JUS­TICE

Ar­tis­to­phil, l’autre a aire So­cié­té gé­né­rale

L'Obs - - Le Sommaire - VINCENT MON­NIER

C’est un mail aux ac­cents pro­phé­tiques. « Ce dos­sier est par­ti­cu­liè­re­ment en­nuyeux et toute pro­por­tion gar­dée pour­rait se ré­vé­ler être dans quelque temps ou quelques an­nées un pe­tit Ma­doff. » Le mes­sage date du 19 sep­tembre 2013, soit un peu plus d’un an avant que le scan­dale n’éclate. Ré­di­gé par l’un des di­rec­teurs dé­lé­gués char­gés de la lutte contre le blan­chi­ment au sein de la So­cié­té gé­né­rale, il concerne un des gros comptes de la banque : ce­lui de la so­cié­té Aris­to­phil. Un client de plus en plus em­bar­ras­sant. « Au dé­part, nous avions craint une sorte de py­ra­mide de Pon­zi, qui n’est pas to­ta­le­ment à ex­clure dans le temps, mais les ga­ran­ties de re­pré­sen­ta­tion existent et à ma connais­sance au­cune plainte n’a été en­re­gis­trée », lui ré­pond un de ses in­ter­lo­cu­teurs.

A l’époque, Aris­to­phil s’est taillé un jo­li suc­cès au­près de mil­liers d’épar­gnants. Em­me­née par son fon­da­teur, Gé­rard Lhé­ri­tier, la so­cié­té pro­pose à des in­ves­tis­seurs de pla­cer leur épargne dans des ma­nus­crits pres­ti­gieux en leur fai­sant mi­roi­ter des taux d’in­té­rêts an­nuels pou­vant at­teindre les 8%. Il passe pour l’homme qui change le vieux pa­pier en or. En quelques an­nées, sa so­cié­té a ou­vert deux mu­sées dans les beaux quar­tiers pa­ri­siens, un autre à Bruxelles, et a ra­che­té des pièces ma­jeures du pa­tri­moine: tes­ta­ment po­li­tique de Louis XVI, écrits du gé­né­ral de Gaulle, ma­nus­crits du mar­quis de Sade ou d’Ein­stein… A cha­cun de ses évé­ne­ments mon­dains se presse un aréo­page d’hommes de lettres, de po­li­tiques et de jour­na­listes.

Si, en fa­çade, Aris­to­phil se donne des airs res­pec­tables, en cou­lisses, de nom­breux mes­sages d’alerte que « l’Obs » a pu consul­ter ne cessent de re­mon­ter au dé­par­te­ment risque de la So­cié­té gé­né­rale, la prin­ci­pale banque de l’en­tre­prise. Vi­re­ments étranges, fré­quentes de­mandes d’avances, doutes sur l’ac­ti­vi­té de l’en­tre­prise : au sein de l’éta­blis­se­ment fi­nan­cier, l’em­bar­ras va gran­dis­sant. Une note in­terne confi­den­tielle da­tée du 18 mars 2014 éva­lue même les risques ju­di­ciaires en­cou­rus par la banque en cas de faillite. « Le fait que Lhé­ri­tier soit client de la banque pri­vée pour­rait être consi­dé­ré [par la jus­tice, NDLR] comme ayant biai­sé le ju­ge­ment de la banque sur les ac­ti­vi­tés de la so­cié­té Aris­to­phil », écrit le ser­vice ju­ri­dique.

En no­vembre 2014, la so­cié­té de Lhé­ri­tier est fi­na­le­ment rat­tra­pée par le scan­dale. Comptes sai­sis, mu­sées fer­més, di­ri­geant mis en exa­men pour es­cro­que­rie et blan­chi­ment. La jus­tice soup­çonne le che­va­lier des lettres de s’être en réa­li­té adon­né à de la ca­va­le­rie fi­nan­cière, ce qu’il nie. En août der­nier, la so­cié­té est pla­cée en li­qui­da­tion ju­di­ciaire, lais­sant près de 18 000 in­ves­tis­seurs sur le car­reau. Le préjudice avoi­si­ne­rait les 850 mil­lions d’eu­ros. Dans la tour­mente, un pres­ti­gieux li­braire pa­ri­sien, Jean-Claude Vrain, un ex­pert­comp­table et la fille de Gé­rard Lhé­ri­tier ont éga­le­ment été mis en exa­men pour es­cro­que­rie en bande or­ga­ni­sée. En no­vembre der­nier, c’est au tour du jour­na­liste ve­dette PPDA, l’un des par­rains de la so­cié­té, d’être pla­cé en garde à vue pour s’ex­pli­quer no­tam­ment sur un prêt de 400 000 eu­ros concé­dé par Lhé­ri­tier.

L’en­quête est loin d’être ter­mi­née. Se­lon nos in­for­ma­tions, la jus­tice pour­rait dé­sor­mais s’in­té­res­ser au rôle joué par les banques, et en par­ti­cu­lier la So­cié­té gé­né­rale. Le 27 oc­tobre der­nier, Me Ni­co­las Le­coq-Val­lon et Hé­lène Fé­ronPo­lo­ni, qui dé­fendent près de 1800 plai­gnants, ont as­si­gné le CIC et la So­cié­té gé­né­rale de­vant le tri­bu­nal de grande ins­tance de Pa­ris, ré­cla­mant près de 150 mil­lions d’eu­ros: «Ces éta­blis­se­ments ban­caires ont sa­cri­fié les in­ves­tis­seurs au nom de la dé­fense de leurs in­té­rêts et lais­sé pros­pé­rer la fraude par leur iner­tie fau­tive », consi­dèrent les deux avo­cats. En ce qui concerne le vo­let pé­nal, Me Matthias Pu­jos, qui re­pré­sente une ving­taine de fa­milles, a de­man­dé dé­but jan­vier au par­quet des in­ves­ti­ga­tions com­plé­men­taires sur « le rôle réel­le­ment joué par les banques dans la mise en place et la sur­vie ar­ti­fi­cielle du sys­tème Aris­to­phil ». « Il se­rait ac­ca­blant pour la So­cié­té

gé­né­rale de dé­cou­vrir qu’Aris­to­phil a pros­pé­ré grâce à ces concours fi­nan­ciers », confie-t-il.

L’ins­ti­tu­tion fi­nan­cière avait-elle plei­ne­ment conscience des risques en­cou­rus par les in­ves­tis­seurs d’Aris­to­phil? Et avait-elle les plus gros doutes sur la na­ture des ac­ti­vi­tés de la so­cié­té ? « Le rôle de la banque ne s’est pas bor­né à en­cais­ser des chèques et te­nir les comptes de son client, es­time une source proche du dos­sier. La So­cié­té gé­né­rale a éga­le­ment sou­te­nu fi­nan­ciè­re­ment la so­cié­té Aris­to­phil tout en ayant conscience des pro­duits li­ti­gieux pro­po­sés par celle-ci. » Lors de leurs in­ves­ti­ga­tions, les en­quê­teurs ont ain­si mis la main sur un cer­tain nombre de mails in­ternes à la So­cié­té gé­né­rale. Ils pour­raient se ré­vé­ler em­bar­ras­sants pour la banque.

170 MIL­LIONS À LA LO­TE­RIE

C’est cou­rant 2012 que l’éta­blis­se­ment ban­caire com­mence à nouer des contacts étroits avec Gé­rard Lhé­ri­tier. A l’époque, le CIC est en­core la banque prin­ci­pale d’Aris­to­phil. Seule­ment, entre les deux par­ties, la re­la­tion s’est dé­gra­dée. Dans l’est de la France, des di­rec­teurs d’agence ont dé­con­seillé à leurs clients de sous­crire aux offres de la so­cié­té. Gé­rard Lhé­ri­tier a eu vent de l’af­faire. Il s’en est plaint en haut lieu. Ce n’est pas le pre­mier ac­croc à la belle image que cherche à se for­ger Aris­to­phil. Outre plu­sieurs mises en garde de l’Au­to­ri­té des Mar­chés fi­nan­ciers sur les pla­ce­ments d’Aris­to­phil, un ar­ticle de « Que choi­sir » avait émis, en 2011, de sé­rieux doutes sur la via­bi­li­té des pro­duits pro­po­sés. Un an plus tard, c’est la fi­liale belge qui s’est re­trou­vée sous le coup d’une en­quête pour des faits de blan­chi­ment et d’es­cro­que­rie. Du cô­té du CIC, on com­mence à se mé­fier de ce client. Se­lon nos in­for­ma­tions, à l’époque, la banque au­rait lan­cé une en­quête sur les flux fi­nan­ciers de la so­cié­té en vue d’une dé­non­cia­tion au­près de Trac­fin.

Mais la chance sou­rit aux au­da­cieux. En no­vembre 2012, en com­pa­gnie de ses deux en­fants, Gé­rard Lhé­ri­tier rem­porte près de 170 mil­lions d’eu­ros à l’Eu­ro Mil­lions. Le fon­da­teur d’Aris­to­phil dé­cide de confier la ges­tion de l’in­té­gra­li­té de ce pac­tole à la banque pri­vée de la So­cié­té gé­né­rale. Il en pro­fite pour trans­fé­rer la ma­jeure par­tie des comptes de sa so­cié­té au sein de la banque, mais aus­si ceux de ses en­fants, de son an­cienne épouse et de sa com­pagne. Mal­gré l’odeur de soufre qui com­mence à en­tou­rer Lhé­ri­tier, la banque l’ac­cueille à bras ou­verts, lui et ses mil­lions. « L’ou­ver­ture du compte de mon­sieur Gé­rard Lhé­ri­tier a été ac­cé­lé­rée suite à son gain à l’Eu­ro Mil­lions », re­con­naît une res­pon­sable de la confor­mi­té au sein de la So­cié­té gé­né­rale dans un mail in­terne du 9 jan­vier 2013. « Pour­riez-vous nous pré­ci­ser si nos re­la­tions avec cette en­ti­té sont confor­tables?», de­mande-t-elle à ses cor­res­pon­dants.

Peu de temps après leur ou­ver­ture, les comptes de Lhé­ri­tier et de sa so­cié­té sont pla­cés en sur­veillance « ren­for­cée ». Et très ra­pi­de­ment, les pre­miers pro­blèmes sur­viennent. Dé­but fé­vrier 2013, deux alertes né­ces­sitent des in­ves­ti­ga­tions com­plé­men­taires: elles concernent un chèque de 150000 eu­ros et un autre de 490 000 eu­ros re­çus sur les comptes de la so­cié­té. « Que pou­vons-nous de­man­der à notre client sans mettre en pé­ril la re­la­tion com­mer­ciale ? », s’en­quiert dans un mail in­terne un contrô­leur de risques de l’agence de Pa­risC­roix-Rouge. Le 12 fé­vrier 2013, un ma­na­ger du ser­vice confor­mi­té et lutte an­ti­blan­chi­ment de la So­cié­té gé­né­rale lui ré­pond: « Même si nous ne sommes pas en me­sure de vous dé­fi­nir pré­ci­sé­ment notre res­pon­sa­bi­li­té, il est évident que l’on pour­rait nous re­pro­cher d’avoir per­mis des en­cais­se­ments im­por­tants sans nous être in­ter­ro­gés sur les jus­ti­fi­ca­tions éco­no­miques et le bien­fon­dé des opé­ra­tions en­re­gis­trées dans nos livres. » Preuve que l’em­bar­ras com­mence à ga­gner la banque.

Une se­maine plus tard, Aris­to­phil formule une de­mande d’avance de tré­so­re­rie pour un mon­tant de 4 mil­lions d’eu­ros. Celle-ci est re­fu­sée par le ser­vice char­gé de la ges­tion du risque. Heu­reu­se­ment, Lhé­ri­tier peut comp­ter sur quelques ap­puis au sein de la banque. Le 20 fé­vrier, le di­rec­teur de l’agence Pa­risC­roix-Rouge, où sont do­mi­ci­liés ses comptes, prend con­tact par mail avec le di­rec­teur gé­né­ral dé­lé­gué de l’Ile-de-France sud. Il lui de­mande d’in­ter­ve­nir en fa­veur de Lhé­ri­tier, ar­guant de leurs « bonnes re­la­tions com­mer­ciales ». Ses ar­gu­ments son­nants et tré­bu­chants font mouche. Dans un mail da­té du 25 fé­vrier, le di­rec­teur dé­lé­gué ac­cède à sa de­mande. A la fin de son mes­sage, il prend ce­pen­dant bien soin d’ajou­ter une re­com­man­da­tion : « Ne ja­mais as­so­cier le nom de la So­cié­té gé­né­rale à ce­lui du client dans le cadre d’un par­te­na­riat pu­blic tant que l’ac­ti­vi­té ne se­ra pas ré­gle­men­tée. » On n’est ja­mais trop pru­dent. Dans la fou­lée de cet épi­sode, le di­rec­teur dé­lé­gué à la lutte contre le blan­chi­ment rap­pelle les consignes concer­nant Aris­to­phil dans un

“Ce client pré­sente un très fort po­ten­tiel de risque pé­nal, abus de confiance…”

mail en­voyé à ses troupes: « Je confirme notre po­si­tion com­mune: client en me­dium high [ni­veau de risque moyen à éle­vé, NDLR] ; vi­gi­lance constante et ren­for­cée ; fi­nan­ce­ment res­treint et su­jet à ac­cord confor­mi­té. » En clair, ce client est pla­cé sous étroite sur­veillance. Mais pas ques­tion pour au­tant de mettre fin à la re­la­tion.

UN SYS­TÈME DE PON­ZI ?

En sep­tembre 2013, Gé­rard Lhé­ri­tier prend de nou­veau con­tact avec sa banque. Il évoque la pro­chaine vente d’un ma­nus­crit pour la somme de 38 mil­lions d’eu­ros. Un vi­re­ment in­ter­na­tio­nal de 20 mil­lions d’eu­ros doit ve­nir cré­di­ter le compte Aris­to­phil. Sur cette somme, il de­mande que 18 mil­lions d’eu­ros re­partent aus­si­tôt vers un compte à Sin­ga­pour. Seule­ment, le pa­tron d’Aris­to­phil re­fuse de don­ner la moindre in­di­ca­tion sur l’ori­gine des fonds et le mo­tif du vi­re­ment. L’af­faire re­monte une nou­velle fois jus­qu’à la di­rec­tion du risque où elle donne lieu à un in­tense échange de mails. « [Les] faits [sont] pour le moins trou­blants puisque l’on peut ima­gi­ner que le ma­nus­crit avait été ache­té par le fonds d’in­ves­tis­se­ment et qu’en toute lo­gique le pro­duit de la vente de­vrait lui re­ve­nir en to­ta­li­té », s’étonne ain­si le di­rec­teur dé­lé­gué à la lutte contre le blan­chi­ment. An­cien grand flic char­gé de la lutte contre la dé­lin­quance fi­nan­cière, pas­sé éga­le­ment par la Com­mis­sion des Opé­ra­tions de Bourse (COB), ce chef du ser­vice an­ti­blan­chi­ment ne cache pas, lui non plus, ses soup­çons: « Voi­là une pe­tite quin­zaine d’an­nées, ce M. Lhé­ri­tier in­té­res­sait la COB, et j’ai eu à tra­vailler au sein de l’ins­pec­tion sur ses ac­ti­vi­tés “bour­sières” plus que contes­tables. […] Ce client pré­sente un très fort po­ten­tiel de risque pé­nal, blan­chi­ment, abus de confiance, es­cro­que­rie, si ces pré­somp­tions d’in­frac­tions graves se concré­ti­saient, la [ques­tion de la] dé­non­cia­tion de la re­la­tion se po­se­rait », avance-t-il. Lors de son au­di­tion par la po­lice, ce res­pon­sable de la So­cié­té gé­né­rale confir­me­ra ses doutes: « M. Lhé­ri­tier nous a à plu­sieurs re­prises af­fir­mé que la com­pa­gnie d’as­su­rances Lloyds à Londres as­su­rait le stock à hau­teur de 450 mil­lions d’eu­ros. J’ai de­man­dé aux ex­ploi­tants de me faire par­ve­nir un double du contrat d’as­su­rance, j’at­tends tou­jours », dé­cla­re­ra-t-il aux en­quê­teurs.

Au prin­temps 2014, une note sur les ac­ti­vi­tés d’Aris­to­phil est de­man­dée au ser­vice ju­ri­dique de la So­cié­té gé­né­rale afin de dé­ter­mi­ner les risques en­cou­rus par les in­ves­tis­seurs et la banque elle-même. Les ré­dac­teurs évoquent un risque de « bulle », parlent d’une so­cié­té fonc­tion­nant en « cir­cuit fer­mé », où il est « dif­fi­cile de sa­voir si les prix pro­po­sés sont justes ». « Le pro­duit de la vente des parts d’in­di­vi­sion d’une col­lec­tion per­met d’ho­no­rer les ra­chats de parts aux “in­ves­tis­seurs ven­deurs”, peut-on lire dans ce do­cu­ment. Au­tre­ment dit, s’il n’y a plus d’ache­teurs, la so­cié­té ne pour­ra pas payer le prix de ra­chat aux pre­miers in­ves­tis­seurs. » La dé­fi­ni­tion d’un sys­tème de Pon­zi, même si l’ex­pres­sion n’est ja­mais écrite noir sur blanc. Mal­gré ses conclu­sions, la banque ac­cor­de­ra quelques jours plus tard deux nou­veaux prêts à la so­cié­té de Gé­rard Lhé­ri­tier pour des mon­tants im­por­tants: 20 et 16 mil­lions d’eu­ros.

Contac­tée par «l’Obs», la So­cié­té gé­né­rale s’est conten­tée d’une brève ré­ponse par mail: « Cette af­faire fait l’ob­jet d’une pro­cé­dure pé­nale ac­tuel­le­ment en cours et à la­quelle la So­cié­té gé­né­rale est étran­gère. La banque n’a ja­mais ven­du ou pla­cé les pro­duits li­ti­gieux de la so­cié­té Aris­to­phil. » Par ailleurs, la banque « consi­dère avoir res­pec­té l’en­semble de ses obli­ga­tions de vi­gi­lance dans ce dos­sier dans le cadre de son rôle de te­neur de compte ». Ju­geant l’as­si­gna­tion au ci­vil « pé­ri­phé­rique » et « op­por­tu­niste », l’éta­blis­se­ment nous a af­fir­mé ré­ser­ver ses « ar­gu­ments à la jus­tice ». Ha­sard ou non? La se­maine der­nière, on ap­pre­nait que la banque avait, fin 2015, pro­vi­sion­né une en­ve­loppe sup­plé­men­taire de 400 mil­lions d’eu­ros pour… les li­tiges dans ses comptes.

De : En­voyé : Thurs­day, Sep­tem­ber 19, 2013 07:28 PM Stan­dard Time À : Ob­jet : RE: dos­sier Lhe­ri­tier Bon­soir Ce dos­sier est par­ti­cu­liè­re­ment en­nuyeux et toute pro­por­tion gar­dée pour­rait se ré­vé­ler être, dans quelques temps ou quelques an­nées, un pe­tit MA­DOFF. Comme tu as pu le consta­ter je viens d’écrire à la DEC pour qu’elle fasse un point com­plet sur l’ac­ti­vi­té d’ARIS­TO­PHIL. Concer­nant LHE­RI­TIER il a aus­si don­né par le pas­sé dans les dia­mants et les timbres, deux sup­ports qui, en leur temps, à l’ar­ri­vée on fait grin­cer des dents de pe­tits épar­gnants un peu trop cu­pides. Nous al­lons re­dou­bler de vi­gi­lance et com­mu­ni­quer les in­for­ma­tions ob­te­nues aux deux lignes mé­tier. Bonne soi­rée

Gé­rard Lhé­ri­tier, pa­tron d’Aris­to­phil, en sep­tembre 2014, ex­hi­bant le contrat de ma­riage de Na­po­léon et

Jo­sé­phine. Sa so­cié­té pro­po­sait aux épar­gnants

d’in­ves­tir dans des ma­nus­crits pres­ti­gieux.

Elle se­ra pla­cée en li­qui­da­tion ju­di­ciaire en

août 2015, lais­sant 18 000 in­ves­tis­seurs

sur le car­reau.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.