dans la li­mite de 10 % des re­ve­nus pro­fes­sion­nels, avec un pla­fond en 2016 de 30 432 € pour le Perp (pos­si­bi­li­té de ma­jo­ra­tion pour ceux qui veulent rat­tra­per des an­nées non co­ti­sées et plan­cher de 3 804 € pour les faibles re­ve­nus) et de 71 440 € pour le Ma­de­lin. Par ailleurs, ces plans échappent aux pré­lè­ve­ments so­ciaux en phase de consti­tu­tion et sont, pour les gros contri­buables, exo­né­rés d’ISF.

A no­ter, les sa­la­riés qui ont la chance de pro­fi­ter de dis­po­si­tifs d’épargne sa­la­riale au sein de leur en­tre­prise peuvent re­gar­der du cô­té du Per­co. Ré­cem­ment confor­té par la loi Ma­cron du 6 août 2015, ce plan d’épargne re­traite col­lec­tif, ali­men­té par des primes d’en­tre­prise (par­ti­ci­pa­tion, in­té­res­se­ment voire abon­de­ment), ne pro­fite pas de coup de pouce fis­cal à l’en­trée. En re­vanche, il mé­nage plu­sieurs cas de dé­blo­cages an­ti­ci­pés, et, à l’échéance de la re­traite, il peut dé­bou­cher au choix sur un ca­pi­tal dé­fis­ca­li­sé ou sur une rente fai­ble­ment im­po­sée. S.D.

UN BON GÉ­RANT POUR LES UNI­TÉS DE COMPTE

Pous­sés par leurs conseillers à di­ver­si­fier da­van­tage leurs contrats d’as­su­rance-vie pour en do­per le rendement glo­bal, les épar­gnants sont de plus en plus nom­breux à cé­der aux charmes des uni­tés de compte (UC). L’an pas­sé, ces sup­ports dy­na­miques in­ves­tis sur dif­fé­rentes classes d’ac­tifs fran­çais et in­ter­na­tio­naux (ac­tions, obli­ga­tions pri­vées, im­mo­bi­lier, etc.) ont cap­té 20 % de la col­lecte brute d’as­su­rance-vie (27 mil­liards d’eu­ros sur un to­tal de 135 mil­liards), et 54 % de la col­lecte nette (de re­traits). Il est vrai qu’en 2014 les UC avaient rap­por­té bien plus que les tra­di­tion­nels fonds en eu­ros (+ 5,9 % contre + 2,5 %). Et qu’en 2015, elles ont en­core gé­né­ré un rendement de 4,1 %. Les tur­bu­lences bour­sières ré­centes rendent ce­pen­dant plus di ciles les pro­nos­tics pour les mois à ve­nir, car – ce n’est ja­mais in­utile de le rap­pe­ler –, contrai­re­ment aux fonds en eu­ros, les UC ne sont pas ga­ran­ties par l’as­su­reur. Elles suivent à la hausse comme à la baisse les mar­chés où elles sont in­ves­ties et par­fois les pertes sont sé­vères (- 22 % en 2008). Pour­tant, si l’on en croit le spé­cia­liste Cy­rille Char­tier-Kast­ler, pré­sident du ca­bi­net de conseils Facts & Fi­gures, « une orien­ta­tion ac­crue des épar­gnants vers les uni­tés de compte semble la seule voie d’évo­lu­tion pos­sible

pour l’as­su­rance-vie et, dans ce contexte, le vrai pro­blème est le manque de connais­sance fi­nan­cière des Fran­çais ». Le ma­nie­ment et le sui­vi des UC exigent en e et un mi­ni­mum d’ex­per­tise et un ho­ri­zon de pla­ce­ment d’au moins cinq ans. L’as­su­ré qui ne sou­haite pas ar­bi­trer lui­même entre ces dif­fé­rents sup­ports pour­ra tou­jours dé­lé­guer à l’as­su­reur la ges­tion de son contrat en op­tant pour une o re pro­fi­lée plus ou moins pru­dente se­lon son aver­sion au risque. At­ten­tion tou­te­fois, les modes de ges­tion dé­lé­guée sont de qua­li­té in­égale et, avant sous­crip­tion, il est re­com­man­dé de pas­ser à la loupe les ca­rac­té­ris­tiques (frais, com­po­si­tion des pro­fils, per­for­mances de la so­cié­té de ges­tion man­da­taire, etc.) de l’o re pro­po­sée. S.D.

L’EF­FET DE LEVIER DES SCPI

La So­cié­té ci­vile de pla­ce­ment im­mo­bi­lier (SCPI) est une al­ter­na­tive à la dé­ten­tion d’un bien im­mo­bi­lier lo­ca­tif en di­rect. En 2015, le taux annuel moyen de ces pla­ce­ments de­vrait avoi­si­ner 5 %, en léger re­cul par rap­port à 2014. « Néan­moins, compte te­nu du contexte ac­tuel des pla­ce­ments, ces ré­sul­tats même en re­pli res­tent re­la­ti­ve­ment bons avec un risque contrô­lé », com­mente Jo­na­than Dhi­ver, fon­da­teur du site Meilleu­resc­pi.com. Dans le vaste uni­vers des SCPI – il en existe plus de 160 –, pas fa­cile de faire son mar­ché. Elles se di éren­cient par leur taille (ca­pi­ta­li­sa­tion), leur âge, leur stra­té­gie d’in­ves­tis­se­ment (im­meubles neufs, an­ciens, etc.), la ty­po­lo­gie des ac­tifs (bu­reaux, com­merces, en­tre­pôts, ha­bi­tat) et le sec­teur géo­gra­phique (Pa­ris, ré­gions, Eu­rope). Il existe néan­moins quelques dé­no­mi­na­teurs com­muns à ces pla­ce­ments. Le ti­cket d’en­trée est gé­né­ra­le­ment ac­ces­sible, avec un prix de part de quelques cen­taines ou mil­liers d’eu­ros. Même s’il faut sous­crire des « pa­quets de parts », ce­la reste moins oné­reux que l’achat du plus pe­tit des biens im­mo­bi­liers (par­king, chambre de ser­vice). En­suite, cet in­ves­tis­se­ment donne ac­cès à de l’im­mo­bi­lier ter­tiaire et com­mer­cial. C’est une au­baine, car cet uni­vers est gé­né­ra­le­ment fer­mé à un par­ti­cu­lier, compte te­nu des mon­tants en jeu. Pour mé­moire, le por­te­feuille im­mo­bi­lier d’une SCPI est tou­jours com­po­sé de plu­sieurs im­meubles oc­cu­pés par une ou plu­sieurs so­cié­tés. C’est cette di­ver­si­té des oc­cu­pants qui per­met de li­mi­ter le risque de baisse des loyers au gré des va­cances. At­ten­tion, le rendement d’une SCPI, in­cer­tain, n'est ja­mais ga­ran­ti. Néan­moins, ce pla­ce­ment o re une bonne vi­si­bi­li­té sur les re­ve­nus grâce aux baux si­gnés sur de longues du­rées (pou­vant al­ler jus­qu’à neuf ans). Ce­rise sur le gâ­teau : l’achat de parts peut se fi­nan­cer avec un cré­dit im­mo­bi­lier. C’est une opé­ra­tion ga­gnante en rai­son du faible ni­veau des taux d’in­té­rêt des prêts. Sans comp­ter qu’il est pos­sible de dé­duire les in­té­rêts d’em­prunt des re­ve­nus fon­ciers per­çus. At­ten­tion tou­te­fois aux frais d’en­trée, proches de 10 % ! Cet in­ves­tis­se­ment est à conser­ver en por­te­feuille pen­dant au moins dix ans.

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